
Le groupe français Bouygues a cédé ses 19 % dans la Société concessionnaire du pont Riviera-Marcory (Socoprim) à Ivoire Infrastructures […] L’article Pont HKB: Bouygues quitte Socoprim, toujoeurs à la traîne sur la digitalisation des péages est apparu en premier sur Connectionivoirienne .
Le groupe français Bouygues a cédé ses 19 % dans la Société concessionnaire du pont Riviera-Marcory (Socoprim) à Ivoire Infrastructures Routières (2IR), une société ivoirienne créée en 2023. Un changement majeur dans l’actionnariat du concessionnaire du pont HKB, qui intervient alors que la question de la digitalisation des paiements et de la traçabilité des importantes recettes générées par le péage reste posée.
La sortie de Bouygues marque une nouvelle étape dans l’histoire de Socoprim. Selon les informations publiées, le groupe français, actionnaire historique ayant participé à la réalisation du pont Henri-Konan-Bédié, a cédé sa participation de 19 % à Ivoire Infrastructures Routières (2IR).
Créée en 2023 par l’homme d’affaires ivoirien Stephen Michel Bekon Amon, 2IR intervient dans le financement, la construction, l’exploitation et l’entretien d’infrastructures routières.
La société rejoint ainsi un tour de table dans lequel figurent notamment l’État ivoirien, Africa Finance Corporation (AFC), le Pan African Infrastructure Development Fund (PAIDF), la BNI et TotalEnergies Côte d’Ivoire.
Cette recomposition intervient alors que Socoprim exploite l’un des péages les plus fréquentés du pays. En 2024, 30,69 millions de passages de véhicules ont été enregistrés sur le pont HKB. Le concessionnaire a réalisé un chiffre d’affaires de 16,65 milliards de FCFA et dégagé un bénéfice net de 9,44 milliards de FCFA.
Malgré ces volumes considérables, le paiement en espèces reste très présent au péage. Des systèmes d’abonnement existent, mais les usagers occasionnels demeurent largement tributaires du cash.
À l’heure où Wave, Orange Money et les autres moyens de paiement électroniques sont utilisés quotidiennement en Côte d’Ivoire, cette situation apparaît de plus en plus anachronique.
La question dépasse d’ailleurs le seul confort des automobilistes. La généralisation des paiements électroniques permettrait d’améliorer la traçabilité des transactions et la transparence des flux financiers générés par les péages.
Le sujet prend davantage d’importance alors que Socoprim pourrait étendre considérablement ses activités à Abidjan.
Selon Africa Intelligence, la société est favorite pour la réalisation du sixième pont d’Abidjan, un projet d’environ 200 milliards de FCFA qui doit relier Abatta, Koumassi et Port-Bouët. Socoprim devancerait dans ce dossier le groupe chinois CCECC.
Avant de confier de nouvelles infrastructures à péage, la modernisation des moyens de paiement sur les ouvrages existants apparaît donc comme un enjeu de gouvernance.
Avec plus de 30 millions de passages annuels et plusieurs milliards de FCFA de recettes, la digitalisation généralisée des paiements aux péages ivoiriens ne devrait plus, en 2026, être considérée comme une simple option technologique, mais comme un outil de fluidité, de traçabilité et de transparence financière.
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