
Elle fait sa route et ses fiertés, donne au Sénégal ministres et autres cadres de la République. On dit Sanar. Et ce mot, prononcé, dit une terre de savoirs dans une ville de Saint-Louis déjà pleine d’histoires. Son histoire, quant à elle, remonte à la deuxième moitié du siècle dernier.
Le 14 janvier 1975, Léopold Sédar Senghor posait une première pierre. Marien Ngouabi, son homologue congolais, accompagné de son épouse et en visite officielle au Sénégal du 12 au 15, était alors aux côtés du poète-président, lorsqu’avec la pierre, ce dernier signait l’acte de naissance de ce qui deviendra l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.
« Après Dakar, après l’École polytechnique de Thiès, c’est la métropole des bords du Fleuve qui accueille l’élite de notre jeunesse. Ici, comme ailleurs, s’affirmera la vocation de toute Université nationale digne de ce nom et demeurera valide la devise de notre université, Lux mea lex ».
Ainsi s’était exprimé le ministre sénégalais de l’enseignement supérieur, M. Ousmane Camara, dans un discours rapporté par Le Soleil du 15 janvier 1975. L’Ugb, dès sa naissance, a porté les valeurs d’ouverture et de Téranga caractéristiques du Sénégal. Et bien saint-louisiennes. « Cette université sera ouverte aux étudiants des pays de la région », peut-on lire, comme titre du discours retranscrit dans le papier de janvier 1975.
Université Gaston Berger de Saint-Louis, cette appellation, en remplacement d’« université de Saint-Louis », est adoptée le 4 décembre 1996 par le décret nᵒ 96-1016. Ce qui s’abrège aujourd’hui UGB et a fondu son nom dans celui de Sanar (localité saint-louisienne qui l’abrite) sera officiellement inauguré par un président autre que celui qui en a posé la première pierre. C’est en effet Monsieur Abdou Diouf qui aura cet honneur.
Cet autre temple du savoir n’a certes pas attendu 97 et son ouverture officielle pour donner ses premiers cours ! Quinze ans après 75, le 2 janvier 1990 plus précisément, la loi n° 90-03 la créait. Le 17 décembre 1990, grand jour !
« Les étudiants qui ont passé la journée du lundi à s’inscrire et subir des visites médicales, déclarent eux-mêmes qu’ils ont été bien accueillis. Le corps professoral est également en place… », disait Le Soleil. La deuxième université du Sénégal, après celle de Dakar, accueillait ainsi ses 600 étudiants.
Par Moussa Seck