
Arrêté par la Division des enquêtes criminelles (DIC), le ressortissant français Emmanuel Roger, âgé de 49 ans et se présentant comme comptable, a été déféré hier au parquet pour abus de confiance, faux et usage de faux en écritures privées de banque et blanchiment de capitaux. À l’origine de cette procédure, une plainte déposée par la société « Samb », basée en France, qui lui reproche le détournement de 1 729 917,39 euros, soit près de 1,135 milliard de francs CFA. Selon les éléments de l’enqu
Arrêté par la Division des enquêtes criminelles (DIC), le ressortissant français Emmanuel Roger, âgé de 49 ans et se présentant comme comptable, a été déféré hier au parquet pour abus de confiance, faux et usage de faux en écritures privées de banque et blanchiment de capitaux. À l’origine de cette procédure, une plainte déposée par la société « Samb », basée en France, qui lui reproche le détournement de 1 729 917,39 euros, soit près de 1,135 milliard de francs CFA. Selon les éléments de l’enquête, les faits se seraient déroulés entre 2019 et 2026. Comptable de la société depuis 2007, le mis en cause aurait profité de ses fonctions pour remplacer les coordonnées bancaires de plusieurs fournisseurs par les siennes et détourner ainsi les sommes destinées à ces derniers. La fraude aurait été découverte en avril 2026 par les responsables de l’entreprise. Emmanuel Roger aurait alors quitté précipitamment la France pour se réfugier au Sénégal. S. Niang, représentant légal de la société « Samb », a confirmé les termes de la plainte devant les enquêteurs. Il a expliqué que l’entreprise familiale, basée à Bobigny, en région parisienne, est spécialisée dans le négoce de bois et de matériaux. Selon lui, Emmanuel Roger avait été recruté en 2007 comme comptable, avant que son contrat ne soit transféré à la holding F & J, créée ultérieurement. Pendant près de 19 ans, il aurait eu accès aux comptes bancaires de la société. Le 24 avril 2026, Jules Bargues, PDG de « Samb », aurait découvert que son comptable avait modifié les coordonnées bancaires de plusieurs fournisseurs pour les remplacer par ses propres références. L’analyse des relevés bancaires, effectuée avec le concours de la banque CIC, aurait permis d’identifier des détournements remontant à 2019, pour un montant total de 1 729 917,39 euros. Une partie des opérations aurait été dissimulée sous de fausses références de fournisseurs ou de frais. Le plaignant affirme également que, le jour de la découverte des faits, Emmanuel Roger aurait tenté de modifier le RIB d’un fournisseur pour le remplacer par un compte ouvert à la banque sénégalaise Orabank.
Localisé au Sénégal, Emmanuel Roger a confirmé être arrivé dans le pays le 26 avril 2026, par voie aérienne, en provenance de France, accompagné de son fils âgé de 9 ans. Il a expliqué s’être déjà rendu à quatre reprises au Sénégal depuis 2023, principalement pour des vacances. Il a également déclaré mener des activités humanitaires au profit d’un village de la commune de Sandiara. Interrogé sur son séjour à Saly, notamment sur le règlement des villas qu’il avait louées, le mis en cause a affirmé avoir payé avec une carte American Express. Il a précisé que cette carte n’était pas directement rattachée à son compte bancaire, les dépenses étant prélevées ultérieurement sur celui-ci. Les réquisitions effectuées par la
DIC
ont par ailleurs établi plusieurs passages d’Emmanuel Roger au Sénégal, dont le plus récent correspond à son arrivée du 26 avril 2026. Les enquêteurs ont également découvert qu’il disposait d’un compte à Orabank Sénégal et d’un compte Wave rattaché à son numéro de téléphone. Plusieurs transactions via Wave ont été relevées avec un certain B. Thiaré. Entendu comme témoin, ce dernier a confirmé connaître Emmanuel Roger depuis environ quatre ans, dans le cadre de son activité de chauffeur de taxi. Il a déclaré que le ressortissant français résidait avec sa compagne et son fils dans une résidence située à l’entrée de Ngaparou, après la sortie de Saly. Il aurait auparavant séjourné à l’hôtel Lamantin, puis à la résidence Amarante. Selon le témoin, Emmanuel Roger le sollicitait non seulement comme chauffeur, mais aussi pour effectuer des achats dans les grandes surfaces ou régler la scolarité de son fils.
Au cours de son audition, Emmanuel Jacques Marcel Roger a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué que, grâce à son accès aux comptes bancaires de la société « Samb », il lui suffisait de remplacer les coordonnées bancaires des fournisseurs par les siennes pour détourner les fonds. Le mis en cause a toutefois déclaré ne pas être en mesure de confirmer le montant exact avancé par la partie plaignante, faute de visibilité sur les relevés bancaires. Il a reconnu avoir entièrement dépensé l’argent détourné. Pour expliquer son passage à l’acte, il a évoqué un train de vie élevé et un salaire qui, selon lui, ne lui permettait plus de faire face à ses dépenses. Il aurait ainsi commencé à puiser progressivement dans les comptes de l’entreprise. Emmanuel Roger a affirmé avoir déjà acheté un billet d’avion pour retourner en France et s’être dit disposé à se présenter aux autorités judiciaires françaises. Il a également déclaré être prêt à rembourser les sommes détournées une fois le montant définitif établi. Concernant son patrimoine, il a soutenu ne posséder aucun bien mobilier ou immobilier, ni en France ni au Sénégal. Il a néanmoins reconnu disposer d’un compte joint à Orabank Sénégal ainsi que de plusieurs comptes bancaires en France. Il a également déclaré utiliser des comptes Wave et Orange Money rattachés à son numéro de téléphone sénégalais. La perquisition effectuée à la résidence « Les Jardins de Popenguine », à Saly, a permis aux enquêteurs de saisir son ordinateur portable professionnel, plusieurs documents ainsi qu’un chéquier de la banque Boursorama. L’ordinateur a été placé sous scellés avant d’être transmis au laboratoire de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC) de la Police nationale pour exploitation.
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