Délais de paiement : Les pratiques du public et du privé s’assainissent
AI summary
**Parmi les principales tendances relevées, la multiplication par trois de la population déclarante. L’Observatoire des délais de paiement voit en cette dynamique une illustration de l’appropriation massive du nouveau cadre législatif par le tissu économique **
Facturation : Les délais de paiement s’inscrivent sur une trajectoire globalement favorable au Maroc. Le dernier rapport de l’Observatoire des délais de paiement fait état d’une amélioration aussi bien dans le secteur public que privé. En 2025, le délai moyen de paiement de la commande publique est descendu à 16,2 jours, tandis que les délais clients et fournisseurs du secteur privé ont également reculé.
Une convergence positive des pratiques de paiement s’observe aussi bien dans la sphère publique que privée. Un constat confirmé dans le récent rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement. Le document dresse en effet un état des lieux chiffré et opérationnel des délais de paiement au Maroc, articulé autour de deux périmètres temporels complémentaires, à savoir l’exercice 2025 pour le secteur public et l’exercice 2024 pour le secteur privé. L’analyse s’appuie, ainsi, sur un croisement de données embrassant l’ensemble des sphères concernées en l’occurrence l’État et des collectivités territoriales, les établissements et entreprises publics et les entreprises privées offrant une lecture globale et consolidée de l’évolution des comportements de paiement au sein de l’ensemble du tissu économique national. Parmi les principales tendances relevées, on note la multiplication par trois de la population déclarante. L’Observatoire voit en cette dynamique une illustration de l’appropriation massive du nouveau cadre législatif par le tissu économique, permettant de cibler avec précision les volumes de facturation en retard et d’inciter à une plus grande discipline commerciale.
Une trajectoire d’amélioration confirmée dans le public
Dans le secteur public, l’Observatoire attribue l’amélioration progressive des comportements de paiement au respect des délais réglementaires, et ce grâce à la montée en charge des dispositifs de suivi et de digitalisation. Se référant au rapport, les délais de paiement de l’État et des collectivités territoriales, au titre de l’année 2025, correspondent à une commande publique globale de 82,45 milliards DH pour 263.596 actes d’achat publics contre 72,96 milliards DH correspondant à 246.460 actes d’achat en 2024. Ainsi, le délai moyen de paiement de la commande publique a ce niveau s’est établi à 16,2 jours en 2025, contre 18 jours en 2024, largement en deçà du plafond légal de 60 jours, avec une réduction concomitante des intérêts moratoires de 17,76 MDH à 12,96 MDH. «97,6 % dudit montant payé concerne des retards de paiement imputables à la nature de dépenses «marchés publics» . En outre, 9,5% des intérêts moratoires ont été payés à l’initiative des ordonnateurs et 90,5 % ont été réglés par les comptables publics sous forme de dépenses sans ordonnancement préalable contre respectivement 39% et 61% en 2024», peut-on retenir dans ce sens.
Pour ce qui est des établissements et entreprises publics, la trajectoire d’amélioration est à la fois consolidée et structurée.
D’après l’Observatoire, les délais de paiement ressortent stables à des niveaux durablement plus contenus, reflétant un renforcement de la maîtrise des processus de règlement depuis 2018, ainsi qu’une montée en efficacité des dispositifs de suivi et de pilotage. Une baisse cumulée de 41,9 % est ainsi observée sur la période allant de décembre 2018 à décembre 2025. Le taux de conformité s’est établi à 92 %, indiquant une harmonisation progressive des pratiques entre les différentes catégories d’EEP et une réduction des écarts de performance. Sur le plan sectoriel, les pôles stratégiques affichent des niveaux de conformité satisfaisants, malgré certaines disparités persistantes dans des secteurs spécifiques. Le rapport met également en avant une montée en puissance de la plateforme AJAL . On relève dans ce sens une progression de 20% du nombre d’utilisateurs en 2025, reflétant ainsi une appropriation croissante par les acteurs concernés.
Une nette baisse des délais clients dans le privé
Par ailleurs, une nette amélioration structurelle des pratiques de paiement du secteur privé a été constatée. Se référant au rapport, les délais clients ont reculé à 98 jours de chiffre d’affaires, en baisse de 27 jours par rapport à 2023. Une évolution favorable est également relevée au niveau des délais fournisseurs marquée par un recul de 15 jours à 70 jours d’achats, après une période de quasi-stabilité observée en 2022 et 2023, autour de 85 jours d’achats. « La mise en œuvre progressive de la loi n° 69-21, dont les seuils d’application sont fondés sur le chiffre d’affaires des entreprises, a permis une réduction significative du crédit inter entreprises passé de 372 milliards de dirhams en 2023 à 368 milliards de dirhams en 2024», peut-on lire dans le rapport.Et de préciser que «63% de ce volume demeure concentré sur les grandes entreprises (232 milliards de dirhams)».
Les amendes reviennent à 1,33 milliard de dirhams en 2025
Le rapport dévoile également les premiers résultats macroéconomiques de la généralisation des sanctions pécuniaires. Se référant aux données disponibles, la population déclarante a plus que triplé passant à 56.041 en 2025 contre 17.704 en 2024 et 4.773 en 2023. «Cette évolution s’explique principalement par l’intégration, en 2025, des entreprises relevant de la tranche de chiffre d’affaires 2–10 millions DH, qui représentent à elles seules 63,5 % de l’effectif total, soit 35.582 déclarants », apprend-on. Et d’ajouter : «Les entreprises de la tranche 10–50 millions de dirhams totalisent 14.742 déclarants (26,3 %), tandis que celles dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions de dirhams restent limitées à 5.717 unités (10,2%), traduisant une structure dominée en nombre par les petites et moyennes entreprises ». S’agissant du montant total des factures déclarées hors délai, il s’est établi à 53,19 milliards de dirhams contre 57,35 milliards de dirhams en 2024, soit une baisse de 4,15 milliards de dirhams en une année. «Cette évolution s’accompagne d’un maintien de la forte concentration des montants au niveau des grandes entreprises : la tranche de plus de 50 millions de dirhams représente 82,7 % du total en 2025, avec un montant de 43,980 milliards de dirhams », commente l’Observatoire. Et de souligner qu’«entre 2024, et 2025, les entreprises de la tranche 10–50 millions de dirhams enregistrent une progression des montants déclarés, passant de 5,71 milliards de dirhams à 6,17 milliards de dirhams, alors que la tranche de plus de 50 millions de dirhams connaît une diminution significative, de 51,63 milliards de dirhams à 43,98 milliards de dirhams, traduisant une évolution favorable des pratiques de paiement pour cette catégorie ». En outre, les entreprises des tranches 10–50 millions de dirhams et 2–10 millions de dirhams contribuent respectivement à hauteur de 11,6 % (6,17 milliards de dirhams) et 5,7 % (3,04 milliards de dirhams) en 2025. S’agissant des amendes pécuniaires, le montant total ressort à 1,33 milliard de dirhams en 2025 après 1,5 milliard de dirhams en 2024 marquant une diminution de 11,5 % en glissement annuel. Une baisse qui, selon l’Observatoire, est portée par les entreprises de la tranche de plus de 50 millions de dirhams, dont les amendes passent de 1,31 milliard de dirhams à 1,01 milliard DH tout en représentant encore 76,5 % du total. Les tranches 10–50 millions de dirhams et 2–10 millions DH enregistrent respectivement 214 millions de dirhams (16,1 %) et 98 millions DH (7,4 %).
Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
Follow the story
About this article
- Length
- 1,201 words · 6 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Kawtar Tali
- Source
- Aujourd'hui