Côte d’Ivoire-AIP/ À Karakoro, le coton nourrit aussi les cultures vivrières
Karakoro, 16 sept 2026 (AIP) – Il est un peu plus de 12h15, ce mardi, sous un soleil accablant. Dans une plantation de coton de Kpokaha, village situé dans la sous-préfecture de Karakoro, les plants s’étendent à perte de vue. Entre les rangées, Silué Dolourou, 46 ans, avance lentement, inspectant les feuilles et les capsules. [...]
Karakoro, 16 sept 2026 (AIP) – Il est un peu plus de 12h15, ce mardi, sous un soleil accablant. Dans une plantation de coton de Kpokaha, village situé dans la sous-préfecture de Karakoro, les plants s’étendent à perte de vue. Entre les rangées, Silué Dolourou, 46 ans, avance lentement, inspectant les feuilles et les capsules. Producteur de coton et père de dix enfants, il connaît chaque parcelle de ses quatre hectares comme sa poche.
Pourtant, derrière cette apparente sérénité, le découragement n’est jamais très loin. « Nous sommes découragés par la culture du coton, mais nous ne voulons pas arrêter », confie-t-il, avant de rappeler que cette activité est avant tout une histoire de famille. « C’est une culture que nous avons héritée de nos parents. Nous continuons à la pratiquer à cause de ce passé », explique-t-il.
À Kpokaha, le coton ne constitue toutefois pas une activité isolée. Il sert de point d’appui à un système agricole dans lequel se côtoient plusieurs cultures. Maïs, riz, sorgho et mil trouvent leur place aux côtés du coton et permettent aux exploitants de diversifier leurs productions et de mieux assurer leur alimentation.
Pour Silué Dolourou, l’un des principaux intérêts de la culture cotonnière réside justement dans les intrants mis à la disposition des producteurs. Engrais et produits phytosanitaires, destinés en priorité au coton, contribuent également à améliorer les performances des autres spéculations. « Les intrants nous aident à faire d’autres cultures vivrières comme le maïs, le riz, le sorgho et le mil », souligne-t-il.
Cette complémentarité prend une autre dimension lorsqu’arrive la période de commercialisation. Les revenus tirés du coton permettent de faire face à plusieurs dépenses familiales, notamment celles liées à l’éducation. Père de dix enfants, le producteur explique qu’une partie de l’argent provenant de la vente du coton est systématiquement réservée à la rentrée scolaire.
« Quand nous vendons le coton, nous réservons un peu d’argent pour la rentrée des classes. Tous mes enfants sont scolarisés grâce au coton », affirme-t-il avec une pointe de fierté. Dans cette famille, la production cotonnière apparaît ainsi comme une source de revenus, mais également comme un moyen de maintenir les enfants sur les bancs de l’école.
Cette année, cependant, le démarrage de la campagne n’a pas été sans difficultés. Les intrants sont parvenus aux producteurs avec du retard, compliquant la conduite des travaux dans les plantations. Malgré cette contrainte, Silué Dolourou estime que la campagne reste globalement acceptable.
« Cette année, nous avons reçu les intrants avec du retard. Mais dans l’ensemble, ça va », relativise le producteur, qui préfère regarder les perspectives de sa récolte plutôt que de céder au découragement.
Une autre inquiétude demeure toutefois bien présente dans les champs : les jassides. Ces insectes ravageurs constituent une menace récurrente pour les cotonniers de la zone. En parcourant sa plantation, le producteur montre les feuilles et insiste sur la vigilance nécessaire pour préserver les plants.
« Ce sont les jassides qui nous menacent toujours. Vous avez vu nos champs, non ? Les jassides nous menacent toujours », lance-t-il, comme pour rappeler que derrière chaque capsule de coton se joue une bataille quotidienne contre les ennemis de la production.
À Karakoro, le coton reste donc au cœur d’un équilibre agricole fragile. Malgré les difficultés liées aux retards dans la mise à disposition des intrants et à la pression des ravageurs, les producteurs continuent de s’accrocher à cette culture. Car, au-delà de la fibre blanche destinée au marché, le coton finance une partie des besoins des familles, soutient la production de céréales et contribue à la scolarisation des enfants.
Dans les champs de Kpokaha, les rangées de cotonniers racontent ainsi une histoire qui dépasse la seule production cotonnière. Elles témoignent d’une agriculture où le coton et les cultures vivrières se complètent, permettant aux familles rurales de diversifier leurs moyens de subsistance et de préserver, tant bien que mal, leur avenir.
(AIP)
ss/cmas
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- Length
- 649 words · 3 min read
- Published
- September 16, 2026
- Byline
- SIONFOLO SORO