ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE (APR) : L’offensive politique pour fédérer l’opposition
ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE (APR) L'offensive politique pour fédérer l'opposition Dans un contexte de tensions institutionnelles et de controverses budgétaires, l'Alliance pour la République (APR) appelle à la constitution d'un grand bloc politique contre Pastef. Réuni le 5 novembre 2026, son Secrétariat exécutif national (SEN) a également annoncé une nouvelle phase de remobilisation militante, avec en ligne de mire les prochaines échéances politiques. L'Alliance pour la République (APR) entend

ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE (APR)
**L'offensive politique pour fédérer l'opposition **
Dans un contexte de tensions institutionnelles et de controverses budgétaires, l'Alliance pour la République (APR) appelle à la constitution d'un grand bloc politique contre Pastef. Réuni le 5 novembre 2026, son Secrétariat exécutif national (SEN) a également annoncé une nouvelle phase de remobilisation militante, avec en ligne de mire les prochaines échéances politiques.
L'Alliance pour la République (APR) entend reprendre l'initiative politique. Dans son communiqué publié à l'issue de la réunion de son Secrétariat exécutif national, jeudi 5 novembre, le parti de Macky Sall dresse un bilan sévère de la situation nationale et annonce une stratégie articulée autour du rassemblement de l'opposition et de la reconquête territoriale.
Pour justifier cette nouvelle offensive, l'ancien parti au pouvoir s'appuie sur les tensions entre l'Exécutif et la majorité parlementaire, notamment après le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale, le 3 novembre. Le SEN dénonce une « guérilla institutionnelle persistante entre les pouvoirs exécutifs et législatifs » ainsi qu'une « crise profonde de cohérence au sommet de l'État ».
L'APR considère ces développements comme les manifestations d'une crise de gouvernance qui fragilise la conduite des affaires publiques. Elle a rencontré particulièrement en cause les divergences entre les deux composantes du pouvoir issues de la présidentielle de mars 2024, estimant que leur rupture compromet la stabilité institutionnelle et détourne les dirigeants des préoccupations des populations.
Le parti évoque également les difficultés autour de l'examen du projet de Loi de finances initiale (LFI) 2027. Il qualifie les démarches de la commission des finances de « manœuvres dilatoires » et y voit une nouvelle illustration de « l'incurie et de l'impréparation dans la conduite des affaires publiques ». Une lecture politique qui a traduit la volonté de l'APR de faire des controverses budgétaires un terrain de contestation de la gouvernance actuelle.
Un bloc politique contre Pastef en perspective…
Mais l'essentiel du message dépasse la dénonciation du pouvoir. L'APR affiche clairement son intention de contribuer à la recomposition de l'opposition. Le SEN lance ainsi un « appel solennel à l'ensemble des forces vives de la Nation pour la construction d'un puissant bloc politique destiné à mettre fin à la gouvernance de ruine imposée par le Pastef ».
Dans cette perspective, le parti annonce l'ouverture, dès novembre, de concertations avec les formations politiques, les mouvements et les personnalités partageant ses préoccupations en matière de gouvernance, de démocratie, de libertés publiques et de perspectives économiques.
Cette initiative marque une volonté de dépasser le cadre partisan de l'APR pour construire un front politique plus large. En mobilisant des thématiques susceptibles de fédérer différentes sensibilités de l'opposition, le parti cherche à transformer les difficultés actuelles du pouvoir en opportunité de rassemblement.
Parallèlement à cette offensive politique, l'APR entend remettre son appareil militant en mouvement. Le SEN se félicite de la dynamique de remobilisation engagée depuis septembre, notamment à Tambacounda, Matam, Koumpentoum, Kaffrine et Guédiawaye. Mais le parti estime que cette mobilisation doit désormais franchir un cap, en passant d'une logique de rassemblements ponctuels à une « véritable stratégie de consolidation organisationnelle et de reconquête territoriale ».
Les JOJ, un héritage revendiqué…
Les priorités annoncées pour novembre portent sur la poursuite des assemblées générales dans plusieurs départements, l'accélération de l'installation des comités de base et la remobilisation des structures internes, notamment les femmes, les jeunes, les étudiants et les enseignants. Cette orientation répond à un enjeu essentiel pour une formation qui a perdu le pouvoir exécutif : maintenir ses réseaux locaux, réactiver ses relais militants et retrouver une capacité de mobilisation nationale.
La célébration du 18e anniversaire de sa création, prévue le 1er décembre 2026, à travers une « grande manifestation à portée nationale », devrait également servir de vitrine à cette relance organisationnelle.
Enfin, la déclaration de l'APR consacre une partie à l'héritage des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Le SEN salue leur tenue au Sénégal tout en rappelant qu'ils constituent « l'aboutissement d'une ambition portée par le Président Macky Sall ».
L'ancien parti au pouvoir met notamment en avant les investissements réalisés dans les infrastructures sportives, les transports et l'aménagement du territoire, particulièrement à Diamniadio. Une manière de réintroduire le bilan de l'ancien président dans le débat public et de revendiquer la paternité politique d'un projet dont la réalisation dépasse désormais le cadre de son mandat.
Le parti prend toutefois soin de préciser que « l'héritage des Jeux dépasse les clivages politiques et relève pleinement du patrimoine national ». Il appelle ainsi à sa préservation et à sa valorisation au bénéfice de la jeunesse et des générations futures.
Une stratégie de retour dans le jeu politique…
Au-delà de son réquisitoire contre la gouvernance actuelle, le communiqué du 5 novembre dessine les contours d'une stratégie de repositionnement. L'APR veut simultanément capitaliser sur les difficultés institutionnelles du pouvoir, fédérer les forces de l'opposition et reconstruire son implantation territoriale.
Khaly SARR
Section:
politique
About this article
- Length
- 816 words · 4 min read
- Published
- November 6, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus