
Un enfant de quatre ans a été retrouvé mort dans une fosse non couverte à Yaoundé, quelques heures après avoir célébré son anniversaire. Le garçonnet, venu passer ses vacances dans la capitale, devait retourner à Douala auprès de ses parents et commencer l’école lundi.
Le drame s’est produit dans la nuit de lundi à mardi à Yaoundé. L’enfant venait de célébrer son quatrième anniversaire en compagnie de plusieurs autres enfants avant de disparaître dans la soirée.
Les circonstances de ce décès ont été racontées ce mardi 1er septembre par le Dr Patrick Ngou, médecin pédiatre en service à l’Hôpital Central de Yaoundé, dans une publication sur Facebook.
Le pédiatre explique avoir reçu l’enfant vers 6 heures du matin, alors qu’il assurait une garde. Le garçonnet était déjà décédé à son arrivée.
« Dernier cas reçu ce matin à la garde à 6 heures, il est arrivé décédé », raconte-t-il.
L’enfant était venu de Douala pour passer ses vacances à Yaoundé. Selon le récit du médecin, il devait retrouver ses parents le lendemain.
La veille, une fête avait été organisée pour célébrer son quatrième anniversaire. Plusieurs enfants avaient été invités pour l’occasion. Après les festivités, ils sont allés jouer dans la cour.
Vers 20 heures, la famille d’accueil a constaté que le garçonnet était introuvable.
« À 20 heures, on a commencé à le chercher partout, on ne l’a pas trouvé. Mais on n’a rien dit à ses parents qui sont à Douala pour ne pas les inquiéter », rapporte Patrick Ngou.
Les recherches se sont poursuivies jusqu’au lendemain matin. L’enfant a finalement été découvert sans vie dans une fosse située derrière le lieu où il séjournait.
Selon le pédiatre, cette fosse n’était pas couverte.
« Très tôt, on l’a retrouvé mort dans cette fosse non couverte qui était derrière le camp. Est-ce une noyade ou on l’a poussé là-bas exprès ? », écrit-il.
Patrick Ngou raconte également la détresse de la famille d’accueil après la découverte. Les proches présents à Yaoundé devaient désormais annoncer le décès aux parents de l’enfant restés à Douala.
« Sa famille d’accueil est ici, en pleurs, ils se demandent comment ils vont appeler les parents pour leur annoncer le décès. L’enfant devait commencer l’école lundi », poursuit-il.
Dans sa publication, le médecin s’en prend particulièrement aux dangers représentés par les fosses et les puits laissés sans protection dans les habitations.
« Quelle sorcellerie, quel accident ? C’est un infanticide, une négligence. Continuez à laisser vos puits et fosses ouverts », écrit-il.
Le pédiatre souhaite également que les professionnels de santé accordent davantage d’attention aux circonstances entourant certains décès d’enfants présentés comme des accidents domestiques.
« Tout ce que vous dites « accident domestique », bientôt nous-mêmes médecins on va regarder ça de près et associer la police à ça », prévient-il.
Il appelle par ailleurs les adultes à reconnaître leur part de responsabilité lorsque des enfants sont exposés à des installations dangereuses.
« Quand c’est pour parler de nos erreurs et nos négligences vous êtes forts, il est temps que nous tous on se mette face au miroir, et on se parle droit dans les yeux pour le bien de l’enfant camerounais », ajoute le médecin.
Cette garde particulièrement difficile s’est achevée avec deux enfants arrivés sans vie, affirme Patrick Ngou.
« Ma garde est finie, avec deux arrivées décédées. Voilà le quotidien du pédiatre camerounais. Nous sommes tous l’enfant camerounais », conclut-il.