Zac Mbao : Le patron d’une dibiterie et ses bouchers pris en pleine découpe d’un veau volé présumé

Interpellés en pleine découpe d’un veau dans une écurie à Zac Mbao, un tenancier de dibiterie, son apprenti et un troisième boucher ont été déférés au tribunal de Dakar, ce lundi 2 novembre 2026. Leurs auditions font apparaître des versions contradictoires sur l’origine de l’animal et révèlent des soupçons concernant un possible circuit d’approvisionnement en viande impliquant des conducteurs de moto-taxis « Jakarta ».
Il est environ 23 heures, dans la nuit du 1er novembre 2026, lorsqu’une patrouille de la Brigade de recherches de Rufisque passe par la Cité Mex, à Zac Mbao, près du service chargé du contrôle de l’occupation du sol (DSCOS). Dans l’enceinte d’une écurie de chevaux, dont l’insalubrité est relevée par les enquêteurs, les policiers surprennent trois hommes en train de dépecer un veau.
Interpellation des suspects
À l’arrivée des forces de l’ordre, Cheikh Ndiaye tente de prendre la fuite avant d’être rattrapé par un agent. Les trois hommes sont conduits au commissariat et l’animal est saisi. Ils sont soupçonnés de vols multiples de bétail, d’association de malfaiteurs et d’abattage clandestin. Au cœur des investigations : la provenance du veau, les circonstances de son abattage et sa destination finale. Parmi les mis en cause figure Khadim Ndiaye, âgé de 33 ans, qui tient une dibiterie à la Cité Mex depuis plus de cinq ans. Il emploie Daouda Sall, 23 ans, apprenti boucher depuis près de deux ans et domicilié à la Cité Capec. Ce dernier affirme travailler pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses sœurs. Le troisième homme, Cheikh Ndiaye, âgé lui aussi de 33 ans, se présente également comme boucher. Interrogé sur l’origine de l’animal, Khadim Ndiaye livre plusieurs explications. Il affirme d’abord avoir acheté le veau pour l’élever, avant d’expliquer qu’il l’aurait élevé après la mort de sa mère. Il situe ensuite l’achat à Bamboye Sérère, environ un mois avant son interpellation. Selon les informations de SeneNews, il n’a présenté ni facture ni justificatif permettant d’étayer ses déclarations. Pourquoi le veau se trouvait-il dans une écurie ? Le mis en cause soutient que l’animal y avait été élevé et précise que l’abattage se pratiquait habituellement en plein jour. Il reconnaît par ailleurs pratiquer occasionnellement l’abattage clandestin et affirme s’approvisionner auprès de la SOGAS lorsqu’il manque de viande pour sa
dibiterie
. Il soutient également avoir vendu le veau pour 80 000 FCFA à un certain Mamadou Diallo, qu’il affirme ne pas considérer comme un receleur.
Renseignements sur l'approvisionnement
Les déclarations de Daouda Sall apportent un nouvel éclairage au dossier. L'apprenti affirme que son patron recevait presque quotidiennement de la viande, livrée matin et soir par des conducteurs de moto-taxis communément appelés « Jakarta ». Selon lui, plusieurs de ces livreurs lui inspiraient des soupçons et la provenance de la viande lui paraissait douteuse. Le soir de l’interpellation, poursuit-il, Khadim Ndiaye lui a demandé d’aider Cheikh Ndiaye à transporter jusqu’à la dibiterie un veau déjà abattu et dépecé. Daouda Sall affirme ne pas avoir tenté de fuir, estimant n’avoir rien à se reprocher. Rémunéré à hauteur de 2 000 FCFA par jour, il soutient avoir parfois refusé de dépecer certains veaux, avoir averti son patron du caractère répréhensible de ces pratiques et avoir quitté les lieux plus tôt à certaines occasions pour éviter d’éventuels ennuis. Il nie toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Ses déclarations mettent néanmoins en avant une piste que les enquêteurs pourraient être amenés à approfondir : celle de l’origine de la viande livrée à la dibiterie et du rôle éventuel de certains intermédiaires. À ce stade, aucun élément présenté dans le dossier ne permet toutefois d'établir que les conducteurs de Jakarta évoqués ont participé à des vols de bétail. De son côté, Cheikh Ndiaye corrobore une partie des déclarations de l’apprenti, tout en affirmant que son rôle se limitait à l’abattage de l’animal. Selon la version de Khadim Ndiaye, Cheikh Ndiaye aurait pris peur après avoir été désigné comme la personne qu’il avait engagée pour procéder à l’abattage et au dépeçage du veau. Pourtant, lors de leurs premières auditions, Khadim Ndiaye et Cheikh Ndiaye ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. Par contre, leurs explications n’ont pas convaincu les enquêteurs. Les trois mis en cause ont été déférés au tribunal de Dakar ce lundi 2 novembre 2026.
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About this article
- Length
- 713 words · 4 min read
- Published
- November 3, 2026
- Byline
- Thioro Sakho
- Source
- Senenews