Lansana Béa Diallo frappe fort : « Des jeunes sont payés à 600 000 FG alors qu’ils rapportent 2,5 millions, c’est un scandale »

À l’occasion du Grand forum « Jeunesse et avenir », organisé par le Comité stratégique de Simandou à la veille de la fête nationale du 02 octobre, le ministre guinéen de la Jeunesse et des Sports, Lansana Béa Diallo, a dénoncé ce mercredi les faibles rémunérations de certains jeunes employés dans le secteur privé et appelé à une meilleure répartition de la richesse créée par leur travail.
Lansana Béa Diallo, dans une vidéo publiée par Planète7, a choisi des mots forts pour parler de l’emploi et des conditions de rémunération des jeunes en Guinée.
Devant les participants au forum, le ministre a notamment cité le cas d’une société de sécurité où, selon lui, des jeunes seraient rémunérés à 600 000 francs guinéens, alors qu’ils rapporteraient jusqu’à 2,5 millions de francs guinéens à leur entreprise.
« Les gens sont mal payés quand ils travaillent ici, dans les entreprises privées. Dans une société de sécurité, des jeunes sont payés à 600 000 francs guinéens alors qu’ils rapportent 2 500 000. C’est un scandale, Monsieur le Ministre. »
Une situation qui, dit-il, le choque et pose la question du partage de la richesse produite.
« Il faut que les entrepreneurs comprennent une chose : quand tu as 100, c’est 90 % que tu as donné aux gens qui travaillent, et 10 % dans ta poche. Aujourd’hui, c’est l’inverse, et c’est une réalité. »
Le ministre a insisté sur la nécessité d’une intervention des pouvoirs publics pour améliorer les conditions des travailleurs.
« C’est notre responsabilité de réglementer cela et de faire en sorte que les jeunes soient dignes. Quand tu travailles pour 600 000 francs et que tu te déplaces tous les jours, à quoi te servent ces 600 000 francs ? Ils ne te servent à rien. »
« Il faut que ça s’arrête »
Lansana Béa Diallo affirme être régulièrement interpellé sur la question des faibles rémunérations.
« Les gens me disent tout le temps : “Il faut que ça s’arrête.” Il faut que ça s’arrête. Nous avons un pays extraordinaire, un potentiel extraordinaire, mais il faut tirer tout le monde vers le haut. »
Le ministre a également évoqué sa propre conception du partage, alors qu’il dit être parfois qualifié de « socialiste » ou de « communiste ».
« On me traite de socialiste, on me traite de communiste, mais j’ai toujours été indépendant. J’ai toujours été indépendant, et mon indépendance se manifeste par le fait que je partage. »
Poursuivant, il a livré un témoignage personnel sur sa fortune et son rapport à l’argent.
« J’ai gagné beaucoup d’argent dans ma vie, wallahi, beaucoup. Mais j’ai donné 80 % de ce que j’ai gagné parce que j’estime que je n’ai pas besoin de tout cela. Je n’ai pas besoin d’avoir dix voitures ni cinquante maisons. Qu’est-ce que je vais en faire ? Je vais mourir ? J’en ai vu beaucoup qui sont morts avec tout cela. Où sont-ils ? »
Le défi du capital humain
Pour Lansana Béa Diallo, les ressources minières de la Guinée doivent servir à développer le capital humain.
« S’il vous plaît, notre richesse du sous-sol doit contribuer à faire grandir la richesse qui se trouve au-dessus du sous-sol : nos femmes, nos hommes et notre jeunesse. »
Une transformation qui, selon lui, nécessitera du temps, de la formation et des investissements.
« Cela ne se fera pas en un jour. Cela demande du travail, de la formation, des investissements, des partenaires et surtout une connexion beaucoup plus forte entre la formation, les compétences et les besoins réels de notre économie. »
S’adressant aux entreprises et aux partenaires présents au forum, le ministre a appelé à davantage d’ouverture envers les jeunes.
« Quand un jeune vient vers vous, écoutez-le, même s’il n’a pas encore toutes les compétences, même si son CV n’est pas parfait, même si son projet doit être mûri. »
Il poursuit : « Derrière un CV, il y a parfois un potentiel que le papier ne montre pas toujours. Donnez des stages, donnez une première expérience, proposez du mentorat et ouvrez vos entreprises aux jeunes. »
Et de conclure : « Lorsque vous voyez un talent, donnez-lui sa chance. Nous ne pourrons pas résoudre la question de l’emploi des jeunes uniquement depuis les bureaux de l’administration. »
Pour lui, la responsabilité est collective : « L’État a sa responsabilité, les entreprises ont leur responsabilité, nos partenaires ont leur responsabilité et les jeunes ont également leur responsabilité. »
Une dynamique qui, estime-t-il, doit accompagner la mise en œuvre de la vision Simandou 2040.
« C’est lorsque ces responsabilités se rencontrent que l’opportunité apparaît. C’est aussi là que la vision Simandou 2040 prend tout son sens. »
Le ministre a enfin rappelé l’ambition qui doit accompagner l’exploitation des ressources minières guinéennes : « Notre ambition ne peut pas être simplement d’extraire les minerais. Notre ambition doit être de faire émerger des compétences, des techniciens, des ingénieurs, des entrepreneurs, des innovateurs et des entreprises guinéennes capables de grandir. »
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- Published
- October 1, 2026
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