Canton de Mitau : Les populations interpellent le sommet de l’État
Réunis lundi 14 septembre sur la place publique de Béré, dans le département de Mayo-lemié, province du Mayo-Kebbi Est, les leaders communautaires, dignitaires et représentants… L’article Canton de Mitau : Les populations interpellent le sommet de l’État est apparu en premier sur NDJAMENA HEBDO .
Réunis lundi 14 septembre sur la place publique de Béré, dans le département de Mayo-lemié, province du Mayo-Kebbi Est, les leaders communautaires, dignitaires et représentants des populations du canton Mitau ont tenu un point de presse pour alerter les plus hautes autorités du pays. Chefferie contestée, marché installé sans concertation, terres agricoles disputées, présence d’inconnus : autant de foyers de tensions qu’ils demandent à éteindre avant l’incendie.
Le texte lu à Béré s’adresse nommément au ministre de l’Administration du territoire, au ministre en charge de la sécurité, au chef du gouvernement et au chef de l’État. “Notre démarche s’inscrit dans un esprit pacifique, citoyen et responsable’’, précisent les porte-parole, qui disent vouloir contribuer à la préservation de la paix dans un canton “qui a toujours été une terre hospitalière’’. On aura noté que la liste des destinataires commence au ministère : les échelons provinciaux ont visiblement été jugés hors-jeu.
Le ton est donné par un adage placé en préambule : “Ignorer les signes d’une crise, c’est prendre le risque d’en subir demain les conséquences.’’ Béré, rappellent les représentants des communautés, a perdu plusieurs de ses fils ‘’dans des circonstances qui auraient pu être mieux prévenues et mieux gérées’’. Des médiations ont suivi et ont apaisé. Mais, disent-ils : “les inquiétudes qui persistent au vu et au su des autorités compétentes de la province du Mayo-Kebbi Est montrent que le risque de voir resurgir les tensions demeure réel’’.
Quatre foyers de tension identifiés
Les griefs sont selon les communautés précis. D’abord la chefferie traditionnelle, avec ce que les intervenants qualifient d’“imposition’’ d’un autre chef de canton, Alhadji Sadou Danladi. Ensuite l’instauration d’un marché à Béré-Sud, décidée, affirment-ils, sans l’avis du chef de canton de Mitau. Puis l’accès aux terres agricoles, présenté comme le risque le plus immédiat d’accrochages. Enfin la présence de personnes venues de l’extérieur, « dont les origines demeurent incertaines”.
Ils ont aussi mis en cause la mobilité de certaines autorités provinciales et l’implication de commerçants de Bongor et de N’Djaména.
Huit doléances, dont trois départs réclamés
Les signataires demandent la clarification définitive de la question de la chefferie, l’examen impartial du dossier du marché, la protection des personnes et des biens, la sécurisation de l’accès aux terres agricoles et l’ouverture d’un dialogue inclusif. Ils souhaitent aussi que toute personne mise en cause soit entendue “dans le respect de la présomption d’innocence’’.
Il y a également la doléance qui ne passe pas inaperçue : “le départ du Sous-préfet de Nanguigoto, du Préfet du département de Mayo-Lémié et du Délégué général auprès de la province du MKE”, qui sont accusés par les communautés de gérer ce conflit avec partialité.
Pour les porte-parole, les communautés ne sont animées ni par l’esprit de confrontation ni par la volonté de stigmatiser une communauté, une famille ou une personne. Cultivateurs, éleveurs, pêcheurs et commerçants du canton, rappellent-ils, partagent depuis longtemps “les mêmes espaces de vie, les marchés, les cérémonies traditionnelles”.
“La paix n’est pas seulement l’absence de conflit’’, ont-ils conclu, avant une série de vivats à la cohésion sociale et à la République.
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- 544 words · 3 min read
- Published
- September 15, 2026
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- Trésor Modé
- Source
- NDJAMENA HEBDO