Numérique, mobilité, environnement… Smart Cities : Le Maroc se dotera d’un référentiel national
**L’étude entend identifier les principaux freins à la transition vers la ville intelligente, notamment les contraintes financières et techniques ainsi que les enjeux liés à la fracture numérique. **
Villes intelligentes : Un référentiel national des Smart Cities destiné à harmoniser et encadrer le développement des villes intelligentes est en cours de préparation. Une étude lancée par le ministère de tutelle couvrira notamment la gouvernance, la mobilité, l’énergie, l’environnement, l’eau, le numérique et l’inclusion, avec des indicateurs de suivi et une feuille de route nationale. L’objectif est d’accompagner l’urbanisation croissante du Royaume, de favoriser l’innovation et de renforcer la durabilité et la compétitivité des villes marocaines.
Le Maroc s’apprête à se doter d’un référentiel national dédié aux villes intelligentes. Le ministère de tutelle a récemment lancé une étude visant à concevoir un cadre de référence stratégique, technique et opérationnel pour accompagner le développement des Smart Cities à l’échelle nationale. Ce référentiel devra notamment harmoniser les démarches engagées par les différents acteurs, capitaliser sur les bonnes pratiques et renforcer la planification, la mise en œuvre ainsi que l’évaluation des projets de villes intelligentes.
Vers une feuille de route nationale
L’étude prévoit, dans un premier temps, un diagnostic des initiatives déjà menées au Maroc et à l’international, afin d’identifier les facteurs de réussite, les obstacles rencontrés et les enseignements à tirer. Elle devra également dresser une cartographie des parties prenantes (acteurs publics et privés, monde académique et société civile) et analyser leurs rôles, leurs contributions ainsi que les synergies potentielles. Autre volet central est celui de l’élaboration d’une typologie des villes marocaines en fonction de leur maturité numérique, de leur taille, de leur contexte socio-économique, de leurs fonctions, de leurs facteurs d’attractivité et de leurs priorités de développement. Le futur référentiel devra définir des axes stratégiques et opérationnels couvrant les principales composantes de la ville intelligente : gouvernance, mobilité, énergie, environnement, gestion de l’eau, sécurité, urbanisme, résilience climatique, inclusion sociale, économie numérique, open data et participation citoyenne.
Il devra également établir des indicateurs et des standards permettant de suivre, d’évaluer et, à terme, de certifier les projets Smart Cities, en cohérence avec les référentiels internationaux. L’étude entend par ailleurs identifier les principaux freins à la transition vers la ville intelligente, notamment les contraintes financières et techniques ainsi que les enjeux liés à la fracture numérique. Une boîte à outils opérationnelle sera ainsi proposée aux collectivités territoriales et aux différents acteurs concernés. Celle-ci devrait comprendre des guides méthodologiques, des modèles de gouvernance, des mécanismes de financement et des solutions technologiques. Une feuille de route nationale viendra compléter le dispositif, en précisant les étapes, les priorités, les ressources et les mécanismes de gouvernance nécessaires à la mise en œuvre progressive du référentiel.
Enjeux
La réalisation de ce référentiel intervient dans un contexte d’urbanisation accélérée. « À l’heure où plus de la moitié de la population mondiale réside en zone urbaine, les métropoles font face à des défis sans précédent en matière de gestion des ressources, de mobilité et de durabilité environnementale. Pour répondre à cette pression croissante, le concept de Smart City, ou «ville intelligente», s’est imposé comme une solution incontournable. En s’appuyant sur l’intégration des technologies du numérique et de l’intelligence artificielle, la ville intelligente ambitionne d’optimiser les services publics et d’améliorer la qualité de vie des citoyens tout en réduisant son empreinte écologique. Cependant, au-delà de la simple performance technique, l’émergence de ces cités connectées soulève des questions cruciales de gouvernance, de protection des données et d’inclusion sociale», indique le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville.
Au Maroc, le taux d’urbanisation a atteint 62,8 % en 2024 et pourrait avoisiner 74 % à l’horizon 2050. Dans ce contexte, le numérique et l’intelligence artificielle sont appelés à jouer un rôle croissant dans l’optimisation des services publics, l’amélioration de la qualité de vie et la réduction de l’empreinte environnementale des villes. Cette transformation ne se limite toutefois pas à la performance technologique. Elle soulève également des enjeux de gouvernance, de protection des données, d’inclusion sociale et de participation citoyenne. Le Royaume a déjà engagé plusieurs initiatives allant dans ce sens. La stratégie «Maroc Digital 2030», portée par l’Agence de développement du digital, place notamment la transformation numérique des services publics au cœur de ses priorités. À cela s’ajoutent les programmes d’e-gouvernement, les initiatives en faveur des startups, le Plan climat national ainsi que les orientations du Nouveau modèle de développement et de la commission nationale pour le développement numérique. Plusieurs projets illustrent déjà cette dynamique, notamment la ville Verte de Benguerir, l’écocité de Zenata et les initiatives de Casablanca Smart City.
Ces expériences constituent autant de laboratoires pour tester de nouvelles solutions en matière d’innovation urbaine, de durabilité et de services connectés. L’élaboration du référentiel devra également déboucher sur des recommandations concernant l’évolution du cadre réglementaire et institutionnel, avec pour objectif de favoriser l’innovation, l’investissement et la coopération entre les différents acteurs. Le ministère souligne par ailleurs que cette démarche devra contribuer aux Objectifs de développement durable (ODD), à travers une approche fondée sur l’innovation, un pilotage intégré et une évaluation continue des politiques urbaines. Le contexte lié à l’organisation de la Coupe du monde 2030 constitue, en outre, une échéance majeure susceptible d’accélérer le déploiement de nouvelles infrastructures et solutions urbaines intelligentes. Adossé aux standards internationaux, notamment les normes ISO 37101 et ISO 37122, et adapté aux spécificités nationales, le futur référentiel ambitionne ainsi d’assurer davantage de cohérence et de durabilité aux projets Smart Cities au Maroc. Il doit également contribuer à renforcer la compétitivité des villes marocaines et leur positionnement en tant que pôles régionaux de développement urbain durable.
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About this article
- Length
- 946 words · 5 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Ouchagour Leila
- Source
- Aujourd'hui