Moussem d’Assilah : Hommage au romancier Moubarak Rabii, l’une des figures majeures de la littérature marocaine contemporaine

Le 47e Moussem culturel international d’Assilah a rendu un vibrant hommage, mardi, au romancier Moubarak Rabii, l’une des figures majeures de la littérature marocaine contemporaine et pionnier de l’enseignement de la psychologie sociale à l’université marocaine.
Cette célébration, organisée dans le cadre de l’événement « Khaimatu Al Ibdae », a mis à l’honneur un écrivain qui a enrichi le patrimoine littéraire marocain pendant un demi-siècle, et dont l’œuvre se caractérise par une attention permanente portée aux questions sociales, culturelles et éducatives.
Lors d’une conférence organisée à l’occasion de la publication d’un ouvrage collectif sur le parcours de Moubarak Rabii, les intervenants ont mis en lumière les dimensions esthétiques, artistiques et thématiques des textes de l’auteur.
A cette occasion, le Secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Hatim Betioui, a remis à l’écrivain la Palme de la créativité et de l’excellence, saluant la richesse et la diversité de son parcours, durant lequel l’auteur est resté un fidèle soutien du Moussem culturel depuis ses débuts, à la fin des années 1970.
De son côté, Moubarak Rabii a exprimé sa gratitude pour cet hommage renouvelé, qui vient renforcer la reconnaissance dont il avait fait l’objet à Assilah, il y a quelques années, avec l’attribution du Prix Mohammed Zafzaf du roman arabe. Il s’est également félicité de la publication de cet ouvrage, qu’il considère comme un « trésor de référence » indispensable à l’étude de son œuvre narrative et scientifique.
Pour sa part, le journaliste et écrivain Abdelilah Tahani, qui a coordonné les études et les témoignages réunis dans l’ouvrage, a affirmé que la production narrative abondante de l’écrivain lui confère pleinement sa place parmi les pionniers, assurant que celui-ci a maintenu une présence littéraire continue pendant plus d’un demi-siècle.
Le critique littéraire Abdelfattah Lahjomri a, quant à lui, vu en l’auteur l’exemple de ces écrivains qui laissent dans les consciences une empreinte spéciale, dans le sens où ces derniers transforment le regard des lecteurs sur l’être humain, donnent une voix aux lieux et font du récit une mémoire qui résiste à l’oubli.
M. Lahjomri a, en outre, rappelé que l’auteur de « Sidna Qadar » puise son inspiration dans un terreau marocain vivant, porteur des senteurs du village, du tumulte de la ville et de la chaleur du foyer, entre autres, faisant remarquer que ses personnages ne se limitent pas à leurs destins individuels, mais portent en eux l’histoire de toute une communauté et reflètent les effets des transformations sociales sur les consciences, les langues et les relations humaines.
S’arrêtant sur les sources culturelles et sociales de l’écriture narrative de Moubarak Rabii, le romancier et critique Chouaïb Halifi a noté que dans ses romans, il ne reproduit pas la réalité marocaine telle quelle, mais la reconstruit au sein d’un univers symbolique où se croisent le langage, le récit et la mémoire.
Selon M. Halifi, la lecture de cette œuvre exige de la replacer dans son contexte culturel et de tenir compte de la manière dont l’auteur conçoit les rapports entre le roman et les transformations sociales.
La critique littéraire et universitaire Zohor Gourram a, de son côté, insisté sur le fait qu’il est impossible d’évoquer cet écrivain sans rappeler le rôle essentiel des créateurs de fiction dans les sociétés humaines.
À travers son œuvre narrative, dont le parcours a commencé en 1972 avec le roman « Attaiboun » (Les gens de bien) et s’est poursuivi jusqu’en 2024 avec la publication de Masafat Hob » (Distances d’amour), l’écrivain a su créer un univers narratif qui préserve la place de l’imagination, a signalé la critique littéraire et universitaire, rappelant que cet intellectuel a ainsi enrichi le patrimoine narratif marocain et universel par des œuvres qui constituent une étape charnière dans l’exploration de la psychologie humaine.
Les écrits de Moubarak Rabii explorent en profondeur les mutations de la société marocaine, tant en milieu rural qu’urbain. Titulaire d’un doctorat d’État en psychologie, il a enseigné cette discipline à l’Université Mohammed V de Rabat. Aussi, il a exercé la fonction de doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Ben M’Sik à Casablanca.
Membre fondateur et ancien responsable de l’Union des écrivains du Maroc, il a présidé plusieurs comités culturels nationaux, notamment celui du Prix du Maroc du livre.
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- Published
- October 15, 2026
- Byline
- Libération
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- Libération