Ndéye Rokhaya Aw, technicienne agricole : « le riz est une alternative crédible à côté de l’arachide » 3/3
Technicienne agricole, Ndèye Rokhaya Aw suit de près le projet de production de semences certifiées de riz à Latmingué et Sibassor, dans la région de Kaolack. Elle accompagne les producteurs et assure l’assistance technique tout au long des campagnes. Pour elle, la culture du riz de plateau ne vise nullement à reléguer l’arachide au second plan. Elle constitue plutôt une alternative crédible pour diversifier les activités agricoles dans le Saloum.
Comment se présentent les parcelles au niveau de cette partie du Saloum ?
Dans l’ensemble, les résultats sont satisfaisants. Sur ces parcelles, nous avons la variété Nerika 8, semée le 27 juillet dernier. La floraison a débuté le 16 septembre et jusque-là, nous n’avons constaté aucune anomalie majeure. C’est une variété très résistante et particulièrement adaptée aux conditions de la zone. Nous avons toutefois rencontré quelques difficultés liées à la pause pluviométrique. Celle-ci a coïncidé avec la période de floraison et a fortement affecté les parcelles. Le suivi régulier nous a permis de déceler quelques attaques et d’intervenir à temps. Avec le retour des pluies, nous avons bon espoir que la campagne ira à son terme. Actuellement, nous sommes au stade de remplissage des graines, ce qui est plutôt rassurant.
Pourquoi le choix du Nerika 8 pour cette zone ?
Le choix d’une variété se fait en fonction des caractéristiques de chaque zone. Ici, nous sommes dans une région où les producteurs dépendent essentiellement des eaux de pluie. Il est donc important d’avoir une variété capable de résister aux aléas climatiques, mais surtout présentant un cycle relativement court. Le Nerika 8 répond à ces critères. Il ne nécessite pas beaucoup d’eau et peut continuer son développement même lorsque les précipitations sont insuffisantes. Ce qui n’est pas forcément le cas d’autres variétés, comme l’Izri 12, qui est plus exigeante en eau. Les études que nous avons menées montrent également que le Nerika 8 présente un potentiel de rendement intéressant.
Dans cette partie du Saloum, il est question d’un projet de multiplication de semences avec la Direction de l’agriculture. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
C’est un projet porté par la Direction de l’agriculture. L’objectif principal est de contribuer à la diversification des cultures. Quand on parle du Saloum, on pense d’abord à l’arachide et au maïs. Les producteurs sont historiquement très actifs dans ces deux filières. Le projet vient donc leur proposer une autre possibilité, à travers la culture du riz. Nous sommes d’abord dans une phase expérimentale qui consiste à vérifier l’adaptation de cette spéculation aux conditions de la zone.
La particularité ici est qu’il n’y a pas de bas-fonds. Or, lorsqu’on parle de riziculture, on pense souvent aux bas-fonds, comme c’est le cas dans certaines localités du pays. L’idée est donc de démontrer que le riz peut également être produit sur des terres de plateau, avec une bonne maîtrise des techniques culturales et le choix de variétés adaptées.
Êtes-vous convaincue que le riz peut durablement se développer dans le Saloum ?
Au regard de tout ce que nous avons déjà observé sur le terrain, je dirais que c’est une certitude. Le riz peut constituer une véritable alternative pour les nombreux producteurs de la zone. Sur les onze parcelles dont nous disposons, les résultats sont encourageants, aussi bien pour le Nerika 8 que pour l’Izri 12. À Latmingué, nous sommes encore dans une phase test, mais dans d’autres localités, le projet est en cours depuis deux ans. La culture du riz de plateau y est désormais une réalité. Notre ambition est d’étendre progressivement le projet et de permettre aux producteurs d’agrandir leurs superficies. Le riz est une alternative crédible à côté de l’arachide. Il peut représenter une source de revenus supplémentaire et contribuer ainsi à une meilleure diversification des activités agricoles dans le Saloum.
Mamadou THIAM (Correspondant)
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About this article
- Length
- 627 words · 3 min read
- Published
- October 16, 2026
- Byline
- Cheikh Gora DIOP
- Source
- Soleil