Intentions
Si les émeutes qui ont éclaté dans de nombreuses villes de France ces dernières semaines, dans le cadre de grandes manifestations organisées chaque samedi depuis le 17 octobre, ont grandement profité au Rassemblement National, ce n’est pas le cas pour le centre qui en souffre. En effet, étrangement, si l’extrême-gauche, qui favorise ardemment les débordements depuis trois semaines n’a pas connu de trop brusques modifications dans ces intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise obtenant toujours 17 %, les candidats du centre ont vu leurs résultats baisser considérablement, alors que Marine Le Pen a atteint pour sa part jusqu’à 37 % ces derniers jours. Mais pour Édouard Philippe et Gabriel Attal, les deux candidats phare du centre, la situation est tout autre, et sont ceux qui pâtissent le plus lourdement du contexte social. Philippe dans le dernier sondage en date n’arriverait ainsi même plus à se qualifier, quel que soit le scénario, avec 16 %, alors que Attal retombe à 11 %. Dans cette conjoncture difficile pour lui, ce dernier semble croire qu’une primaire du centre pourrait encore lui être bénéfique et redonner des couleurs à sa campagne. Gabriel Attal a en effet déclaré en fin de semaine dernière avoir la «conviction que la primaire des démocrates qu’il a proposée avant l’élection présidentielle aura lieu», estimant que «les lignes ont bougé», malgré les refus annoncés par plusieurs candidats. «J’ai la conviction qu’elle aura lieu, cette primaire. Et je le dis ici, ceux qui feraient tout pour bloquer l’arrivée de cette primaire et de ce processus de rassemblement porteraient une très lourde responsabilité dans l’arrivée d’un deuxième tour entre la France Insoumise et le Rassemblement National», a affirmé l’ancien Premier ministre macroniste, candidat aujourd’hui sous la bannière de Renaissance, lors d’un déplacement en Bretagne. «En quelques heures seulement, les lignes ont bougé», a-t-il estimé, soulignant que des personnalités comme Hervé Morin et François Bayrou, qui s’étaient déjà déclarées favorables à une primaire, des personnalités politiques «se sont exprimées encore ces dernières heures», depuis son appel. «Je pense à Bruno Le Maire, je pense à Michel Barnier, ancien Premier ministre, qui a évidemment un poids très important chez les LR, je pense à Thierry Breton qui s’est exprimé aussi. Donc au contraire, on voit de plus en plus de responsables politiques importants qui s’expriment en faveur de cette primaire», a-t-il insisté. «Je suis pragmatique. Le Parti socialiste sort d’une primaire, ils ont désigné un candidat, donc ils ne vont pas se lancer dans une nouvelle primaire. Il y a tout lieu de penser que cette primaire serait une primaire du centre et de la droite», a-t-il expliqué. «On voit bien qu’aujourd’hui, le risque d’un deuxième tour entre la France Insoumise et le Rassemblement National est plus que crédible. Il est avéré. Et si on veut empêcher ça, il faut un rassemblement», a martelé l’ancien chef du gouvernement. «Aucun candidat n’est en situation, par sa situation dans les sondages, de rassembler les autres autour de lui (…) Et donc si la force ne fait pas l’union, il faut que l’union fasse la force», a-t-il ajouté. Pour le moment, personne ne lui a répondu, et pour cause, personne à part lui, ou peut-être quelques petits candidats, n’envisage une telle primaire. Le candidat de la droite a été désigné (Bruno Retailleau) après un vote des adhérents des Républicains, et Philippe continue à refuser de se soumettre à un autre vote que celui des présidentielles en avril prochain. Mais pour Attal, cette primaire est sa planche de survie ou du moins c’est ce qu’il ressort de son obstination et de son refus d’accepter qu’il ne sera, probablement, pas le candidat du centre, mais un second couteau qui n’aura aucun rôle majeur dans le scrutin de 2027, sinon de siphonner quelques voix utiles à Philippe pour tenter de s’imposer au second tour. Reste à voir combien de temps il continuera à espérer voir sa position dans cette campagne évoluer, et s’il sera sur la ligne de départ le 18 avril prochain, prenant le risque, en cas de second tour opposant le RN à LFI, d’être lui-même accusé d’avoir contribué à barrer la route au candidat dit «modéré», Édouard Philippe.
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- 695 words · 3 min read
- Published
- November 1, 2026
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- Source
- Le jour d'Algérie