
À Radio France, la contestation ne faiblit pas depuis l'arrivée à l'antenne de Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs Actuelles. Classé à l'extrême droite, ce magazine a été condamné à plusieurs reprises pour injures racistes. La direction de Radio France défend son choix au nom du «* pluralisme *». Un argument rejeté par une partie du personnel, qui a voté à l'unanimité, mercredi 2 septembre, le principe d'une grève si cette chronique n'est pas retirée de la grille de France Inter.
Publié le : Modifié le :
La rédaction de la radio publique France Inter se dresse contre l'arrivée de Charles Sapin du magazine Valeurs Actuelles comme éditorialiste en cette rentrée, et qui ravive le débat enflammé sur le pluralisme de l'audiovisuel public après la récente commission d'enquête Alloncle.
Céline Pigalle, directrice de France Inter depuis mars, a choisi un panel d'éditorialistes politiques et économiques pour les week-ends, comprenant le nouveau directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles. Dans une motion adoptée mercredi 2 septembre à l'unanimité, les personnels de Radio France disent leur « refus catégorique » de cette arrivée, car le magazine porte des valeurs non « *compatibles *» avec celles du groupe public. Pour le SNJ-CGT, Valeurs actuelles est un « *organe de l'extrême droite multi-condamné *».
La direction de France Inter, qui a rencontré la rédaction la veille, fait valoir sa volonté d'« organiser la conversation entre toutes les opinions ». C'est un enjeu de « *pluralisme *», qui est « une mission du service public, d'autant plus importante en année présidentielle », selon elle.
« Je suis désolé mais le pluralisme oui, mais jusqu'où ? » Pour Lionel Thompson, journaliste à France Inter et représentant syndical CGT, une ligne rouge a été franchie : « Pas avec un journal qui a véhiculé des idées racistes ou incitant à la haine. Ça ne nous parait pas possible », réagit Lionel Thompson, auprès de Carlotta Morteo, du service culture de RFI.
Dans un paysage politique français de plus en plus polarisé, l'audiovisuel public est devenu une cible. Les influents médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré l'accusent régulièrement d'être trop à gauche.
La très controversée commission d'enquête parlementaire, menée par le député de droite, Charles Alloncle, a elle aussi bruyamment mis en cause le supposé manque de pluralisme de Radio France.
Des pressions, un contexte, qui pèsent sur les choix de la direction, estime Lionel Thomson. « Il y a aujourd'hui l'idée qu'il faut à tout prix s'ouvrir à des opinions à droite ou à droite de la droite. Mais pour nous ça doit avoir certaines limites claires. Peut-être qu'ils ne cèderont pas et qu'ils arriveront à l'imposer [la chronique de Charles Sapin, NDLR], mais dans ce cas-là, il y aura une vraie rupture de la confiance avec une grande partie des salariés de cette maison et malheureusement peut-être aussi avec une partie des auditeurs. »
À quelques mois de l'élection présidentielle, le sujet est particulièrement sensible.
À lire aussiLa presse française saisit l’Autorité de la concurrence pour dénoncer les résumés IA de Google
NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
Follow the story