Régime de la Refondation : Vers le verrouillage politique des grandes villes
Le maire de la Commune urbaine de Fianarantsoa n’est pas à l’abri d’une « éventuelle destitution ».
Les grandes villes basculent les unes après les autres sous administration d’exception. Après Antananarivo, Mahajanga, Antsirabe et Toliara, placées sous présidents de délégation spéciale (PDS), la Commune urbaine de Fianarantsoa pourrait suivre le même chemin.
Des échos persistants, relayés lundi sur les réseaux sociaux, ont fait état d’une procédure de destitution engagée par les conseillers municipaux contre le maire élu sous les couleurs IRMAR, François d’Assise Ramanandraibe. Des informations aussitôt démenties par des conseillers municipaux, qui évoquent une « pure manipulation ». Mais dans les cercles politiques de la capitale Betsileo, l’affaire est prise très au sérieux. Pour de nombreux observateurs, ces bruits ne surviennent jamais par hasard. Ils interviennent dans un contexte où plusieurs maires élus en 2024 ont déjà fait allégeance au régime de la Refondation, tandis que d’autres ont été écartés au terme de procédures administratives faisant suite à des contentieux électoraux.
Motifs différents. Si le scénario venait à se confirmer à Fianarantsoa, la mécanique est connue : constat de vacance ou de défaillance, puis nomination par l’Etat d’un PDS. Un schéma déjà appliqué, quoique pour des motifs différents, à Antananarivo, Antsirabe, Mahajanga et Toliara. Aujourd’hui, seules Antsiranana, dont le maire a su résister aux pressions de l’ancien comme du nouveau régime, et Toamasina, restée en retrait depuis le changement de pouvoir de 2025, échappent encore à cette vague de mise sous tutelle. Au-delà des situations individuelles, c’est une véritable stratégie territoriale qui se dessine à la veille des prochaines échéances électorales. En s’assurant le contrôle administratif des grandes agglomérations, le pouvoir central s’octroie des leviers décisifs : gestion des budgets communaux, travaux de proximité, relation directe avec les fokontany, visibilité politique quotidienne. Autant d’atouts qui pèseront lourd dans la bataille des communales, mais aussi des législatives et de la présidentielle.
Machine électorale. C’est dans cette logique qu’il faut lire la création de la plateforme Firaisankinan’ny Ben’ny Tanàna ho an’ny Fanavaozana (FBF). Présentée comme un cadre de concertation des maires, elle constitue en réalité une assise territoriale majeure pour la Refondation. En fédérant maires ralliés et PDS nommés par l’Etat, la FBF est en passe de devenir une machine électorale redoutable, capable de pallier l’absence d’un parti solidement structuré au niveau national.
Recomposition. Reste une inconnue de taille : le parti Tiako i Madagasikara de l’ancien président Marc Ravalomanana, potentiel candidat à la prochaine présidentielle, conserve encore la main sur un nombre important de communes rurales et urbaines à travers l’île. La bataille pour le contrôle du territoire ne fait donc que commencer. La question est désormais de savoir si cette recomposition menée par le haut suffira à transformer l’administration provisoire en adhésion durable dans les urnes.
Julien R.
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- 480 words · 2 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Rédaction Midi Madagasikara
- Source
- Midi Madagasikara