Turquie : arrestation de deux journalistes pour « diffusion d’informations trompeuses »

Deux journalistes turcs ont été interpellés vendredi pour "diffusion d'informations trompeuses", après avoir suggéré des liens entre un cadre du parti au pouvoir et l'un des suspects majeurs d'un vaste scandale boursier, selon la presse officielle. Les deux hommes ont été interpellés après avoir partagé sur X une photo réunissant le porte-parole de l'AKP (Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur) au pouvoir, Omer Celik, et l'un des principaux suspects du scandale des fonds d'investissements. Mustafa Balci, du journal d'opposition Sozcu, et Saban Sevinc, rédacteur en chef de la chaîne d'information en ligne Bizim TV, devaient comparaître devant un juge vendredi, a indiqué l'agence de presse étatique Anadolu.
Scandale boursier et arrestations
L'échiquier politique turc est bouleversé depuis quelques semaines par cette affaire, dans laquelle le gendarme de la bourse (SPK) a liquidé sept sociétés qui géraient 131 fonds d'investissements. Leurs actifs toxiques ont été évalués à environ 17 milliards de dollars par la presse locale, pour quelque 455.000 petits épargnants lésés. L'opposition et certains médias accusent des personnalités au pouvoir de s'être illégalement enrichies. Une responsable de haut rang de l'AKP a même déjà dû démissionner. Le principal parti de l'opposition, Yeni (Nouveau), a accusé jeudi nommément deux ministres de malversation, accentuant ainsi la pression sur le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le ministre du Commerce Ömer Bolat et la ministre de la Famille Mahinur Özdemir Gökta ont tous les deux nié les accusations. "Nous sommes confrontés à un réseau de mensonges, à une campagne de diffamation qui s'attaque à notre gouvernement", a dénoncé vendredi le secrétaire général de l'AKP, Eyyup Inan, sur la chaîne privée turque NTV. - Mensonges et calomnies - "Nous ne laisserons pas notre parti et notre gouvernement être pris pour cible, que ce soit de la part du Parti Yeni, ou bien de ces journalistes qu'ils payent pour qu'ils leur servent de porte-parole", a-t-il affirmé, promettant qu'Özgür Özel, le chef du parti Yeni, et ses alliés "(paieraient) pour ces mensonges et calomnies". La ministre de la Famille a de son côté annoncé sur X qu'elle portait plainte pour accusations mensongères. Elle a aussi menacé les médias qui ont "diffusé ces calomnies", clamant que "la liberté de la presse ne (pouvait) servir de bouclier à une entreprise de diffamation". Dans un entretien au journal Sabah, le ministre de la Justice a pour sa part affirmé que 141 individus et 73 entités légales avaient enregistré des profits records dans cette affaire. Selon Akin Gürlek, "les procureurs demanderont que ces sommes soient versées sur un compte de restitution volontaire" avant d'être redistribuées aux victimes. Un projet de loi prévoyant cette procédure de remboursement doit être présenté vendredi par le parti au pouvoir.Le ministre avait déjà assuré qu'un remboursement ne permettrait pas aux personnes concernées d'échapper à des poursuites, un sujet qui obnubile les médias et responsables politiques de l'opposition. Dans la même affaire, le ministre du Commerce a porté plainte jeudi contre deux autres
journalistes
de la chaîne Sozcu TV et du journal Cumhuriyet Ils sont également poursuivis pour diffusion d'informations trompeuses. Source : AFP
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- Length
- 509 words · 3 min read
- Published
- October 9, 2026
- Byline
- Thioro Sakho
- Source
- Senenews