« Trahison » : Bassirou Diomaye Faye répond aux accusations des partisans de Sonko

Depuis sa rupture avec Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye est régulièrement accusé par les partisans du leader de Pastef d'avoir « trahi » celui qui l'a porté au pouvoir. Depuis les États-Unis, où il participe à l'Assemblée générale des Nations unies, le chef de l'État a pour la première fois répondu frontalement à ce procès politique. « Diomaye a trahi Sonko et Pastef ». La formule revient avec insistance dans les rangs des partisans du leader de Pastef, pour qui Bassirou Diomaye Faye doit son accession à la magistrature suprême à Ousmane Sonko. Ce jeudi, le président de la République a choisi de répondre publiquement à ces critiques. « En fait, de trahison, la seule chose que je suis susceptible de trahir, c'est mon serment que j'ai prêté le 2 avril 2024 face au peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ce référent, il n'y a pas d'autre chose qui m'engage, », a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé au Groupe France Médias Monde depuis les États-Unis. Par cette déclaration, le chef de l'État déplace le débat. Là où ses détracteurs parlent de loyauté envers un homme et un parti, il place au-dessus de tout son engagement institutionnel envers la Nation. Une manière d'affirmer que sa fidélité va d'abord à la fonction et au peuple qui l'a élu, et non à une formation politique ou à une personnalité. Pour comprendre la virulence des accusations, il faut revenir à la genèse du duo. Empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat, ce qui avait conduit à l'arrivée conjointe des deux hommes au pouvoir. Le tandem l'avait emporté dès le premier tour, avec 54 % des voix. Dans la foulée, le nouveau président avait nommé Ousmane Sonko Premier ministre. C'est précisément cet épisode que brandissent aujourd'hui les partisans du leader de Pastef. À leurs yeux, Bassirou Diomaye Faye n'aurait jamais accédé au palais sans le choix de son ancien mentor, et devrait donc lui rester fidèle en toutes circonstances.
D'une fissure à la rupture
Le duo, longtemps présenté comme indissociable, a pourtant commencé à vaciller sous le poids de divergences de plus en plus visibles. Les premières tensions publiques sont apparues à l'automne 2025. Lors d'un grand rassemblement de
Pastef
, Ousmane Sonko avait dénoncé des manœuvres visant à écarter Aïda Mbodj de la coordination de la coalition « Diomaye Président », laissant entendre qu'on voulait la remplacer par l'ancienne Première ministre Aminata Touré. Des propos tenus sans concertation préalable avec le chef de l'État, et qui avaient mis le feu aux poudres. Quelques semaines plus tard, lors de la Journée des martyrs et des victimes du 7 décembre 2025 à Dakar, le Premier ministre avait reconnu sans équivoque l'existence de divergences avec le président. Une dynamique pro-Sonko contre pro-Diomaye s'était alors installée, faisant craindre un divorce politique entre les deux figures du pouvoir. Malgré quelques signes d'apaisement, la défiance s'est aggravée en 2026, sur fond de crise financière et de rivalité en vue de la prochaine présidentielle. Le divorce a été consommé le 22 mai 2026 : par le décret n°2026-1128, le chef de l'État a mis fin aux fonctions d'Ousmane Sonko et de l'ensemble du gouvernement. Un nouveau gouvernement a ensuite été formé sous la conduite d'Ahmadou Al Aminou Lô. La rupture n'a pas pour autant écarté Ousmane Sonko des institutions.. Au lendemain de son départ de la Primature, il a retrouvé son siège de député et a été élu président de l'Assemblée nationale le 26 mai 2026, succédant à Malick Ndiaye, qui avait démissionné pour lui céder la place. Le leader de Pastef occupe ainsi le deuxième rang dans l'ordre protocolaire de l'État, à la tête d'une Assemblée où son parti dispose de la majorité. Depuis, les « ultras » de Pastef n'ont plus que le mot « traître » à la bouche à l'endroit du chef de l'État. Ousmane Sonko s'est, pour sa part, gardé jusqu'ici de le prononcer lui-même. Les deux anciens alliés en appellent désormais au verdict des urnes.
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- Length
- 675 words · 3 min read
- Published
- September 24, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews