[Chagos] Maurice ne cédera rien sur sa souveraineté
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Face à l’offensive diplomatique maldivienne, le gouvernement place le dossier sous haute surveillance. Pendant ce temps, les discussions reprennent avec Londres pour faire aboutir l’accord.
Le message est sans ambiguïté : Maurice ne laissera aucune initiative extérieure remettre en cause sa souveraineté sur l’archipel des Chagos.
Réuni vendredi sous la présidence du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, le Conseil des ministres a pris acte des discussions tenues la veille entre l’Attorney-General, Gavin Glover, et des représentants du gouvernement britannique. Les échanges entre Port-Louis et Londres se poursuivent avec un objectif clair : faire aboutir l’accord sur les Chagos.
Cette reprise du dialogue intervient après plusieurs mois d’incertitude politique au Royaume-Uni. En avril dernier, Londres avait suspendu la mise en œuvre de l’accord à la suite des objections du président américain Donald Trump. Mais les derniers signaux venus du nouveau gouvernement britannique indiquent désormais une volonté de reprendre le dossier.
Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, soutient la poursuite de l’accord conclu avec Maurice. Son ministre de la Défense, Wes Streeting, a également confirmé que le gouvernement britannique entendait aller de l’avant, estimant que cet accord est nécessaire pour garantir durablement la sécurité et le fonctionnement de la base stratégique de Diego Garcia. Ces déclarations ne constituent pas encore une finalisation juridique, mais elles marquent un infléchissement politique important après le blocage observé ces derniers mois.
Londres recadre les Maldives
Cette évolution intervient alors qu’une nouvelle offensive se dessine du côté des Maldives. Le Conseil des ministres a pris note de la publication, le 7 septembre, d’un article du groupe civique « Pen for Rights – Maldivians for Chagos ». Celui-ci appelle le gouvernement maldivien à profiter de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies pour inscrire officiellement dans les archives de l’ONU ce qu’il présente comme une « revendication territoriale antérieure » sur l’archipel des Chagos, désigné sous le nom de « Folhlhavai ».
Cette initiative n’est plus uniquement portée par un groupe militant. Le président maldivien, Mohamed Muizzu, a écrit au Premier ministre britannique pour demander la réouverture de discussions sur la souveraineté des Chagos, affirmant que les Maldives auraient dû être consultées.
La réponse de Londres a été immédiate et particulièrement claire. Le « Foreign Office » britannique a rappelé que « la question de la souveraineté sur l’archipel des Chagos relève du Royaume-Uni et de Maurice » et que c’est précisément pour cette raison que les négociations ont été engagées avec Maurice, et non avec les Maldives.
Cette prise de position britannique constitue un recadrage diplomatique important. Elle confirme que Londres ne reconnaît pas les Maldives comme partie aux négociations sur la souveraineté de l’archipel.
Le gouvernement mauricien suivra donc de près toute déclaration, communication diplomatique ou initiative officielle des Maldives durant l’UNGA 81, notamment toute tentative de faire circuler cette prétendue revendication au sein du système des Nations unies. Il se tient prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Port-Louis avance ainsi sur deux fronts : poursuivre les négociations avec Londres pour faire aboutir l’accord et contrer, sur le terrain diplomatique comme juridique, toute tentative de remettre en cause les droits de Maurice.
La ligne du gouvernement reste ferme : les Chagos font partie intégrante du territoire mauricien. Ni les pressions géopolitiques ni l’apparition de récits territoriaux concurrents ne détourneront Maurice de son combat historique pour achever sa décolonisation.
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- Length
- 568 words · 3 min read
- Published
- September 14, 2026
- Byline
- Najaah Auzine
- Source
- Sundaytimesmauritius