CORED : L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique journalistique
CORED L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique journalistique Les douze membres du Tribunal des pairs du Cored ont été installés, mercredi 14 octobre, à la Maison de la presse Babacar Touré, pour le mandat 2026-2029. La cérémonie a notamment porté sur la responsabilité des journalistes face à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle. Qui répond d’une information produite avec l’aide d’une intelligence artificielle ? Cette question a traversé la cérémonie d’installation

CORED
L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique journalistique
Les douze membres du Tribunal des pairs du Cored ont été installés, mercredi 14 octobre, à la Maison de la presse Babacar Touré, pour le mandat 2026-2029. La cérémonie a notamment porté sur la responsabilité des journalistes face à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle.
Qui répond d’une information produite avec l’aide d’une intelligence artificielle ? Cette question a traversé la cérémonie d’installation des douze membres du Tribunal des pairs du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored). Réunis mercredi 14 octobre dans l’amphithéâtre Alpha Sall de la Maison de la presse Babacar Touré, les professionnels des médias ont été invités à adapter leurs pratiques aux évolutions technologiques, tout en maintenant leurs exigences de vérification et de responsabilité.
La cérémonie, présidée par le ministre de la Communication, des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Bacary Sarr, s’est tenue en présence d’une représentante du ministère de la Justice. Elle ouvre le mandat 2026-2029 du Tribunal des pairs, chargé d’examiner les plaintes relatives aux manquements à l’éthique et à la déontologie journalistiques. Pour le président du Cored, Ousmane Ibrahima Dia, l’autorégulation repose sur l’engagement des journalistes, des techniciens et des entreprises de presse à faire respecter les règles de leur profession. Le Tribunal des pairs peut également se saisir de questions relevant de sa compétence et rendre ses avis en toute indépendance. Sa mission associe la défense de la liberté de la presse au respect du droit du public à une information exacte, équilibrée et honnête.
Douze professionnels pour apprécier les pratiques de leurs pairs
Le nouveau collège rassemble des professionnels de la presse écrite, de la radio, de la télévision, de la photographie et des agences de presse. Il compte notamment le photojournaliste Mamadou Cellou Diallo, connu sous la signature Seyllou et collaborateur de l’Agence France-Presse, ainsi qu’Amadou Moustapha Diop, qui dispose de près de quarante années d’expérience à la Radiotélévision sénégalaise. Babacar Diop, Mohamed El Mounirou Fall, Maïmouna Guèye et Mouhamadou Tidiane Kassé, ancien responsable éditorial de plusieurs médias, en font également partie. À leurs côtés siègent Evelyne Mandiouba Ndèye, coordonnatrice des rédactions de Zik-FM, Sen-TV et La Tribune, et Seynabou Mbodji, chargée de communication au Conseil national de lutte contre le sida.
Cheikh Tidiane Ndiaye, ancien responsable de la rédaction et de l’édition à l’Agence de presse sénégalaise, Awa Thiao, présentatrice sur Sud FM, Raki Noëlle Wane, ancienne responsable de plusieurs départements de la RTS, et Ibrahima Souleymane Ndiaye, président sortant du Tribunal des pairs, complètent cette équipe. Ces membres auront à examiner des pratiques et des conditions de production différentes selon les supports, avec des décisions susceptibles d’engager la réputation des personnes comme la crédibilité des médias concernés.
La responsabilité éditoriale reste humaine
La leçon inaugurale du professeur Abdoulaye Sakho, agrégé des facultés de droit et directeur de l’École de droit, de gestion et d’économie de l’Institut EDGE, était consacrée au thème « Régulation et autorégulation : enjeux et défis face à l’essor de l’intelligence artificielle ». Le juriste a rappelé que ces outils interviennent désormais à plusieurs étapes de la production de l’information. Ils peuvent rédiger, traduire, générer des images ou traiter de grandes quantités de données. Ces capacités ne leur confèrent cependant ni conscience professionnelle ni responsabilité éditoriale.
Selon le professeur Sakho, le journaliste demeure responsable des contenus qu’il publie, y compris lorsqu’il recourt à des outils automatisés. La vérification des faits, la contextualisation, le respect de la vie privée et la protection des sources restent donc à sa charge. Son intervention a également porté sur la distinction entre gouvernance, réglementation et régulation. Face à la rapidité des évolutions technologiques, il a souligné la nécessité d’adapter les mécanismes de contrôle tout en préservant les libertés fondamentales. Pour les rédactions, l’utilisation de l’intelligence artificielle doit ainsi s’accompagner du maintien d’un jugement journalistique indépendant.
Prévenir les dérives et examiner les plaintes
Le ministre Bacary Sarr a salué cette réflexion, estimant que les mutations technologiques imposent une adaptation des pratiques et des mécanismes de responsabilité. Il a insisté sur la préservation des principes qui fondent la crédibilité du journalisme.
Aux nouveaux membres du Tribunal des pairs, il a rappelé que leur désignation représente une marque de confiance assortie d’exigences. L’examen des plaintes et l’appréciation du travail de leurs confrères devront être guidés par l’indépendance, l’impartialité, le discernement et le courage. Le ministre a également souligné la dimension préventive de l’autorégulation. Au-delà du traitement des manquements, elle doit contribuer à sensibiliser les professionnels et à renforcer la culture déontologique dans les rédactions. Pour le nouveau collège, cette mission s’exercera notamment face à des outils capables d’accélérer la production des contenus, sans dispenser les journalistes de les vérifier avant publication.
Fatou Ba
Section:
social
About this article
- Length
- 788 words · 4 min read
- Published
- October 15, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus