Filière meunière : Les industriels alertent sur la flambée des coûts du blé et du fret
Réunis au sein de l'Association des meuniers industriels du Sénégal (AMIS), les principaux minotiers du pays tirent la sonnette d'alarme. Dans un communiqué rendu public ce 28 septembre 2026 à Dakar, ils décrivent un secteur sous pression, pris en étau entre des cours mondiaux instables, un transport maritime imprévisible et une demande nationale qui ne cesse de croître. Un secteur au cœur de l'approvisionnement national L'AMIS regroupe les grands noms de la minoterie sénégalaise : les Grands Mo

Réunis au sein de l'Association des meuniers industriels du Sénégal (AMIS), les principaux minotiers du pays tirent la sonnette d'alarme. Dans un communiqué rendu public ce 28 septembre 2026 à Dakar, ils décrivent un secteur sous pression, pris en étau entre des cours mondiaux instables, un transport maritime imprévisible et une demande nationale qui ne cesse de croître.
Un secteur au cœur de l'approvisionnement national
L'AMIS regroupe les grands noms de la minoterie sénégalaise : les Grands Moulins de Dakar (GMD), FKS, OLAM, NMA, SEDIMA et MDS. À travers sa sortie, l'association entend informer les acteurs économiques, les professionnels de la filière et l'opinion publique des difficultés que traverse aujourd'hui l'industrie meunière, un maillon essentiel de l'agroalimentaire national. Les chiffres avancés par les meuniers montrent l'ampleur de la dépendance du pays au blé importé. En 2024, le Sénégal a importé 904 947 tonnes de blé, pour une valeur de 184,9 milliards de FCFA. L'année suivante, ce volume a atteint 982 106 tonnes, soit une hausse de 8,5 %. C'est la cinquième année consécutive de progression. Le blé constitue la principale matière première de la meunerie. Son coût d'arrivée au Sénégal dépend des cours internationaux du grain, mais aussi du fret, des assurances et des conditions d'acheminement. Pour illustrer la volatilité actuelle, l'AMIS prend l'exemple de l'Algérie. Le prix du blé tendre y est passé d'environ 289 à 290 dollars la tonne C&F début août 2026 à 319 à 321 dollars à la mi-septembre. Cela représente un bond d'environ 30 dollars par tonne en seulement six semaines.
Le fret maritime, autre source d'incertitude
Le transport maritime pèse aussi lourdement sur la facture. Le fret vraquier, utilisé pour les céréales, a fortement fluctué ces derniers mois. Les tensions géopolitiques et les risques sur certaines routes commerciales, notamment en mer Noire, ont durci les conditions de transport et d'assurance. Pour les industriels, il devient donc de plus en plus difficile de prévoir le coût final de leurs approvisionnements. La pression ne vient pas seulement de l'extérieur. Entre 2021 et 2025, le volume annuel de blé importé est passé d'environ 753 807 tonnes à plus de 982 000 tonnes, soit une hausse d'environ 30 %. Selon les meuniers, cette croissance montre l'importance des besoins du marché. Elle rend aussi nécessaire une industrie meunière solide, capable de sécuriser ses approvisionnements et de maintenir une production régulière.
Un fragile équilibre entre prix, continuité et viabilité
Les minotiers doivent répondre à une forte demande, sécuriser d'importants volumes de blé et absorber dans le même temps la volatilité des prix, du fret, de l'assurance, de la logistique et du financement. La farine reste pourtant un produit de base pour les ménages sénégalais. Pour l'AMIS, préserver l'équilibre entre l'accessibilité de la farine, la continuité de l'approvisionnement et la viabilité de l'outil industriel est l'enjeu majeur du moment. L'association n'annonce aucune révision des prix, mais ce message donne un signal clair sur les tensions qui pèsent sur la filière. Au-delà de la farine, la meunerie fait vivre de nombreux secteurs : transport, logistique, distribution, boulangerie et diverses activités agroalimentaires. Face aux défis actuels, les membres de l'AMIS disent rester mobilisés pour assurer la continuité de leurs activités et un approvisionnement régulier du marché. L'association promet de poursuivre le dialogue avec l'ensemble des parties prenantes, afin que chacun comprenne mieux l'évolution économique du secteur. Les
meuniers
réaffirment enfin leur engagement en faveur d'une industrie performante et durable, au service de l'économie nationale et de la sécurité alimentaire du Sénégal.
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About this article
- Length
- 578 words · 3 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews