“ The Wave “ : La jeunesse artistique avance entre défis et opportunités
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Jeudi 10 septembre 2026, un événement culturel intitulé “The Wave“ a réuni de jeunes artistes tunisiens autour d’une question simple mais essentielle : comment vivre de son art aujourd’hui dans un monde qui change plus vite que jamais?
La rencontre devait avoir lieu à Zaghouan mais le mauvais temps en a décidé autrement. Les organisateurs ont dû tout déplacer en urgence vers un nouvel espace : le projet culturel “ Maghroumin “ à Tunis. Un changement de dernière minute qui n’a pourtant pas empêché les jeunes artistes de répondre présent.
“ The Wave “ n’est pas un événement isolé. Il fait partie d’un programme plus large : EU MedBridge, financé par l’Union européenne. Ce programme soutient plusieurs initiatives destinées aux jeunes de région méditerranéenne, dont un volet consacré à la culture et aux arts baptisé “ Fann Connect “ : “ fann “ signifiant ART en arabe. Une première édition de “The Wave“ avait d’ailleurs déjà eu lieu à Alexandrie, en Égypte, réunissant artistes émergents, acteurs culturels et professionnels des médias autour de performances et d’échanges. Cette fois, c’était au tour des jeunes talents tunisiens de prendre la parole. L’évènement a débuté par une performance musicale portée par un trio de femmes pour une ambiance chaleureuse.
**Un hommage à une grande dame de la chanson populaire **
Avant même que les discussions ne commencent, la soirée a pris une tournure émouvante. Les organisateurs ont tenu à rendre hommage à Fatma Boussaha, une chanteuse populaire très aimée, originaire de la région de Zaghouan et décédée en 2015. Ses plus grands titres ont été repris sur scène, dans un moment fort qui a rappelé à quel point la musique populaire tunisienne reste ancrée dans la mémoire collective malgré les années.
**Les défis du métier, discutés sans détour
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Une fois l’hommage terminé, place aux échanges. Ce qui a marqué ce rendez vous c’est d’abord l’ambiance. Les jeunes artistes présents n’ont pas mâché leurs mots. Le constat qui revient le plus souvent est celui du manque de financement. Trouver de l’argent pour lancer un projet, produire une œuvre ou simplement continuer à créer reste un parcours du combattant pour beaucoup d’entre eux. Les aides existent mais elles sont difficiles à obtenir et le chemin pour y accéder n’est pas toujours clair.
Un autre manque a été pointé du doigt : celui des résidences artistiques. Il y en a trop peu alors qu,elles permettraient aux jeunes créateurs de progresser, d’expérimenter et de consacrer pleinement à leur art pendant un moment. A cela s’ajoute l’absence de véritables chercheurs de talents. les profils prometteurs ne manquent pourtant pas mais personne ne semble être là pour les repérer et leur donner leur chance.
Un autre sujet a particulièrement retenu l’attention : l’intelligence artificielle. De plus en plus présente dans la création, elle inquiète une partie des artistes qui craignent qu’elle ne finisse par effacer ce qui fait la valeur d’une œuvre : la touche humaine, cette part de sensibilité et d’imperfection propre à chaque créateur.
À cela s’ajoute un phénomène plus récent : la montée en puissance des influenceurs sur les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes artistes formés, parfois pendant des années, ont le sentiment que leur place se réduit face à des créateurs de contenu qui n’ont pas suivi le même parcours mais qui captent l’attention du public. Une forme de concurrence inattendue qui bouscule les repères classiques du métier.
Enfin, plusieurs voix ont dénoncé une tendance à transformer l’art en simple produit de consommation. Quand la création devient avant tout une affaire de rentabilité, disent-ils, elle perd une partie de son âme. C’était un espace de dialogue, pas seulement de constat.
**Place aux solutions et aux opportunités **
Ce qui rend “The Wave” intéressant, ce n’est pas seulement la liste des problèmes soulevés. C’est aussi la volonté affichée d’en discuter ensemble et avec le soutien d’un partenaire comme la délégation de l’Union européenne en Tunisie. L’objectif annoncé de la soirée était clair : permettre aux jeunes artistes d’échanger leurs expériences, de mettre des mots sur leurs difficultés, et surtout de réfléchir collectivement à des pistes pour soutenir les initiatives émergentes et faire avancer les projets créatifs.
Ce genre de rencontre ne va pas résoudre du jour au lendemain les problèmes structurels du secteur culturel en Tunisie. Mais il a au moins le mérite de mettre en lumière une génération d’artistes qui refuse de se taire et qui utilise ces espaces pour se faire entendre. Chaque occasion de dialogue compte. Reste à savoir si ces discussions déboucheront sur des solutions concrètes, ou si elles resteront, comme trop souvent, de belles intentions sans suite.
**Un rendez-vous qui donne le sourire à la jeune scène artistique **
“ The Wave ” n’a pas résolu en une seule rencontre tous les défis du secteur culturel tunisien mais elle a offert quelque chose de précieux : un espace pour se retrouver, se sentir entendu et repartir avec des pistes concrètes plutôt qu’avec un simple constat. Dans un secteur où la solidarité fait souvent la différence, ces moments de rencontre comptent autant que les discussions elles-mêmes. La jeune scène artistique tunisienne continue d’avancer avec énergie, portée par ses réseaux, ses retrouvailles et ses projets à venir, une vague à la fois. Toutes les info utiles sont d’ailleurs à suivre sur les réseaux sociaux Eu MedBridge : Facebook – Instagram – Youtube et Linkedin pour ne rater aucune opportunité.
**Communiqué **
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- 915 words · 5 min read
- Published
- September 11, 2026
- Byline
- la Rédaction