**Le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, a annoncé, dimanche 6 septembre 2026, le lancement d’une nouvelle campagne de recrutement de fonctionnaires. Parmi les départements concernés figure celui de l’Éducation, confronté à un déficit de près de 18 000 enseignants. **
Dans un entretien accordé à Guinee360.com, lundi 7 septembre, le Syndicat national de l’Éducation (SNE) et la Fédération syndicale professionnelle de l’Éducation (FSPE) ont salué cette décision. Les deux organisations syndicales appellent toutefois les autorités à accorder une attention particulière aux enseignants contractuels non retenus lors des précédentes évaluations.
Pour Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE), le recrutement de fonctionnaires relève pleinement des prérogatives de l’administration publique. “Le recrutement des agents de l’État est un droit pour une administration publique, il ne serait que son premier responsable. Nous syndicalistes, on est très petit pour nous opposer à ce droit qui est conféré au ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique de recrutement . Si le ministre veut, il peut recruter même 100.000 de fonctionnaires, cela dépend de la capacité budgétaire de l’État.”
Au-delà de cette prérogative de l’administration, Michel Pépé Balamou rappelle l’existence d’engagements pris par le gouvernement en faveur des enseignants contractuels. “Cependant, nous avons des engagements clairs qu’on a signés avec son département et d’autres ministères. Le protocole d’accord du samedi 3 janvier 2026 est très clair. Les 4500 enseignants contractuels non retenus à l’issue de l’évaluation en pratique des classes vont être engagés à la fonction publique en tenant compte des notes de la première évaluation. C’est écrit noir sur blanc dans le protocole d’accord. Une commission est mise en place et la commission a travaillé sur une liste. Il est maintenant question de transmettre cette liste-là au gouvernement pour qu’on voie avec les notes obtenues.”
Le secrétaire général du SNE estime par ailleurs que l’expérience acquise sur le terrain constitue un élément important dans l’appréciation des compétences des enseignants concernés. “On reconnaît le meilleur maçon au pied du mur, on reconnaît également le meilleur enseignant en pratique des classes. Donc ils ont été déjà évalués en pratique des classes, il n’y a pas meilleur concours que ça. Et ces notes-là existent non falsifiées. Tous ceux qui ont 10 de moyenne jusqu’à 18, ceux-là je pense qu’ils n’auront pas de problème pour être soumis à un concours. Mais ceux qui n’ont pas 10 de moyenne, bien sûr, peuvent être soumis à un concours. Mais encore une fois de plus, un concours spécifique qui soit lié à la pratique des classes.”
Du côté de la Fédération syndicale professionnelle de l’Éducation (FSPE), la décision du gouvernement est également accueillie favorablement. Son secrétaire général, Alpha Gassimou Barry, met toutefois l’accent sur l’ampleur du déficit d’enseignants dans le pays.
“Nous avons accueilli cette nouvelle avec une très grande satisfaction, ça il faut se le dire. Parce que nous avons toujours clamé haut et fort qu’à l’éducation, nous avons aujourd’hui un manque criard d’enseignants. Il y a un besoin de près de 18 000 enseignants. Ce manque à gagner, il faut le combler.”
Pour la FSPE, les enseignants contractuels non retenus lors des précédentes évaluations devraient être placés en tête de liste des bénéficiaires du prochain recrutement. “Cependant, nous souhaitons que nos contractuels non retenus soient prioritaires, parce que ce sont des jeunes qui ont travaillé pendant plus de 8 ans, en réalité sans salaire. Mais si aujourd’hui ils ont la volonté de former cette nouvelle génération, nos enfants, la future génération, la relève de cette nation-là, je crois que la meilleure des choses c’est d’engager ces gens.”
Alpha Gassimou Barry souligne également les difficultés liées aux conditions de travail dans le secteur de l’éducation, qui, selon lui, rendent le métier peu attractif. Dans ce contexte, il estime que les autorités devraient davantage valoriser les enseignants ayant continué à exercer malgré les difficultés.
“Aujourd’hui, il ne faut pas se voiler la face, personne ne veut aller à l’éducation parce qu’on sait ce qu’on sait. On sait très bien que l’enseignant n’est pas bien traité. Mais si malgré tout ça, il y a des jeunes qui veulent former leurs jeunes frères, leurs fils, la future génération, la relève de cette nation-là, je crois que la meilleure des choses pour le gouvernement c’est d’engager ces jeunes-là parce qu’ils ont suffisamment d’expérience. Ils travaillent, ils sont sur le terrain, ils travaillent pendant 8 ans. Donc moi je ne crois pas qu’il y ait vraiment de les mettre de côté. Donc s’il y a recrutement, ceux qui ont déjà la main dans la pâte, qui ont la volonté d’enseigner, je crois qu’il faut prioriser ceux-là.”
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