Procès de l’ex-gouverneur de la BCRG, Lounceny Nabé, devant la CRIEF : la défense conteste la qualité de l’État à agir et réclame une annulation de la procédure
Le dossier de Lounceny Nabé, ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a de nouveau été évoqué hier, mardi 27 octobre 2026, devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et corruption, l’ancien […] The post Procès de l’ex-gouverneur de la BCRG, Lounceny Nabé, devant la CRIEF : la défense conteste la qualité de l’État à agi
Le dossier de Lounceny Nabé, ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a de nouveau été évoqué hier, mardi 27 octobre 2026, devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et corruption, l’ancien responsable de la BCRG, à travers son avocat, conteste la qualité de l’État guinéen à se constituer partie civile, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.
À l’audience, l’avocat de la défense a soulevé une exception relative à la qualité de l’Agent judiciaire de l’État à intervenir dans cette procédure. Pour la défense, la Banque centrale étant une institution autonome, l’État ne saurait agir en son nom.
« Vous allez constater que l’État guinéen ne peut agir en lieu et place de la Banque centrale. Donc l’Agent judiciaire de l’État n’a pas cette qualité. C’est une institution autonome. Nous demandons d’annuler cette procédure », a soutenu l’avocat de la défense.
Le ministère public a, pour sa part, estimé que cette exception n’était pas fondée. Il a rappelé que les faits reprochés à Lounceny Nabé ne se limitent pas à la question des 130 kilogrammes d’or évoquée dans le dossier, mais portent également, selon l’accusation, sur des faits présumés d’enrichissement illicite et de corruption.
Le parquet a ainsi défendu la présence de l’État dans la procédure, estimant que celui-ci avait qualité pour intervenir au regard des faits poursuivis. Il a également indiqué que les exceptions soulevées par la défense avaient été présentées à temps, tout en contestant leur bien-fondé.
Prenant la parole, l’Agent judiciaire de l’État a qualifié la démarche de la défense de « fuite en avant », estimant que le prévenu cherchait à éviter l’examen du fond du dossier.
« Monsieur Nabé a peur d’affronter le fond du dossier. Le prévenu ne parviendra pas à s’échapper des débats », a-t-il déclaré.
L’Agent judiciaire de l’État a également demandé à la Cour d’annuler la mise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ancien gouverneur de la BCRG. Selon lui, cette demande se justifie par le non-respect des obligations liées à la caution fixée dans le cadre de cette mesure. Il a rappelé que la décision imposait le versement d’un montant de 10 milliards de francs guinéens et a affirmé que Lounceny Nabé n’aurait versé qu’un milliard de francs guinéens. Il a également contesté la valeur des titres de propriété présentés en garantie, estimant qu’ils n’étaient pas établis au nom du prévenu. Sur la question de la constitution de partie civile, l’Agent judiciaire de l’État a fait la distinction entre l’action publique et l’action civile, soutenant que l’État s’était constitué partie civile à titre incident.
« Il faut séparer l’action civile et l’action publique. Ce n’est pas l’État qui a mis en mouvement l’action publique. Nous nous sommes constitués partie civile de manière incidente », a-t-il expliqué.
Il a par ailleurs interrogé la Cour sur la propriété des fonds détenus à la Banque centrale, de l’or et du capital social, estimant que ces éléments justifiaient l’intervention de l’État dans la procédure.
En réponse aux arguments de l’Agent judiciaire de l’État, la défense a affirmé que la Cour suprême avait cassé la caution qu’elle jugeait excessive et ordonné la restitution du milliard de francs guinéens déjà versé. L’avocat a également contesté les montants avancés dans le cadre des accusations d’enrichissement illicite, évoquant un écart entre les quantités mentionnées au cours de la procédure.
« L’enrichissement illicite, on est autour de trois tonnes et maintenant, il parle de 32 tonnes », a-t-il déclaré.
Au terme des échanges, le président de la chambre de jugement, Alpha Camara, a renvoyé l’affaire au 4 novembre 2026 pour le délibéré sur les questions soulevées à l’audience.
Ismaël Diallo pour Guineematin.com
Tél : 624693333
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- 667 words · 3 min read
- Published
- October 28, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com