Terrain litigieux, chantier inachevé, coups de bâton : trois suspects écroués par le procureur de Rufisque
En l’espace de deux jours, la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh a interpellé trois individus dans le cadre de trois affaires distinctes : deux dossiers d’abus de confiance et d’escroquerie foncière, et un dossier de coups et blessures volontaires. Au terme de l’enquête, les trois mis en cause ont été présentés ce vendredi au procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Rufisque, Cheikh Diakhoumpa, qui a ordonné leur placement sous mandat de dépôt.
Première affaire : une parcelle vendue deux fois
Le 31 août 2026, les gendarmes de Tivaouane Peulh ont placé en garde à vue C. NDAO, 66 ans, entrepreneur en bâtiment domicilié à Tivaouane Peulh. Il lui est reproché un abus de confiance et une escroquerie foncière portant sur une somme de deux millions cent mille (2 100 000) francs CFA, au préjudice de A. NDIAYE.
L’enquête a été ouverte à la suite d’un soit-transmis du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Rufisque, Cheikh Diakhoumpa, relatif à une parcelle à usage d’habitation estimée à la somme précitée. Selon les déclarations du plaignant, A. NDIAYE, qui réside aux États-Unis depuis 2015, avait acquis cette parcelle auprès de C. NDAO. Après l’acquisition, il avait entrepris la construction d’un mur de clôture destiné à sécuriser le terrain.
Il s’est toutefois avéré que la parcelle était litigieuse. Les ouvrages qui y avaient été réalisés ont par la suite été démolis par la SIPRES d’après sa version . Informé de la situation, C. NDAO, en sa qualité de cédant, avait pris l’engagement de trouver une solution au préjudice subi par le plaignant.
Mais malgré plusieurs démarches, il n’aurait jamais honoré cet engagement, poussant le plaignant, désespéré, à saisir le parquet d’une plainte pour faire valoir ses droits. Le dossier a ensuite été transmis au commandant de la gendarmerie de Tivaouane Peulh, chargé de l’enquête et de l’arrestation du mis en cause.
Entendu sur les faits, C. NDAO les a reconnus sans contestation. Il a sollicité un délai afin de remettre au plaignant une autre parcelle en réparation du préjudice subi.
Deuxième affaire : une avance de travaux jamais honorée
Le même jour, 31 août 2026, la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh a également procédé à la garde à vue de M. DIOP, 54 ans, maçon domicilié au quartier Baye Fall Niang de Tivaouane Peulh. Il est poursuivi pour abus de confiance et escroquerie foncière.
Cette affaire fait suite à un soit-transmis du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Rufisque, portant sur la construction des fondations d’un appartement et la réfection d’un studio. Selon les déclarations de la plaignante, R. SOW, celle-ci avait remis au mis en cause une avance de 1 967 600 francs CFA destinée à la réalisation de ces travaux.
Après avoir encaissé cette somme, M. DIOP n’aurait cependant pas exécuté les travaux convenus ni honoré ses engagements. Désespérée à son tour, la plaignante a saisi le parquet d’une plainte pour faire valoir ses droits. Le dossier a été transmis à la gendarmerie de Tivaouane Peulh, chargée de sommer le mis en cause de respecter ses engagements.
Interrogé, M. DIOP a reconnu les faits sans contestation. Il a sollicité un délai supplémentaire pour reprendre et achever les travaux, expliquant avoir été victime d’un accident de la circulation au mois de mars.
Troisième affaire : une altercation entre voisins d’atelier
La troisième interpellation est intervenue le 1er septembre 2026, à 19 heures, lorsque la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh a placé en garde à vue C. NDIAYE, 32 ans, commerçant domicilié à Tivaouane Peulh. Il lui est reproché des coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de sept jours.
Selon les déclarations du plaignant, I. NDIAYE, également commerçant, celui-ci exploite un atelier situé à proximité de celui de C. NDIAYE.
Il affirme que le mis en cause se rendait fréquemment dans son atelier et l’aurait, à plusieurs reprises, insulté.
Les faits proprement dits se seraient déroulés le 31 août 2026, vers 15 heures. I. NDIAYE se trouvait alors dans son atelier en compagnie d’un ami lorsque C. NDIAYE serait venu à sa rencontre et aurait recommencé à l’insulter.
Une altercation verbale aurait éclaté entre les deux hommes. Selon le plaignant, le mis en cause se serait ensuite rendu dans sa cantine pour y prendre un bâton, avec lequel il l’aurait frappé à plusieurs reprises, lui occasionnant une blessure au bras droit ainsi que des douleurs à la tête.
Blessé, I. NDIAYE s’est rendu à la Clinique de la Paix, où un certificat médical lui a été délivré, constatant ses blessures et prescrivant une ITT de sept jours. Il a ensuite saisi la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh d’une plainte, accompagnée de ce certificat, en vue d’ester en justice.
Entendu sur les faits, C. NDIAYE a reconnu avoir porté des coups à I. NDIAYE. Il soutient toutefois que le plaignant aurait tenté de le poignarder avec un couteau, et affirme n’avoir agi qu’en état de légitime défense.
Au terme de l’enquête menée par la Brigade de Proximité de Tivaouane Peulh, les trois suspects C. NDAO, M. DIOP et C. NDIAYE ont été présentés ce vendredi devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Rufisque, Cheikh Diakhoumpa, chef du parquet, qui a acté leur placement sous mandat de dépôt.
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