Kamsar : Taïgbé, le village de Mathurin Bangoura et Henriette Conté, coupé du monde faute de pirogue pour traverser
AI summary
A village in Guinea faces isolation due to lack of a permanent boat crossing, disrupting residents' daily lives and causing challenges for essential travel.
Situé à environ 6 kilomètres de la ville de Kamsar, le district de Taïgbé reste confronté à un problème qui complique fortement les déplacements de ses habitants. Il s’agit de l’absence d’une liaison permanente permettant de traverser la mer qui sépare leur village de la cité industrielle. Une seule pirogue assure la traversée depuis plusieurs années, et elle est souvent absente des lieux, a appris un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.
Ce mercredi 9 septembre 2026, Fatoumata Bangoura a réussi à quitter Taïgbé pour rallier Kamsar grâce à une pirogue de pêcheurs qu’elle a rencontrés au niveau du point de passage. Mais après avoir effectué ses achats en ville, elle ne sait pas quand et comment elle pourra ramener ses condiments dans son village. Car, à son retour du marché, la jeune femme a trouvé que l’unique pirogue qui assure le transport des personnes sur les lieux n’est toujours pas arrivée.
« Je suis assise ici parce que je n’ai pas trouvé la pirogue ici pour traverser. Je viens de Kamsar, j’étais venue acheter des condiments pour une cérémonie que nous avons demain au village. Maintenant je n’arrive pas à rentrer parce qu’il n’y a pas de pirogue pour me faire traverser la mer. Pourtant, les gens m’attendent au village pour récupérer ces condiments afin de pouvoir faire la cuisine pour la cérémonie de demain », a-t-elle expliqué.
Jusqu’à 16 heures, au moment où notre journaliste quittait les lieux, Fatoumata Bangoura patientait encore sur place avec ses condiments, guettant la moindre occasion de pouvoir traverser. Et cette situation est loin d’être surprenante pour cette habitante de Taïgbé, le village dont est originaire l’ancienne Première dame Henriette Conté, mais aussi l’ancien ministre et ancien gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura.
« Il nous arrive parfois de passer trois jours sans pouvoir traverser ici, faute de pirogue. Des fois, ce sont les pêcheurs qui nous aident à traverser. Sinon, on est obligé de retourner d’où on vient jusqu’à la disponibilité de la pirogue qui fait la navette ici. C’est pourquoi, quand on a un malade ou une femme enceinte qui a besoin d’être évacué vers Kamsar ville, c’est un sérieux problème. Parce que quand la pirogue n’est pas là, on ne peut pas traverser », déplore la jeune femme, avant d’interpeller les autorités sur cette situation.
« Je demande aux autorités de nous venir en aide. Même si on trouve deux pirogues qui peuvent assurer le transport des gens de façon permanente ici, ça peut nous soulager. Parce que nous faisons nos achats à Kamsar ville pour rentrer chez nous. Et nous souffrons énormément du fait qu’il n’y a pas de pirogue disponible tous les jours pour nous faire traverser, surtout en saison des pluies », a dit Fatoumata Bangoura.
Tout comme elle, Ibrahima Camara aussi a passé une bonne partie de la journée de ce mercredi au niveau du point de passage entre Taïgbé et Kamsar. En provenance de la ville, il cherchait aussi à rentrer dans son village. L’un de ses rêves aujourd’hui, c’est de voir un pont construit sur ce bras de mer afin de mettre fin aux difficultés que rencontrent les habitants de sa localité.
« Moi, mon souhait, c’est que les autorités nous aident à avoir un pont ici. C’est la meilleure solution pour nous. Parce que nous souffrons énormément ici. Si vous regardez la distance, vous allez dire qu’elle n’est pas grande. Mais pour nous, elle est plus que grande. Il y a des gens qui quittent Taïgbé juste après la prière de l’aube, ils viennent s’asseoir ici jusqu’à 10 heures ou au-delà avant de pouvoir traverser. Parce qu’il y a une seule pirogue qui travaille ici, et elle n’est pas là de façon permanente.
Comme vous le constatez, je suis là avec deux autres personnes, nous venons de Kamsar et cherchons à rentrer au village, mais nous sommes bloqués ici. Et de l’autre côté, il y a plusieurs personnes qui viennent de Taïgbé pour Kamsar qui sont bloquées là-bas. Nous attendons tous l’arrivée de la pirogue afin de pouvoir traverser. Si elle ne vient pas, nous serons tous obligés de retourner d’où nous venons. Et si l’un d’entre nous a une situation urgente à traiter, imaginez les conséquences », a dit le jeune homme.
Alors que Kamsar vient d’être érigée en préfecture, les habitants de Taïgbé souhaitent que leur problème de mobilité soit parmi les priorités de la future administration préfectorale.
De Kamsar, Alpha Fafaya Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com
Tel. 628 12 43 62
The post Kamsar : Taïgbé, le village de Mathurin Bangoura et Henriette Conté, coupé du monde faute de pirogue pour traverser first appeared on Guineematin.com.
Follow the story
About this article
- Length
- 780 words · 4 min read
- Published
- September 9, 2026
- Byline
- Guineematin.com
- Source
- Guineematin.com