Indépendance de la Guinée en Malaisie : Ismaël Kabacé Samoura appelle la jeunesse à « jouer sa partition »
C’est dans une atmosphère empreinte de fraternité, de patriotisme et de convivialité que la communauté guinéenne établie en Malaisie s’est réunie, ce samedi 31 octobre 2026, pour célébrer en différé le 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République de Guinée, proclamée le 2 octobre 1958. Placée sous le thème « S’inspirer du passé pour construire l’avenir – La jeunesse à l’honneur », cette célébration a constitué un moment privilégié de retrouvailles, de communion et de réflexion autour de l’avenir de la nation guinéenne.
Au-delà de son caractère festif, la rencontre a été marquée par des discours, des prestations poétiques et du slam mettant en lumière la mémoire historique, la responsabilité citoyenne et le rôle déterminant de la jeunesse dans la construction nationale, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kuala Lumpur.
Professeur d’université et époux de l’ambassadrice de Guinée en Malaisie, Hadja Koumba Diop, Ismaël Kabacé Samoura s’est dit particulièrement impressionné par l’organisation et la discipline observées lors de la cérémonie. Il a surtout insisté sur la nécessité de dépasser les divisions et de conjuguer les compétences de tous les Guinéens pour construire l’avenir du pays.
Ismaël Kabacé Samoura, professeur et époux de l’ambassadrice Koumba Diop
« Je suis réellement époustouflé. Quand je suis entré dans la salle, en compagnie de mon épouse, j’ai été fortement impressionné par l’organisation et la discipline qui ont caractérisé cet événement. Je me suis réjoui, parce que cela donnait l’image d’une Guinée qui se réconcilie. C’est sur la base de la discipline que nous pouvons tout construire ensemble. Quand cet événement a été placé sous le signe de la jeunesse, c’était pour que celle-ci s’inspire de l’exemple donné par nos aînés. Parce que c’est dans la discipline, l’organisation et l’acceptation des uns et des autres qu’ils ont pu accomplir ces réalisations. Je crois que l’événement que nous célébrons aujourd’hui, le 2 octobre 1958, nous invite à relire l’histoire de la Guinée. Les discours que j’ai entendus depuis mon installation dans cette salle m’ont réconforté, parce qu’ils constituaient un rappel de notre histoire. Je crois que cela est extrêmement important aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation. Nous devons nous ressaisir, faire sauter les verrous politiques, ethniques et identitaires, afin de regarder ensemble dans la même direction. Nous ne pourrons bâtir quelque chose que si nous mettons en commun nos expériences et nos compétences. C’est aussi une occasion pour moi de saluer les dispositions prises par nos autorités pour intégrer les efforts de la diaspora guinéenne dans le processus de construction de notre pays. Des places sont notamment prévues pour les Guinéens de l’extérieur au sein des institutions républicaines. Cela signifie clairement qu’il n’y a pas de barrières entre nous et que les efforts accomplis à l’intérieur du pays doivent être complétés par ceux des Guinéens établis à l’étranger. L’ambassadrice a dit dans son discours que ce sont les efforts combinés des uns et des autres qui peuvent contribuer à la construction du pays. Les diplômes que vous préparez et les apprentissages suivis par chacun peuvent participer à cette œuvre collective. Nous devons mettre à profit l’accalmie que connaît aujourd’hui notre pays pour relever ensemble les défis qui se présentent à nous. Nos pères fondateurs ont accompli un travail énorme, dans des conditions difficiles et avec des moyens limités. Ils ont réussi à bâtir les fondements d’une nation que nous, jeunes générations, devons continuer à faire avancer. Ils nous ont donné le ballon, c’est à nous de jouer. Le ballon a été lancé, c’est à nous de le saisir et de jouer notre partition. C’est un appel lancé à tout le monde. Ce n’est pas un appel politique, mais un appel sincère et fraternel en faveur de l’avenir, parce qu’il s’agit de notre patrimoine collectif », a déclaré le professeur Ismaël Kabacé Samoura.
Souleymane Doumbouya appelle à accompagner les étudiants
Dans son discours, le président du Conseil des Guinéens établis en Malaisie, Souleymane Doumbouya, a rappelé la portée historique du 2 octobre 1958. Il a particulièrement insisté sur la responsabilité collective d’accompagner les nouveaux étudiants guinéens en Malaisie et de préparer leur contribution au développement du pays.
Souleymane Doumbouya, president du conseil des guinéens établis en Malaisie
« Le 2 octobre 1958 marque une date fondamentale de notre histoire. Elle représente le courage, la dignité et la volonté du peuple guinéen de tracer lui-même son destin. Soixante-huit ans plus tard, nous avons la responsabilité non seulement de célébrer cet héritage, mais aussi d’en tirer les enseignements pour construire un avenir meilleur. C’est tout le sens du thème retenu cette année : “S’inspirer du passé pour construire l’avenir – La jeunesse à l’honneur.” S’inspirer du passé, c’est rendre hommage aux sacrifices de ceux qui nous ont précédés et sauvegarder notre mémoire collective. Construire l’avenir, c’est transformer cet héritage en actes concrets, en progrès et en possibilités pour les générations futures. Mettre la jeunesse à l’honneur, c’est reconnaître qu’elle constitue une force essentielle pour le développement, l’innovation et la transformation. Mesdames et Messieurs, permettez-moi de souligner un enjeu particulièrement important pour notre communauté : l’éducation et l’arrivée d’une nouvelle vague d’étudiants guinéens en Malaisie. Cette évolution représente une occasion, mais également une responsabilité collective. Ces jeunes ne viennent pas seulement faire des études à l’étranger. Ils viennent acquérir des connaissances, développer des compétences et se préparer à contribuer au développement futur de la Guinée. Leur accueil, leur orientation académique et leur intégration sociale constituent des priorités auxquelles nous devons accorder une attention particulière. À cet égard, le Conseil des Guinéens en Malaisie entend renforcer son rôle de coordination et de solidarité auprès de nos compatriotes, particulièrement des étudiants et des nouveaux arrivants. Notre ambition est de contribuer à bâtir une communauté organisée, responsable et solidaire, dans laquelle chaque Guinéen peut trouver écoute, orientation et soutien… », a indiqué Souleymane Doumbouya.
Kabinet Gassama : contribuer au développement malgré la distance
Élève et apprenant de la langue anglaise en Malaisie, Kabinet Gassama a partagé les émotions ressenties au cours de cette célébration. Il a notamment évoqué la cohésion sociale, le sentiment d’appartenance et le devoir de chaque Guinéen de contribuer au développement de sa patrie, où qu’il se trouve.
Kabinet Gassama, élève apprenant de langue anglaise
« Cela fait environ trois ans que je vis ici avec mon père et ma sœur. Aujourd’hui, lors de la cérémonie de célébration de notre indépendance, j’ai ressenti la cohésion sociale, le sentiment d’être chez soi et l’ambiance de mon pays, la Guinée. J’ai apprécié le fait que nous soyons tous réunis pour célébrer notre fête de l’indépendance, parce que c’est une occasion spéciale pour la communauté de se retrouver et d’échanger sur le développement du pays. J’ai apprécié les discours, les prestations poétiques ainsi que le slam. J’ai apprécié l’événement dans son ensemble, car l’ambiance était accueillante. Le message que j’ai retenu en tant que Guinéen est que, quelle que soit la distance qui me sépare de ma nation, je dois faire tout mon possible pour contribuer, à ma manière, au développement du pays et à l’émancipation de la jeunesse. J’aimerais dire à mes amis restés au pays de suivre leur passion, de mener des actions utiles à la Guinée et de ne jamais nuire à leur population pour satisfaire leurs intérêts personnels », a lancé Kabinet Gassama.
Zénab Nabé : « La Guinée est une famille »
Étudiante guinéenne en Malaisie, Zénab Nabé a exprimé sa joie de retrouver ses compatriotes autour de cette célébration. Pour elle, ces moments de rassemblement permettent de préserver les liens de fraternité, de renforcer la solidarité et de rappeler à chacun qu’il appartient à une même famille, malgré la distance.
Zenab Nabé, étudiante
« Aujourd’hui, nous célébrons un événement très important pour notre pays, la Guinée : la fête de l’indépendance. C’est une date historique qui réunit les fils et les filles de la Guinée à travers le monde. Je suis très contente, parce que je constate que, partout où nous nous trouvons, la Guinée reste une famille. Nous nous sommes retrouvés ici, nous avons ri et plaisanté ensemble. C’est bien cela, la définition d’une famille. On sent véritablement que la Guinée est une famille. Le message que je retiens de cette célébration est qu’il appartient aux Guinéens, partout où ils se trouvent, de faire de leur mieux pour se retrouver, même pour peu de temps. Il faut essayer de se réunir, ne serait-ce qu’une fois par an, car cela donne de la motivation et rappelle à chacun qu’il n’est pas seul », a déclaré Zénab Nabé.
De Kuala Lumpur, Roger Louhoule pour Guineematin.com
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- 1,452 words · 7 min read
- Published
- November 1, 2026
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- Guineematin.com
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- Guineematin.com