Quelles perspectives pour le continent ?
Ce sommet sera axé sur la coopération politique et géopolitique afin de promouvoir un ordre mondial multipolaire fondé sur le respect de la souveraineté nationale, le renforcement de la sécurité collective afin d’Intensifier la lutte contre le terrorisme, la cybersécurité et la coopération militaire/stratégique, la souveraineté alimentaire et énergétique. Ce sont les conditions afin d’ assurer la stabilité des chaînes d’approvisionnement en céréales, engrais, hydrocarbures, et développer des projets d’énergie civile (notamment nucléaire pacifique), la stimulation de l’investissement, les transferts de technologie, l’industrialisation en s’appuyant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), et explorer des mécanismes de paiement en monnaies nationales pour réduire la dépendance au dollar. A l’issue de cette rencontre devrait être adoptée une déclaration commune, d’un plan d’action conjoint pour la période 2027–2029, d’une déclaration sur la coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), ainsi que la signature de multiples accords intergouvernementaux et contrats commerciaux. Dans ce contexte, il est utile d’analyser la situation actuelle tant de la Russie qui est en économie de guerre, que du continent Afrique. L’Afrique a une superficie de 30 415 873 km² ce qui en fait le deuxième continent le plus vaste du monde avec une population estimée à environ 1 584 985 259 habitants entre 2025/2026 soit plus de 19 % de la population mondiale. Mais n’existe pas une Afrique mais des Afriques avec d’importantes disparités socio économiques , 15 pays représentant environ 79,72 % du PIB total de l’Afrique en 2025 avec 2 534,67 milliards $ sur un PIB total estimé du continent africain à 3 179,53 milliards $ démontrant une très forte concentration économique, où moins d’un tiers des pays du continent (15 sur 54) contrôlant près de 80% de la richesse brute africaine l’Afrique. La Russie avec un PIB estimé à environ 2 561 milliards de dollars a une superficie : 17 098 246 km² ce qui en fait le plus grand pays du monde en superficie, à cheval sur l’Europe et l’Asie avec une population estimée à environ 143 394 458 habitants (en 2026 selon. Du point de vue des ressources naturelles, la Russie possède plus de 20% des ressources naturelles mondiales, représentant l’une des plus grandes puissances en matières premières de la planète, possédant les plus grandes réserves mondiales de gaz (environ 23 % à 32 % du total mondial selon les estimations) et figure parmi les premiers producteurs mondiaux, étant l’un des trois plus grands producteurs et exportateurs mondiaux de pétrole brute environ 11 millions de barils/j derrière les USA et devant l’Arbie saoudite, avec des gisements majeurs en Sibérie occidentale et dans la Volga-Oural. Le pays possède les troisièmes réserves mondiales de charbon réparties sur plus de vingt bassins miniers, l’un des stocks et réservoirs d’uranium les plus importants au monde (environ 9,5 %), étant le deuxième producteur mondial d’or. producteur et détenteur majeur de nickel (près de 10 %), de platine, de titane, ainsi que d’aluminium, de cuivre et de cobalt et d’important gisements de fer et autres métaux de base abritant le lac Baïkal qui contient environ 20 % de l’eau douce de surface non gelée de la Terre) et d’immenses réserves hydriques. L’Afrique possède environ 30 % des réserves mondiales de minéraux essentiels, dont plus de la moitié des ressources mondiales de cobalt et de vastes gisements d’hydrocarbures et de terres arables. Ainsi, la République démocratique Congo (RDC) fournit à elle seule une part majeure de la production mondiale (environ 70 % à 84 %), l’Afrique du Sud détenant environ 80 % des réserves mondiales de platine et le continent concentre près de 40 % de l’or mondial. Le continent détient environ 47,65 % du manganèse , 21,6 % du graphite mondiaux et d’autres minerais comme le coltan, le tantale, le cuivre, le diamant et la bauxite sont présents en grande quantité, particulièrement en Afrique centrale et de l’Ouest. Pour le pétrole et gaz, la Lybie est le premier réservoir de pétrole du continent plus de 44 milliards de barils et le Nigeria plus de 5500 milliards de mètres cubes gazeux sans compter que le continent dispose d’un potentiel solaire, éolien, hydroélectrique et géothermique parmi les plus importants et inexploités au monde. L’Afrique abrite environ un quart des terres arables mondiales, dont une grande partie reste non exploitée et le bassin du Congo représente le deuxième plus grand poumon forestier et puits de carbone de la planète.
Quelle est la stratégie militaire et économique de la Russie vis-à-vis de l’Afrique malgré les sanctions et entraves occidentales liées à la guerre en Ukraine pour s’imposer comme un acteur clé du Sud global ?
Dans le domaine de la coopération militaire et sécurité, la Russie s’appuie sur des sociétés de sécurité privées (successeurs de Wagner regroupés sous l’Africa Corps) pour soutenir les gouvernements en place. Les principaux contingents et implantations se concentrent en République centrafricaine, au Mali, en Libye, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée équatoriale. Pour cela, Moscou reste un fournisseur d’équipements militaires majeurs adaptés aux terrains africains, se positionnant parmi les premiers exportateurs vers le continent. Moscou a revendiqué environ 13,75 à 15 milliards de dollars d’exportations d’armes au total pour l’année 2024 et plus de 15 milliards de dollars pour l’année 2025, bien que les analystes occidentaux estiment que les chiffres réels soient inférieurs. La Russie a conclu depuis 2023 près de 150 contrats militaires avec 46 pays africains pour un montant total dépassant 20 milliards de dollars sur cette période, soit une moyenne d’environ 6,6 milliards de dollars par an selon les déclarations de l’agence publique russe Rosoboronexport, l’Afrique représentant environ entre 30 % des commandes totales , les principaux acheteurs étant l’Algérie et l’Égypte suivies par le Mali, le Burkina Faso, le Niger), la Guinée, l’Angola et le Soudan. Sur le plan économique, la stratégie de la Russie en Afrique repose principalement sur l’exploitation des ressources naturelles (mines, hydrocarbures), malgré des flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui restent résiduels (moins de 1 % du total africain). Moscou cible l’or, le lithium, l’uranium et les hydrocarbures via des accords de prospection et d’exploitation (notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger) , la présence paramilitaire via l’Africa Corps protégeant ces installations. Les exportations russes vers l’Afrique consistent à plus de 80 % en céréales (blé), engrais, produits pétroliers raffinés et armement, avec une faible réciprocité pour les produits locaux africains et plus de 70 % du commerce russo-africain se concentre sur quelques partenaires majeurs, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et l’Afrique du Sud. Les échanges économiques entre la Russie reste modeste et le continent africain environ 27,8 milliards de dollars Les flux pèsent très lourdement en faveur de la Russie où pour 2025, la Russie a exporté pour environ 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique, mais n’en a importé que pour 3,5 milliards de dollars, le continent africain représentant environ 3,9 % du commerce extérieur total de la Russie. Plus précisément , hors services, les exportations de la Russie sont portées à plus de 90 % par les céréales/blé, ainsi que les hydrocarbures, les engrais et les équipements militaires) et les importations de la Russie depuis l’Afrique principalement des produits agricoles bruts, fruits et produits miniers), l’ambition pour horizon 2030 étant de porter els échanges à environ entre 40-60 milliards de dollars.
Les échanges commerciaux de l’Afrique avec les autres partenaires autre que la Russie (2025 source FMI)
Les échanges commerciaux entre l’Afrique et ses principaux partenaires mondiaux se répartissent comme suit en fonction des données de 2025 en notant que les variations dépendent des calendriers fiscaux propres à chaque pays, notamment pour l’Inde qui calcule en années fiscales glissantes, et des méthodologies de calcul incluant ou non certains flux maritimes spécifiques comme le pavillon libérien pour le Japon. Je distinguerai pour chaque catégorie les flux commerciaux des investissements directs étrangers IDE, important pour déclencher un véritable développement.
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- 1,304 words · 7 min read
- Published
- October 30, 2026
- Byline
- Rédaction LNR