INFOS SENENEWS – Rufisque : Un daara au cœur d’une enquête pour abus sexuels présumés

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Une affaire présumée d’abus sexuels sur mineure secoue un daara de Rufisque. Une adolescente, née en janvier 2012, a accusé son maître coranique, D. D. Sène, d’attouchements sexuels qui auraient débuté alors qu’elle fréquentait son établissement.
Les déclarations de la jeune fille ont été recueillies par les enquêteurs en présence de sa mère, F. Ndoye. Selon le procès-verbal d’audition, l’adolescente fréquentait le daara depuis près de quatre ans.
Dans son récit, la mineure affirme que les premiers faits auraient commencé durant le mois de Ramadan de l’année précédente. Elle explique que son maître aurait d’abord cherché à établir un contact téléphonique avec elle, en lui demandant notamment si elle disposait d’un téléphone portable et si celui de sa mère fonctionnait toujours.
La jeune fille indique ensuite avoir obtenu le numéro du maître coranique auprès d’une autre élève. Elle affirme l’avoir contacté depuis le téléphone fixe de son domicile pour l’informer d’une absence liée à des récitals coraniques organisés dans son quartier.
Selon son témoignage, c’est à partir de cette période que leurs échanges auraient pris une autre tournure. Elle affirme notamment avoir reçu des messages lui demandant si elle était capable de garder un secret.
L’adolescente soutient que son maître coranique lui aurait demandé à plusieurs reprises de venir réciter le Coran dans son bureau. C’est dans ce cadre, affirme-t-elle, que les attouchements sexuels auraient été commis.
Elle explique également avoir gardé le silence pendant un certain temps, le mis en cause lui ayant, selon elle, demandé de ne rien révéler à son entourage.
Les enquêteurs se sont aussi intéressés aux échanges téléphoniques entre la mineure et son maître, ainsi qu’à une rencontre qui aurait eu lieu aux alentours du rond-point des HLM de Rufisque.
D’après le témoignage de l’adolescente, le maître l’aurait rencontrée alors qu’elle se trouvait dans le quartier et lui aurait demandé de l’attendre près d’une pharmacie. Il serait ensuite venu la chercher avant de l’emmener au rond-point des HLM, où ils auraient échangé pendant un certain temps.
Entendu à son tour par les enquêteurs, D. D. Sène reconnaît connaître la jeune fille et confirme qu’elle comptait parmi ses élèves. Il conteste toutefois les accusations portées contre lui tout en affirmant que l’adolescente éprouvait des sentiments amoureux à son égard. Il soutient notamment qu’elle lui aurait envoyé des messages dans lesquels elle l’appelait « bb», avant de les supprimer.
Interrogé sur l’existence d’une relation intime avec la mineure, le maître coranique nie avoir eu des rapports sexuels avec elle. À la question de savoir s’il avait entretenu une relation avec l’adolescente, il aurait répondu : « C’est elle qui m’a séduit. »
Il affirme également que la rencontre au rond-point des HLM aurait été initiée par la jeune fille, qui lui aurait demandé de venir la retrouver.
Concernant leurs échanges, il reconnaît avoir communiqué avec elle sur WhatsApp en utilisant le numéro de téléphone de sa mère. Il explique avoir enregistré ce numéro lorsque celle-ci avait accompagné sa fille au daara.
Le procès-verbal reprend également les déclarations du père de l’adolescente, M. Ndoye. Celui-ci aurait indiqué aux enquêteurs que sa fille n’était pas censée se rendre au daara les jeudis et vendredis.
Un jeudi soir, à son retour du travail, il aurait constaté l’absence de sa fille au domicile familial. Son épouse lui aurait alors indiqué que l’adolescente était sortie vers 17 heures.
Face à cette absence prolongée, les parents auraient entrepris des recherches. La mère aurait notamment été envoyée au daara pour s’enquérir de la présence de sa fille auprès du maître coranique.
Sur place, l’épouse de ce dernier aurait indiqué que son mari n’était pas présent et que la jeune fille ne se trouvait pas non plus dans l’établissement. Elle aurait, selon le procès-verbal, évoqué la possibilité que les deux soient ensemble, faisant état de soupçons concernant une relation entre eux.
La jeune fille serait finalement rentrée au domicile familial vers 22 h 15.
À la suite de la plainte déposée par le père de l’adolescente, une réquisition aurait été adressée à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque afin qu’un examen médical soit pratiqué sur la jeune fille..
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About this article
- Length
- 684 words · 3 min read
- Published
- September 15, 2026
- Byline
- Thioro Sakho
- Source
- Senenews