Problème de sable ? Laisse béton
[Le Maroc ensablé, 3/3] L’exploitation de sable pour étancher la soif de construction s’est muée par endroit en menace pour le littoral. Certains proposent des alternatives pour moins recourir à la ressource dans nos bâtiments. Le sable, remplaçable ? Dans son rapport du 12 mai dernier, l’ONU mettait en garde : l’exploitation de la ressource la...

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Le sable, remplaçable ? Dans son rapport du 12 mai dernier, l’ONU mettait en garde : l’exploitation de la ressource la plus consommée de la planète (après l’eau) menace le système qu’elle sert. Si le Maroc ne manque pas de sable, au contraire, d’autres problèmes liés à son exploitation en font un danger, notamment dans la construction, le tourisme et l’environnement. Parmi les solutions évoquées, notamment par la Fédération des industries de matériaux de construction (FMC), figure le sable de carrière. Reliquat de l’exploitation de granulat, ce sable manufacturé – et prisé dans les mélanges de béton – a l’avantage de créer une offre sur un marché où le sable de dragage a disparu, et où domine le sable littoral, qui souvent pose problème. Mais opposé à ce sable collecté sur les plages et les dunes pour l’exploitation duquel peu de frais sont engagés, le sable de carrière demeure peu compétitif. Aux yeux d’un constructeur, le recours à un sable mélangé ou extrait du littoral de manière informelle pourrait demeurer économiquement attrayant, pendant que son exploitation continue de défigurer le paysage et les écosystèmes du Royaume.
Bien qu’il existe des solutions fiscales et policières pour contraindre à terme le marché de la construction à privilégier un sable de carrière, une autre voie, timide, commence à émerger. On peut même en retrouver trace dans la doctrine du ministère de l’Équipement et de l’Eau. Répondant à TelQuel, ce dernier a manifesté son engagement pour la préservation des “ressources les plus nobles, comme le sable”, en application de la loi de 2015 (27-13). Pour y parvenir, il propose de réserver son usage aux secteurs dans lesquels il est “difficilement substituable”. Dans cette lignée, certains pays comme la Colombie ont même classé le sable comme ressource stratégique.
Alors, quoi ? Où le sable est-il stérilement employé ? Certains proposent de limiter son usage dans le secteur où il est le plus consommé : le béton. Quatre grains de sable sur cinq y sont en effet utilisés, précise Aicha Benmohammadi, professeure à la faculté des sciences Ibn Tofail de Kénitra et spécialiste en géosciences de l’environnement. Mais sans sable dans le béton, pas de béton ; et sans béton, pas de croissance. C’est du moins un principe communément admis : il existe un lien entre développement économique et consommation de béton.
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About this article
- Length
- 386 words · 2 min read
- Published
- September 11, 2026
- Byline
- Marin Daniel Thézard
- Source
- Telquel.ma