Macky Sall perd au Tribunal de Paris dans sa course au poste de secrétaire général de l’ONU

Le tribunal judiciaire de Paris a débouté Macky Sall de l'ensemble de ses demandes visant nonamacky.org. Dans un jugement du 9 septembre 2026, la juridiction a refusé de bloquer le site sur le territoire français et a également écarté le grief d'atteinte au droit à l'image. L'ancien chef de l'État avait engagé la procédure contre l'hébergeur du site, plusieurs intermédiaires techniques ainsi que les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il demandait que ces fournisseurs d'accès empêchent leurs abonnés en France de consulter la plateforme, et que soient interrompus les services techniques permettant sa diffusion. Consultable en neuf langues, dont l'ensemble des langues officielles du Conseil de sécurité des Nations unies, le site affirme disposer de « preuves documentées » portant sur la période 2012-2024. Il avance notamment un bilan de plus de 65 morts, une dette cachée évaluée à 7 milliards de dollars, des violations constitutionnelles, des disparitions de personnes et l'impunité découlant de la loi d'amnistie. La plateforme s'appuie sur des archives, des témoignages et des rapports consacrés aux deux mandats de Macky Sall, en revenant sur les violences survenues lors des manifestations politiques, les arrestations d'opposants et plusieurs dossiers financiers. Son objectif est affiché : mener une campagne auprès des représentations diplomatiques, des groupes d'influence internationaux et de certains décideurs afin de les dissuader de soutenir la candidature de l'ancien président.
Les arguments de Macky Sall
Devant la justice française, Macky Sall considérait certains passages comme diffamatoires et assimilait le contenu du site à des attaques personnelles. Il contestait aussi l'utilisation de son portrait sur la plateforme et sur les visuels de la campagne. Les magistrats ont conclu que les critiques publiées ne constituaient pas une atteinte illicite de nature à justifier une restriction d'accès. Dans leur analyse, ils ont distingué les critiques visant personnellement l'ancien président de celles portant sur le fonctionnement des institutions sénégalaises durant sa présidence. Le tribunal a relevé que plusieurs faits mis en cause étaient imputés à des institutions ou à des agents de l'État, et que leur survenue sous le mandat de Macky Sall ne suffisait pas, à elle seule, à caractériser une attaque personnelle contre lui. La présentation de l'ancien dirigeant comme « inapte » à la fonction de secrétaire général a, pour sa part, été qualifiée de jugement de valeur critique sur une candidature à un poste international. Concernant l'usage de son image, le tribunal n'a pas ordonné le retrait des portraits. Pour les juges, le débat d'intérêt général relève des droits fondamentaux liés à l'information et à sa libre circulation. La décision ne se prononce cependant pas sur les qualités de
Macky Sall
pour diriger l'organisation. Elle tranche uniquement la demande de blocage et les griefs juridiques soulevés contre la plateforme. Après la publication de la décision, les responsables de nonamacky.org ont indiqué qu'ils ne commenteraient aucune affaire judiciaire tant qu'elle reste en cours, tout en affirmant que leur mission demeure inchangée. Ce revers judiciaire intervient à un moment délicat de la campagne de l'ancien président. Lors du troisième vote indicatif organisé le 18 septembre au Conseil de sécurité, Macky Sall a obtenu cinq voix « encouragées », neuf « décourage » et un « sans opinion », loin derrière la Costaricienne Rebeca Grynspan, arrivée en tête avec neuf voix favorables. Le mandat d'António Guterres prend fin le 31 décembre 2026. Le site nonamacky.org, qui reste accessible en France, devrait continuer à accompagner cette course jusqu'à son terme.
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- Length
- 571 words · 3 min read
- Published
- September 23, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews