Indépendance de l’Algérie : « Conakry fut une base logistique dominante pour l’acheminement des armes vers le maquis », rappelle Abdelatif Guia

À l’occasion du 72ᵉ anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne, l’ambassade d’Algérie en Guinée a organisé, lundi 2 novembre 2026, une réception à Conakry.
La cérémonie a réuni des membres du gouvernement guinéen, des diplomates, des hauts cadres de l’État ainsi que des ressortissants algériens établis en Guinée.
L’ambassade d’Algérie en République de Guinée a commémoré, lundi 2 novembre 2026, le 72ᵉ anniversaire du déclenchement de la glorieuse révolution algérienne du 1ᵉʳ novembre 1954. La réception, organisée dans un complexe hôtelier de Conakry, s’est déroulée sous l’égide d’Abdelatif Guia, ambassadeur d’Algérie en Guinée, et de son épouse.
La cérémonie a mobilisé plusieurs membres du gouvernement guinéen, des hauts cadres de l’administration publique, des représentants des missions diplomatiques et consulaires accréditées en Guinée, ainsi que de nombreux ressortissants algériens.
Cette célébration a été l’occasion de rendre hommage aux combattants qui ont consenti d’immenses sacrifices pour l’indépendance de leur pays, au terme de sept années de lutte armée, de 1954 à 1962. Elle a également permis de rappeler l’importance de préserver cet héritage historique et de transmettre aux générations futures les valeurs de liberté, de dignité et de souveraineté.
Après l’exécution des hymnes nationaux algérien et guinéen, la rencontre a également permis aux deux pays, liés par une longue histoire de fraternité et de solidarité, de réaffirmer leur volonté de renforcer leur coopération et d’explorer de nouvelles perspectives de partenariat.
Devant plusieurs centaines d’invités, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Algérie en Guinée a exprimé son honneur d’accueillir les différentes personnalités venues prendre part à cette commémoration.
Pour Abdelatif Guia, cette date historique, profondément ancrée dans la mémoire collective du peuple algérien, constitue un moment de reconnaissance envers les figures emblématiques de la lutte pour l’indépendance.
« Le courage, le sacrifice suprême et l’unité de nos valeureux chouhadas et moudjahidines, martyrs et résistants. Il y a 72 ans, un groupe de patriotes déterminés brisait les chaînes d’une colonisation féroce pour faire triompher les idéaux de liberté, de justice et de dignité nationale », a-t-il rappelé.
Le diplomate algérien a également souligné la dimension particulière de cette commémoration sur le sol guinéen, en raison des liens historiques qui unissent les deux peuples.
« L’Algérie et la Guinée partagent une histoire commune, forgée dans le feu des luttes de libération africaine. Le peuple algérien se sent éternellement redevable envers le peuple frère de Guinée, envers le regretté camarade Ahmed Sékou Touré, paix à son âme, et ses compagnons de lutte qui ont ouvert les bras à notre cause en offrant refuge, protection et abri aux combattants algériens du FLN et de l’ALN. Nous gardons gravé dans notre mémoire le rôle crucial et hautement stratégique de Conakry qui fut une base logistique dominante pour l’acheminement des armes et des équipements vers le maquis, précipitant ainsi le triomphe de notre glorieuse révolution », a-t-il déclaré.
Dans la perspective de consolider davantage cette coopération historique, l’ambassadeur a insisté sur l’importance des prochaines échéances bilatérales, notamment la tenue de la Grande Commission mixte de coopération algéro-guinéenne et la réactivation du comité bilatéral de suivi.
Il considère ces mécanismes comme des instruments stratégiques pour approfondir les relations entre les deux pays.
« Ces rendez-vous cruciaux nous permettront d’insuffler un élan nouveau à nos relations politiques et sectorielles, en élargissant les passerelles d’échange à la hauteur de nos ambitions communes. Face aux défis régionaux actuels, le renforcement de notre coopération n’est plus une simple option, mais une nécessité impérieuse. L’Algérie est pleinement disposée à intensifier ce partenariat multisectoriel, qu’il s’agisse de la formation académique et professionnelle, de la sécurité, de la transition énergétique et du co-investissement industriel. C’est en unissant nos forces, nos expertises et nos ressources que nous bâtirons une prospérité partagée et résiliente pour nos deux nations », a-t-il expliqué.
S’adressant ensuite à ses compatriotes établis en Guinée, Abdelatif Guia a rappelé que cette commémoration constitue un lien symbolique fort entre la diaspora algérienne et sa patrie d’origine.
« Le 1ᵉʳ novembre nous appelle à la responsabilité collective, celle de préserver l’héritage de nos martyrs et de contribuer, chacun là où il se trouve, à l’édification d’une Algérie forte, prospère et résolument tournée vers l’avenir. Vous êtes les ambassadeurs de nos valeurs de fraternité et de droiture en terre guinéenne », a-t-il souligné.
Prenant également part à cette célébration, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a honoré l’assistance de sa présence.
Au nom du président de la République, Mamadi Doumbouya, et du gouvernement guinéen, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a prononcé un discours dans lequel il a mis en exergue la portée historique et symbolique du 1ᵉʳ novembre 1954, bien au-delà des frontières algériennes.
Selon lui, cette date représente un tournant majeur dans l’histoire des luttes de libération africaines.
« Car, ce jour-là, un peuple a rappelé au monde une vérité éternelle, à savoir que la dignité humaine n’est ni une faveur que l’on accorde, ni un privilège que l’on négocie. Elle est tout juste un droit inaliénable. La liberté ne se mendie pas, elle se conquiert, elle se défend et elle se transmet. Au nom de Monsieur le président de la République et du gouvernement de la République de Guinée, j’adresse à son excellence Monsieur Abdelmadjid Tebboune, président de la République algérienne, démocratique et populaire, ainsi qu’au gouvernement et au peuple frère algérien, nos félicitations les plus chaleureuses et nos vœux de paix, de progrès et de prospérité », a-t-il déclaré.
Revenant sur la profondeur des relations entre Conakry et Alger, Morissanda Kouyaté a rappelé que les liens entre les deux pays dépassent le simple cadre diplomatique. Ils reposent notamment sur des valeurs communes de souveraineté, de dignité des peuples et de solidarité panafricaine.
« Vous l’avez rappelé tout à l’heure, dans le combat pour la dignité, la souveraineté et le droit des peuples à décider de leur destin. Cette fraternité s’est nourrie de la vision et de l’engagement des présidents Ahmed Sékou Touré et Ahmed Ben Bella. Elle a résisté au temps parce qu’elle repose sur des convictions plus fortes que les circonstances : le respect mutuel, la solidarité affective et la fidélité à notre indépendance », a-t-il indiqué.
Le ministre a également évoqué l’appui apporté par l’Algérie à la Guinée au lendemain de son indépendance, notamment dans le domaine de la formation des cadres et des ressources humaines.
Il a particulièrement mis en lumière la contribution algérienne à la formation des premiers médecins guinéens.
« Je tiens également à insister sur le fait que c’est l’Algérie qui, à ce moment-là, après son indépendance, a tendu la main à la Guinée et a demandé à former des étudiants guinéens, d’abord dans un domaine extrêmement pointu qui est la médecine. Je viens de voir certains de nos aînés qui sont rentrés à la faculté de médecine d’Algérie, qui ont eu une formation et qui sont revenus et qui, à ce moment-là, sont devenus des professeurs pour nous qui venions, en tant que 5ᵉ promotion de la faculté de médecine de l’université de Conakry. Et dans d’autres domaines, l’Algérie a apporté son appui à la Guinée. Investir dans la jeunesse, c’est conduire et construire des points, non seulement des points, mais c’est aussi construire des ponts qui peuvent annuler toutes les distances entre les peuples », a-t-il témoigné.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie guinéenne a réaffirmé la volonté du gouvernement de donner une nouvelle impulsion à cette coopération bilatérale.
À cet effet, il a annoncé que la Guinée souhaite convenir avec la partie algérienne d’une date pour la tenue, courant 2027, de la quatrième session de la Commission mixte de coopération.
« Excellence, Monsieur l’ambassadeur, pour donner à cette ambition toute sa portée, le gouvernement guinéen souhaite convenir avec la partie algérienne d’une date pour la tenue en courant 2027 de la 4ᵉ session de la commission mixte de coopération. Les deux leaders ont donné leur accord et il nous reste à mettre en œuvre, à concrétiser cela. Cette rencontre devra permettre d’évaluer nos engagements, d’accélérer les projets en cours et d’ouvrir de nouveaux chantiers répondant aux priorités de notre époque. Car la diplomatie ne doit pas se limiter aux déclarations d’intention, elle doit produire des résultats visibles, utiles et durables. Une coopération réussie n’est pas seulement celle que l’on célèbre dans les discours, c’est celle dont les citoyens ressentent les bienfaits dans leur vie quotidienne. C’est une leçon que nous tenons de notre président de la République », a-t-il affirmé.
La cérémonie commémorative s’est achevée dans une ambiance conviviale, avec la traditionnelle coupure du gâteau, des séances de photos, un moment de restauration et des échanges entre les différentes personnalités et les participants.
Mamadou Yaya Barry
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- November 3, 2026
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