Conakry : malgré la fin du repos biologique, le prix du poisson reste hors de portée au marché de Kobaya
Malgré la fin du repos biologique, le prix du poisson reste élevé sur le marché de Kobaya, au grand désarroi des consommateurs. Alors que la reprise des activités de pêche suscitait l’espoir d’une baisse des prix, les ménages continuent de faire face à des dépenses importantes pour se procurer ce produit très prisé dans l’alimentation quotidienne.
Interrogées par un reporter de Guinéematin.com vendredi, 9 octobre 2026, des vendeuses de poisson expliquent les difficultés qu’elles rencontrent lorsqu’elles se rendent au marché de Kenien pour se ravitailler, ainsi que les différents prix pratiqués pour chaque type de carton de poisson.
Pour Mama Aïcha Bangoura, vendeuse de poisson au marché de Kobaya, les prix n’ont pas changé chez les grossistes de Kenien. Selon elle, les poissons sont visibles à la télévision, mais restent difficiles à trouver à des prix abordables sur le marché.
MamaAicha Bangoura , vendeuse de poisson au marché de Kobaya
« Actuellement, le prix n’a pas changé, même s’il y a un changement au port autonome. Au marché de Kenien, là où nous partons pour nous ravitailler chez les grossistes, le prix n’a pas changé actuellement. Nous prenons un carton de poisson frais Sinapa à Kenien à 650 000 francs, et même parfois à 700 000 francs, un carton de Bologui à 700 000 FG. Les bons poissons pêchés chez nous en Guinée, on nous revend un carton à 1 000 000 francs, des fois 900 000 francs. Nous savons que le président veut nous aider, et il est en train de le faire, mais nous demandons aux responsables du secteur de la pêche de faire leur travail pour l’intérêt général. Nous ne savons pas ce qui se passe au port, car les grossistes ne nous laissent pas entrer dans le port. Elles entrent elles-mêmes pour acheter le poisson, le mettent dans les camionnettes frigorifiques et sortent pour nous dire que le prix n’a pas changé d’abord. Ce qui se passe au port, nous ne le savons pas, mais chaque jour, nous voyons à la télévision les images des poissons pêchés. Pourtant, sur le marché de Kenien, où nous partons nous ravitailler pour venir revendre ici au marché de Kobaya, le prix n’a pas changé. Nous aussi, nous vendons pour avoir de quoi nourrir nos enfants. Avec le transport que nous payons à l’aller comme au retour, nous sommes obligées de revendre cher », a-t-elle expliqué.
Poursuivant son intervention, Mama Aïcha Bangoura accuse les grossistes et les responsables du secteur de ne penser qu’à leurs propres intérêts.
« Les grossistes nous fatiguent beaucoup à Kenien. Si nous prenons l’argent à crédit pour acheter le poisson, après la vente, l’argent finit et nous sommes obligées d’en prendre à nouveau, car nous avons des enfants. Mais elles ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. Et si on vient pour demander de diminuer le prix, par exemple à 200 000 francs, elles nous disent qu’elles viennent de sortir d’une réunion au cours de laquelle on leur a demandé de revendre à 400 000 francs », a-t-elle dit.
Elle interpelle les autorités afin qu’elles réglementent le secteur en réunissant les vendeuses des différents marchés et les grossistes.
« Nous demandons aux autorités de nous aider en fixant les règles entre nous et les grossistes, car nous vivons de ce commerce. Certaines d’entre nous n’ont pas de maris, d’autres ont des maris malades, et nous avons des enfants à nourrir et à scolariser », a-t-elle indiqué.
Pour sa part, N’nabintou Camara, vendeuse de poisson frais appelé Konkoi au marché de Kobaya, affirme que les prix n’ont pas baissé. Au contraire, ils ont augmenté.
N’nabintou Camara, vendeuse de poisson au marché de Kobaya
« Le prix du poisson a augmenté, car avant, nous achetions un carton de poisson Konkoi à 400 000 francs, parfois même à 380 000 francs. Mais actuellement, nous achetons entre 450 000 francs et 500 000 francs, jusqu’à 600 000 francs. Par exemple, pour aujourd’hui, j’ai acheté un carton à 450 000 francs. Quand tu revends, parfois tu gagnes du bénéfice, parfois tu ne gagnes rien. Sur un carton vendu, tu ne gagnes que 20 000 francs comme intérêt », a-t-elle dit.
Aïssatou Sow pour Guineematin.com
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- 720 words · 4 min read
- Published
- October 15, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com