« Prédateur sexuel » : Amadou Diallo accusé d’abus répétés sur des mineurs à Tenghory
M. Tall (17 ans), élève en classe de première, domicilié à Tenghory ; M. Tamba (14 ans), élève en classe de cinquième secondaire, domicilié à Tenghory ; Y.A. Coly (16 ans), élève en classe de quatrième, domicilié à Tenghory ; S. Sané (17 ans), élève en classe de première, domicilié à Tenghory ; A.K. Badiane (16 ans), élève en classe de troisième secondaire, domicilié à Tenghory. Telles sont, à ce stade, les victimes d'Amadou Diallo (32 ans), ce boutiquier domicilié à Tenghory et déféré au parque

M. Tall (17 ans), élève en classe de première, domicilié à Tenghory ; M. Tamba (14 ans), élève en classe de cinquième secondaire, domicilié à Tenghory ; Y.A. Coly (16 ans), élève en classe de quatrième, domicilié à Tenghory ; S. Sané (17 ans), élève en classe de première, domicilié à Tenghory ; A.K. Badiane (16 ans), élève en classe de troisième secondaire, domicilié à Tenghory. Telles sont, à ce stade, les victimes d'Amadou Diallo (32 ans), ce boutiquier domicilié à Tenghory et déféré au parquet de Bignona pour pédophilie, actes contre nature et viols répétés sur mineurs. Il ressort de l'enquête que, le 12 octobre 2026, le commissaire de Bignona a été avisé par un tiers, préférant garder l'anonymat, d'un cas relatif à un acte contre nature qui serait perpétré par un boutiquier établi à Tenghory sur un mineur de 17 ans. Poursuivant sa déclaration, l'informateur a affirmé que le mis en cause est un prédateur sexuel, attiré par les jeunes garçons, qu'il appâtait dans son commerce en leur offrant des biens matériels ainsi que des denrées.
Accusations de viols sur mineurs
Aussitôt, sur instructions du procureur de la République de Bignona, un transport sur les lieux a été effectué aux fins d'investigations et d'interpellation. Sur place, les policiers ont recueilli le témoignage de la victime, M. Tall, en présence effective de son tuteur. Ainsi, il a affirmé qu'Amadou Diallo, après lui avoir offert un téléphone cellulaire de marque iPhone XR, l'a contraint d'entretenir avec lui des rapports sexuels. C'est dans ces circonstances qu'il l'a pénétré par voie anale. En outre, il a précisé que cette action s'est répétée à trois reprises dans la chambre d'Amadou Diallo, qu'il a parfaitement décrite. Pour finir, il a confirmé que, ce fameux jour, il avait laissé sa tablette électronique, sous tension, dans l'antichambre du mis en cause. La tablette a été retrouvée à cet endroit au moment de l'interpellation d'Amadou Diallo. Après lui avoir notifié son droit à un avocat, Amadou Diallo a été embarqué par les policiers puis conduit au commissariat. Lors de son audition, M. Tall a expliqué dans les détails que, courant juillet 2026, n'ayant pas les moyens de se payer un téléphone portable de marque XR, il a sollicité Amadou Diallo, le boutiquier du quartier, afin qu'il lui complète une somme d'argent pour qu'il puisse procéder à l'achat. C'est ainsi qu'il a remis à Amadou Diallo la somme de 20 000 Fcfa, et ce dernier lui avait fait savoir qu'il allait compléter le montant manquant pour l'achat de ce téléphone. C'est au mois d'août 2026, dit-il, que le boutiquier l'a invité dans sa chambre pour récupérer le téléphone. Lorsqu'il s'est rendu dans la boutique, le mis en cause l'a invité dans son antichambre. Quand il a demandé le téléphone à Amadou Diallo, ce dernier a refusé en lui proposant de coucher avec lui. Il a repoussé sa proposition, mais le mis en cause l'a contraint à coucher avec lui. C'est dans ces circonstances qu'il a été abusé sexuellement par voie anale, sans lubrifiant ni protection, avant qu'Amadou Diallo ne lui remette le téléphone portable. Interpellé sur le nombre de fois qu'il a eu à entretenir un rapport sexuel avec le mis en cause, M. Tall a déclaré : « Il a abusé de moi à cinq reprises. Le premier rapport sexuel remonte au mois d'août 2026, puis il y en a eu trois au mois de septembre et un le 12 octobre 2026. Tous ces rapports ont été faits à l'intérieur de sa boutique, aux heures de pause et parfois dans la soirée. » À la question de savoir s'il recevait de l'argent en contrepartie, M. Tall a soutenu que ce dernier lui offrait souvent à manger et qu'il avait peur de le dénoncer. Par ailleurs, il a cité d'autres victimes qui fréquentaient en même temps que lui la boutique du mis en cause. Dans la foulée, la dame F.K. Badiane, commerçante domiciliée à
Tenghory
, s'est présentée au commissariat pour apporter son témoignage sur les faits. Entendue, elle a soutenu que le mis en cause est son colocataire. Cependant, depuis un certain temps, elle a eu des soupçons sur le boutiquier qui est, selon elle, « un homosexuel qui est en train de détruire les jeunes du quartier », car il ne cessait de s'enfermer dans sa boutique avec les enfants. Durant ses heures de pause, il invite les petits garçons à l'intérieur de sa boutique pour abuser d'eux moyennant des sommes d'argent ou des biens matériels. Interpellée sur le cas de M. Tall, F.K. Badiane a déclaré qu'il passait son temps à l'intérieur de la boutique, ce qui a permis au mis en cause d'abuser de lui à maintes reprises. Par ailleurs, dit-elle, « il existe d'autres victimes, car ce ne sont que les petits enfants qui fréquentent sa boutique, notamment le nommé M. Tamba », qu'elle avait vu ressortir de la boutique du mis en cause en boitant. Pour finir, elle a soutenu qu'« Amadou Diallo est un prédateur sexuel et un habitué des faits ».
Autres témoignages et preuves
En exploitant le téléphone portable de marque Samsung Galaxy A17 du mis en cause, au niveau de sa galerie, les policiers ont découvert plusieurs photographies représentant de jeunes garçons, tous de potentielles victimes. Ces images ont été prises dans la boutique d'Amadou Diallo. L'exploitation de son WhatsApp a permis de relever la présence de plusieurs messages vocaux échangés entre M. Tall, O. Coly et Amadou Diallo. S'agissant de O. Coly, l'écoute de ces messages a fait apparaître des propos amoureux et affectueux comme « I love you too » et « je te porte au fond de mon cœur » entre les interlocuteurs. Concernant le nommé M. Tall, enregistré dans le téléphone d'Amadou Diallo sous le pseudonyme de « Lil Gordon », les messages avec le boutiquier sont sans équivoque. En effet, le mis en cause lui faisait souvent des avances en contrepartie de l'achat d'un iPhone ou du partage de ses repas, dans le seul but de l'appâter. Entendu, Amadou Diallo a reconnu les faits d'actes contre nature et de viols répétés sur mineurs, mais refuse les actes de pédophilie. En effet, il a reconnu avoir entretenu à plusieurs reprises des rapports sexuels par voie anale avec M. Tall. Tous ces rapports ont été faits dans sa boutique, au moment de ses heures de pause, sans lubrifiant ni protection. Interpellé sur son modus operandi, il soutient que M. Tall avait l'habitude de fréquenter sa boutique avec ses amis. Pour les appâter, il partageait sa connexion internet et son jeu virtuel dénommé « iFoot ». Parfois, il l'appelait aussi pour lui donner à manger ou pour lui acheter un bien, par exemple le téléphone portable de marque XR, qu'il a reconnu avoir payé à ses frais. Par contre, le mis en cause a soutenu que la victime a également abusé de lui une fois. Interrogé sur le cas de O. Coly, à qui il a envoyé des messages d'amour, il a soutenu que ce dernier est son neveu. Il est âgé de 16 ans et vit en Guinée-Bissau. Amadou Diallo a prétendu n'entretenir aucune relation amoureuse avec lui. Continuant leur enquête, les policiers ont entendu les autres présumées victimes identifiées. « Amadou Diallo a abusé de moi dans sa boutique tout en me menaçant avec une machette », a confié M. Tamba. Quant aux trois autres victimes, elles ont soutenu que le mis en cause leur faisait des attouchements sous prétexte de les relaxer, ainsi que des avances en disant : « Kayma niaff la diokhla 5000 » ; autrement dit, une proposition de coucher avec eux moyennant 5000 Fcfa. Interrogé sur les faits nouveaux, Amadou Diallo a reconnu avoir abusé sexuellement de M. Tamba. Il a déclaré avoir entretenu avec lui un rapport sexuel par voie anale à deux reprises, mais refuse catégoriquement les faits de menaces qui lui sont reprochés. En ce qui concerne les autres victimes, il soutient que, bien qu'elles fréquentent sa boutique, il n'aurait jamais abusé d'elles. Par ailleurs, il a réfuté les faits d'attouchements sexuels que ces dernières lui reprochent. À la question de savoir s'il a eu à abuser sexuellement d'autres victimes et s'il est affilié à un réseau d'homosexuels, le mis en cause a répondu : « J'ai été victime d'actes contre nature et de chantage en Côte d'Ivoire en 2022. C'est après que j'ai basculé. » En outre, une mise en présence a été effectuée entre le mis en cause et M. Tall sur le point de savoir si la victime a, une fois, pris l'initiative d'abuser sexuellement du mis en cause. Interpellé sur ce point, M. Tall a reconnu les déclarations du mis en cause, soutenant l'avoir abusé sexuellement une seule fois. En effet, il a argué que, ce jour-là, le mis en cause l'avait provoqué et qu'il a pris, de sa propre initiative, celle de changer les rôles en devenant, cette fois-ci, l'actif. Sur ce, dit-il, il s'est mis sur le dos du mis en cause pour entretenir avec lui un rapport sexuel par voie anale.
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About this article
- Length
- 1,512 words · 8 min read
- Published
- October 17, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews