Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ La Guinée-Bissau passe à un régime présidentiel par référendum
Abidjan, 2 sept 2026 (AIP)- Les Bissau-Guinéens ont approuvé le projet de réforme constitutionnelle qui propose de passer à un régime présidentiel fort pour remplacer le système semi-parlementaire, selon les résultats annoncés mardi 1er septembre 2026, par la présidente de la Commission nationale électorale du pays, Carmen Isaura Lobo. Le oui l’a emporté à « [...]
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Abidjan, 2 sept 2026 (AIP)- Les Bissau-Guinéens ont approuvé le projet de réforme constitutionnelle qui propose de passer à un régime présidentiel fort pour remplacer le système semi-parlementaire, selon les résultats annoncés mardi 1er septembre 2026, par la présidente de la Commission nationale électorale du pays, Carmen Isaura Lobo.
Le oui l’a emporté à « 70 % ». Le scrutin, qui s’est déroulé dimanche 31 août dans un climat politique tendu, précède de quelques mois les élections générales prévues le 6 décembre pour un retour des civils au pouvoir dans un climat politique tendu. L’opposition avait appelé à le boycotter.
Après le Zimbabwe, la Guinée, le Togo, l’Ouganda ou le Tchad ces dernières années, il s’agit du dernier exemple d’un pays africain qui a souhaité modifier ou changer sa Constitution pour étendre la durée des mandats, supprimer les limites d’âge ou renforcer les prérogatives du pouvoir exécutif.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, et suspendu le processus électoral. Le général Horta N’Tam, un proche de M. Embalo, a été désigné pour superviser une transition d’un an.
La présidente Carmen Isaura Lobo a qualifié le référendum de « succès obtenu grâce au professionnalisme des commissions régionales et des agents déployés dans les bureaux de vote ». Lors d’un point de presse, elle s’est félicitée de la « transparence et de la crédibilité » du processus référendaire, qui n’a pas suscité l’engouement.
L’opposition avait appelé à boycotter le référendum, notamment le PAIGC, parti historique qui a mené le pays à l’indépendance en 1974. Selon lui, « le référendum s’est déroulé dans un contexte de restriction des libertés publiques ».
Le projet de réforme constitutionnelle propose d’accorder au chef de l’Etat le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre, le gouvernement et de dissoudre le Parlement. L’objectif affiché par les autorités de transition est de stabiliser les institutions avant la présidentielle, en évitant les conflits entre la présidence et la primature, qui ont miné la Guinée-Bissau par le passé.
Ce pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest a connu cinq coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance.
La nouvelle Constitution abandonne l’ancien modèle où le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, ce qui avait donné lieu à des cohabitations difficiles, comme après les législatives de 2023.
Le président Embalo avait alors dissous le Parlement dominé par l’opposition en décembre 2023, à la suite de ce qu’il a présenté comme une tentative de putsch. Il a dirigé par ordonnances jusqu’à sa destitution en novembre 2025.
Une partie de la classe politique et de la société civile conteste avec véhémence la réécriture en profondeur de la Constitution par un pouvoir de transition non élu.
« Le système présidentialiste que la junte veut imposer va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Cela est dangereux pour notre démocratie », a récemment déclaré le président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, Boubacar Touré.
(AIP)
tls/zaar
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- 517 words · 3 min read
- Published
- September 2, 2026
- Byline
- Sonia TRA LOU