Cheveux longs à l’école : Hilaire Kamga dénonce une « pratique néocoloniale » après le drame de Nsam
Faut-il continuer à imposer les cheveux courts aux élèves camerounais au nom de la discipline scolaire ? Pour Hilaire Kamga, la question mérite d’être sérieusement examinée. Réagissant aux événements du lycée technique de Nsam, l’homme politique estime que certaines règles héritées du passé ne devraient pas être maintenues sans réflexion sur leurs conséquences. « Ce […]

Faut-il continuer à imposer les cheveux courts aux élèves camerounais au nom de la discipline scolaire ? Pour Hilaire Kamga, la question mérite d’être sérieusement examinée. Réagissant aux événements du lycée technique de Nsam, l’homme politique estime que certaines règles héritées du passé ne devraient pas être maintenues sans réflexion sur leurs conséquences. « Ce n’est pas parce que cette pratique néocoloniale de couper les cheveux existe qu’on doit nécessairement la faire perdurer. De mon point de vue, il faut aussi s’intéresser à ses conséquences, et c’est là que se situe le véritable problème », a-t-il déclaré sur le plateau de Canal Presse.
Selon lui, l’obligation de garder les cheveux courts durant toute la scolarité prive notamment les jeunes de la possibilité de découvrir et de valoriser leurs cheveux naturels. Il établit un lien entre cette pratique et le recours aux mèches et aux perruques à l’entrée à l’université. « Les enfants dont les cheveux sont maintenus courts depuis la maternelle jusqu’en classe de terminale ne connaissent pas véritablement le trésor qu’ils portent sur leur tête. Ils ne savent pas qu’ils peuvent utiliser différentes formes de tresses pour mettre en valeur leur beauté », a-t-il expliqué.
Sans remettre en cause la nécessité d’encadrer les élèves, Hilaire Kamga invite les responsables éducatifs à distinguer les exigences disciplinaires des choix liés à l’apparence physique. « Pour moi, la question disciplinaire est fondamentale et doit être respectée. Mais il est temps de poser la véritable problématique : les cheveux sont-ils réellement un problème de discipline ou de sagesse ? », s’est-il interrogé.
L’homme politique a également tenu à recentrer les discussions sur les circonstances du décès de l’élève, survenu à l’extérieur de l’établissement. Pour lui, les débats sur les cheveux ne doivent pas faire oublier les questions de sécurité routière et de réglementation du transport à moto. « La cause de la mort de ce garçon ne vient pas de l’établissement, ni de la manière dont la discipline y est appliquée, ni des cheveux. Il est mort dans la rue », a-t-il affirmé.
Hilaire Kamga estime notamment nécessaire de renforcer les contrôles sur les conducteurs de motos et les conditions dans lesquelles ils transportent des passagers. Il appelle parallèlement à examiner les limites de l’autorité des responsables scolaires, notamment lorsqu’il s’agit de refuser l’accès à un établissement pour des raisons liées à la coiffure. « On peut débattre de la manière dont elle est appliquée, des limites de l’autorité du proviseur et de la nécessité de laisser les enfants entrer dans l’établissement, avec ou sans cheveux longs », a-t-il ajouté.
Pour rappel, les incidents survenus au lycée technique de Nsam ont entraîné l’ouverture de procédures disciplinaires. Les élèves mis en cause ont été convoqués devant le conseil de discipline et s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion.
Follow the story
About this article
- Length
- 472 words · 2 min read
- Published
- October 26, 2026
- Byline
- LMZ
- Source
- Le Bled Parle