Autodétermination du peuple sahraoui : L’Algérie oppose le droit international aux calculs politiques
- Au Conseil de sécurité des Nations unies, l’Algérie a réitéré son attachement au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, dénonçant les tentatives d’imposer une solution politique prédéterminée au conflit du Sahara occidental. Dans le même contexte, la Russie a opposé son veto au projet de résolution présenté par les Etats-Unis sur le renouvellement du mandat de la Minurso, empêchant son adoption.*
Par Meriem B.
L’Algérie a réaffirmé avec fermeté sa position en faveur du droit du peuple sahraoui à disposer librement de son avenir, lors des débats du Conseil de sécurité de l’ONU consacrés à la question du Sahara occidental. Prenant la parole à cette occasion, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, l’ambassadeur Amar Bendjama, a rappelé que l’autodétermination demeure la «référence fondamentale» pour parvenir à un règlement juste et durable du conflit. Devant les membres du Conseil, le diplomate algérien a mis en garde contre toute démarche visant à contourner ce droit fondamental ou à imposer au peuple sahraoui une solution préétablie. Il a souligné que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne saurait être soumis à des marchandages politiques ni dépendre des rapports de force internationaux, dans la mesure où il constitue un principe consacré par la Charte des Nations unies et les résolutions pertinentes de l’Organisation. Pour Amar Bendjama, l’autodétermination représente la voie la plus claire, la plus sûre et la plus légitime, permettant à un peuple de choisir librement son avenir, sans contrainte ni tutelle. Il s’est notamment interrogé sur les raisons pour lesquelles certaines parties redouteraient de soumettre la question sahraouie à la volonté du peuple concerné. Dans son intervention, le représentant algérien a vivement critiqué les tentatives de transformer les négociations politiques en un mécanisme destiné à consacrer un résultat prédéterminé. Il a estimé qu’une véritable solution politique doit impérativement être juste, équilibrée et mutuellement acceptable, tout en reposant sur les principes du droit international. Il a également déploré que les réserves exprimées par l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario concernant le texte soumis au Conseil de sécurité n’aient pas été prises en considération. Une telle démarche, a-t-il averti, risque de vider le processus de négociation de sa substance et de le réduire à une simple formalité visant à légitimer une situation imposée sur le terrain. L’ambassadeur a, par ailleurs, rappelé qu’aucune puissance ne peut conférer à une puissance occupante des droits qu’elle ne détient pas légalement. L’occupation et l’annexion ne peuvent, selon lui, constituer une source de souveraineté ni un fondement juridique à l’acquisition de territoires. Il a ainsi dénoncé toute tentative de légitimer un fait accompli colonial au Sahara occidental, mettant en garde contre un précédent susceptible de fragiliser les fondements de l’ordre international et de consacrer la loi du plus fort au détriment du droit. Etablissant un parallèle avec la situation en Palestine, le diplomate algérien a dénoncé ce qu’il a qualifié de marchandage politique conclu au détriment du peuple palestinien et dont le peuple sahraoui serait, à son tour, appelé à supporter les conséquences. Il a insisté sur le fait que les droits des peuples palestinien et sahraoui ne constituent pas une marchandise négociable et que leur liberté ne saurait servir de monnaie d’échange dans des arrangements politiques dictés par les intérêts de puissances occupantes. Cette position traduit, selon lui, le refus de l’Algérie de toute approche qui ferait primer les considérations géopolitiques sur les principes universels de justice, de liberté et d’autodétermination. Abordant la situation humanitaire des réfugiés sahraouis, Amar Bendjama a rejeté toute tentative de réduire leur situation à de simples statistiques ou à des besoins alimentaires. Il a rappelé que les Sahraouis ne constituent pas uniquement une population réfugiée, mais un peuple disposant d’une identité, d’aspirations nationales et d’un droit légitime à la liberté et à l’autodétermination. Il a également alerté sur la dégradation des conditions de vie dans les camps de réfugiés, marquées notamment par la diminution des rations alimentaires et des niveaux préoccupants de malnutrition. Dans ce contexte, il a mis en garde contre toute instrumentalisation de l’aide humanitaire à des fins de pression politique ou de chantage, rejetant catégoriquement toute tentative de déplacement forcé présentée sous couvert de solutions humanitaires. L’Algérie, a-t-il rappelé, demeure profondément attachée au principe de l’autodétermination, un droit pour lequel elle a elle-même consenti d’immenses sacrifices au cours de sa lutte pour l’indépendance.
Le veto russe bloque le projet de résolution américain
Sur le plan diplomatique, la séance du Conseil de sécurité a été marquée par le veto de la Fédération de Russie contre le projet de résolution présenté par les États-Unis concernant le Sahara occidental. Le texte a recueilli onze voix favorables, tandis que la Russie a voté contre et que trois membres du Conseil se sont abstenus. En raison de ce veto opposé par un membre permanent, le projet de résolution n’a pas été adopté. A cette occasion, Amar Bendjama a exprimé les remerciements de l’Algérie à la Russie pour la présentation d’un projet de reconduction technique du mandat de la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Il a également salué les pays membres qui, selon ses termes, ont refusé de s’associer à une injustice et à une atteinte aux fondements de l’Organisation. Le représentant algérien a rappelé les raisons de la participation de son pays à cette réunion : sa qualité de pays voisin directement affecté par la persistance du conflit, son statut de pays hôte de centaines de milliers de réfugiés sahraouis auxquels il apporte assistance et protection, ainsi que son attachement, en tant qu’État membre de l’ONU, à la légalité internationale. Au terme de son intervention, Alger a réitéré son soutien à la poursuite des efforts internationaux en faveur d’un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant au peuple sahraoui l’exercice effectif de son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes de l’Organisation.
M. B.
L’Algérie regrette «profondément» le non-renouvellement du mandat de la Minurso :
Le Gouvernement algérien a regretté «profondément», hier, le non-renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara pccidental (Minurso).
M. O.
Opéra d’Alger : le président de la République a suivi le premier concert de l’orchestre philharmonique international d’Alger :
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, est arrivé, samedi soir, à l’Opéra d’Alger « Boualem Bessaïh » pour suivre le premier concert de l’orchestre philharmonique international d’Alger. Pour rappel, la décision de création de cet orchestre a été prise par le président de la République lors d’une réunion précédente du Conseil des ministres. Composé de 70 musiciens, l’orchestre philharmonique international d’Alger, supervisé par le ministère de la Culture et des arts, est dirigé par le maestro Amine Kouider.
APS
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- 1,120 words · 6 min read
- Published
- October 31, 2026
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- Le jour d'Algérie