Chagos : Navin Ramgoolan opte pour la « diplomatie tranquille »
Le Premier ministre Navin Ramgoolam assume son absence à la 81e Assemblée générale des Nations unies. Il estime avoir fait le bon choix. La raison qu’il en donne est, elle, révélatrice : s’y rendre l’aurait exposé à devoir répondre au président américain Donald Trump sur l’accord de rétrocession des Chagos. « Cela n’allait pas rendre service au pays », a-t-il expliqué hier soir, en marge d’un conclave médical à Balaclava, invoquant la « Quiet Diplomacy », l’art de négocier les dossiers sensibles à l’abri des projecteurs. L’argument a sa logique. Mais pour en juger, il faut le replacer dans la semaine qui venait de s’écouler, une semaine où, précisément, tout le monde a parlé fort, sauf Maurice.
21 septembre : un appel, deux récits
Tout part d’un entretien téléphonique entre Navin Ramgoolam et son homologue britannique, Andy Burnham. Deux communiqués suivent, et ils ne disent pas la même chose. Port-Louis annonce qu’Andy Burnham a « réitéré son engagement à continuer à tout mettre en œuvre, avec les États-Unis, pour la ratification du traité », et le remercie « de son soutien pour conclure cet épisode douloureux pour les Chagossiens ».
Downing Street, décrivant le même échange, n’évoque ni ratification ni traité : le Premier ministre s’engage à trouver « une voie à suivre qui sécurise le fonctionnement de la base et protège la sécurité nationale du Royaume-Uni ». D’un côté, un dossier qu’on referme ; de l’autre, un dossier qu’on rouvre.
22 septembre : Trump ne s’embarrasse pas de nuances
Le lendemain, à New York, en marge de cette même Assemblée générale que Navin Ramgoolam a choisi de bouder, Donald Trump reçoit Andy Burnham devant les caméras. Son verdict est sans appel : « Je ne le soutiens pas. Je pense que c’est terrible. C’était un accord terrible. » Plus tôt cette année, il avait parlé d’« un acte de grande stupidité ». Andy Burnham, lui, se borne à acquiescer, avant de résumer sa position : « J’ai hérité de cette situation et il nous faut une solution. »
Dans la foulée : Londres gèle tout
La machine britannique s’aligne aussitôt. Le secrétaire à la Défense, Wes Streeting, confirme que Londres réexamine l’accord — « parce que les États-Unis ne le soutiennent pas » — et que les versements à Maurice sont suspendus : aucune somme ne sera versée « à ce stade ». Sur le fond, son constat est net : « Cet accord, tel qu’il est actuellement constitué, ne peut aller de l’avant sans le soutien américain. » L’accord que Port-Louis présentait, la veille, comme sur le point d’aboutir était devenu, en quarante-huit heures, un dossier à renégocier.
Le vrai test se jouera à Londres
La méthode sera bientôt jugée sur pièces. Navin Ramgoolam se rend cependant dans la capitale britannique pour y rencontrer un haut responsable du gouvernement d’Andy Burnham. Si la discrétion parvient à sauver l’accord là où l’éclat l’aurait compromis, le pari sera gagnant. Si elle ne fait qu’accompagner en silence un texte que d’autres détricotent au grand jour, la question restera entière : la « diplomatie tranquille » était-elle une stratégie, ou simplement une manière élégante de n’être pas là quand les questions fâchent ?
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- Published
- September 25, 2026
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- beharee
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- IONNEWS