
C'est le ministre des Forces armées qui l'avait annoncée. Dans une interview accordée à Maimouna Ndour Faye, patronne de la 7TV, Yankhoba Diémé avait indiqué qu'à la prochaine réunion du Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye utiliserait aussi bien « le balai » que « le râteau ». Une manière à peine voilée de suggérer d'éventuels limogeages ou changements au sein de l'appareil d'État. Mais, avec Diomaye Faye, estime l'auteur de cette chronique, « il ne faut s'attendre à rien du tout et, en même temps, il faut s'attendre à tout ». Cette prophétie ministérielle trouve aujourd'hui son terrain d'application. Après trois mois d'interruption, le Conseil des ministres reprend ce mercredi 2 septembre, au lendemain même de l'accord jugé « historique » entre le Sénégal et le Fonds monétaire international. Un timing qui n'a rien d'anodin : la reprise intervient à un moment charnière, où l'exécutif doit à la fois traduire en actes l'accord bouclé avec le FMI et donner un signal politique fort après plusieurs semaines de flottement institutionnel. Si l'on se fie aux précédentes séances, l'hypothèse d'un vaste mouvement dans l'administration n'a rien d'improbable. Le président Faye a en effet pris l'habitude, lors des derniers Conseils des ministres, d'enchaîner limogeages et nominations à un rythme soutenu : 28 nominations actées fin juillet dans des secteurs aussi variés que les Finances, l'Énergie ou l'Enseignement supérieur, plusieurs directeurs généraux réputés proches de l'ancien Premier ministre
Ousmane Sonko
débarqués début juillet, sans compter les vagues successives touchant l'administration territoriale. Un rythme de valse des cadres qui a fini par s'imposer comme une marque de fabrique du magistère de Diomaye Faye. La question qui agite désormais les couloirs du Palais et de l'administration est donc de savoir si ce mercredi confirmera l'annonce du ministre des Forces armées. Le « balai », pour évacuer certains cadres jugés indésirables ou en délicatesse avec la nouvelle ligne gouvernementale ; le « râteau », pour réorganiser plus largement certains postes stratégiques. Reste à savoir quels ministères et quelles directions générales seront concernés, dans un contexte où l'exécutif doit également composer avec les exigences de rigueur budgétaire imposées par le FMI — un facteur qui pourrait peser autant sur les choix d'hommes que sur les orientations de politique publique qui seront données à l'issue de cette réunion. Réponse à suivre dans les prochaines heures, à l'issue du communiqué officiel du Conseil des ministres.
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