L’ANEP fait vivre l’héritage d’une grande figure de la littérature algérienne
La cérémonie de la 8e édition du Grand Prix Assia-Djebar du Roman se tiendra jeudi 8 octobre 2026 au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, à Alger. Initié et organisé par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), ce rendez-vous littéraire s’est progressivement imposé comme un événement majeur de la scène culturelle algérienne. Organisé […] L’article L’ANEP fait vivre l’héritage d’une grande figure de la littérature algérienne est apparu en premier
La cérémonie de la 8e édition du Grand Prix Assia-Djebar du Roman se tiendra jeudi 8 octobre 2026 au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, à Alger. Initié et organisé par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), ce rendez-vous littéraire s’est progressivement imposé comme un événement majeur de la scène culturelle algérienne.
Organisé tous les deux ans, le Grand Prix distingue les meilleures œuvres romanesques publiées en arabe, en tamazight et en français. À travers cette initiative, l’ANEP affirme son engagement en faveur du livre, de la lecture et de la création littéraire, tout en offrant une visibilité accrue aux écrivains algériens et à la diversité de leurs productions. Au fil des éditions, le prix s’est ainsi affirmé comme un espace de rencontre entre les auteurs, les professionnels du livre, les universitaires et les lecteurs. Il contribue également à mettre en lumière la vitalité du roman algérien contemporain et les différentes sensibilités qui traversent la création littéraire nationale.
155 romans en compétition
Pour cette 8e édition, neuf romans ont été retenus parmi les 155 œuvres soumises au jury dans les trois langues. Trois ouvrages ont été sélectionnés dans chacune des catégories, témoignant de la diversité et de la richesse de la production romanesque algérienne. En arabe, les finalistes sont ‘’A’rach Ed’dem’’ de Hocine Aalam,
‘’Er’rafraf’’ de Sarah Mohamed Maariche et ‘’Aam Ar-rehma’’ de Khier Chouar.
Dans la catégorie amazighe figurent
‘’D Asderfef’’ de Chabha Ben Gana, ‘’Tighri n Tudert’’ de Siham Harikenchikh et ‘’Aggus’’ de Farida Sahoui. Pour la littérature francophone, le jury a retenu ‘’Partout le même ciel’’ de Hajar Bali, ‘’Aménorrhée’’ de Sarah Haidar et ‘’Ce que la mort m’a pris de toi’’ de Hosni Kitouni.
Les œuvres sélectionnées abordent notamment la mémoire, l’histoire, les mutations de la société et les questions identitaires. Le roman historique occupe également une place importante dans cette sélection, illustrant l’intérêt persistant des écrivains pour les grandes périodes et les transformations qui ont marqué l’histoire du pays.
La diversité des thèmes et des approches retenus rappelle, par ailleurs, que le roman demeure un espace privilégié pour interroger le présent, revisiter le passé et donner une voix aux différentes expériences individuelles et collectives.
Un jury aux profils multiples
Dévoilée le 14 septembre dernier à Alger, la sélection finale a été établie par un jury présidé par le poète et traducteur Miloud Hakim. Celui-ci réunit des écrivains, universitaires, chercheurs et spécialistes de la littérature algérienne, parmi lesquels Mustapha Madi, Hamid Bouhabib, Maïssa Bey, Cherif Meribai, Meriem Guemache, Leïla Hammoutène, Ahcene Mariche, Kouceila Alik et Idir Bellali.
Cette diversité des profils permet de porter différents regards sur les œuvres présentées et de consacrer des textes qui reflètent la richesse de la création littéraire algérienne contemporaine.
La composition du jury traduit également la volonté d’inscrire le prix dans une démarche à la fois littéraire et culturelle, en tenant compte de la qualité des textes, de leur portée artistique ainsi que de leur capacité à interroger les réalités de la société algérienne.
Assia Djebar, un nom
qui porte une histoire
Le choix de donner à ce prix le nom d’Assia Djebar revêt une forte portée symbolique. Née Fatma-Zohra Imalhayène en 1936 à Cherchell, l’écrivaine a profondément marqué la littérature algérienne et internationale. Romancière, historienne, enseignante, universitaire et cinéaste, elle a construit une œuvre majeure autour de la mémoire, de l’histoire de l’Algérie, de la condition des femmes, de l’identité et des rapports entre les langues et les cultures. Parmi ses œuvres les plus connues figurent notamment ‘’La Soif’’, ‘’Les Enfants du Nouveau Monde’’, ‘’L’Amour, la Fantasia’’, ‘’Ombre sultane’’, ‘’Loin de Médine’’, ‘’Vaste est la prison’’, ‘’Le Blanc de l’Algérie’’ et ‘’La Femme sans sépulture’’.
Traduites dans plusieurs langues, ses œuvres lui ont assuré une reconnaissance internationale. Son élection à l’Académie française en 2005 a consacré un parcours exceptionnel et une contribution majeure à la littérature.
Son œuvre demeure particulièrement importante par la place qu’elle accorde aux voix longtemps marginalisées, notamment celles des femmes, mais aussi par sa manière de faire dialoguer l’histoire, la mémoire individuelle et la mémoire collective. C’est précisément cette capacité à faire de la littérature un espace de transmission qui donne au prix portant son nom une dimension particulière.
L’ANEP, initiatrice et porteuse
de la transmission
En initiant le Grand Prix Assia-Djebar du Roman, l’ANEP ne se limite pas à rendre hommage à une grande écrivaine. Elle fait de son héritage un élément vivant de la création littéraire contemporaine. Le prix permet ainsi de rapprocher les générations. Il rappelle aux jeunes lecteurs et aux jeunes écrivains l’importance d’Assia Djebar, tout en leur permettant de découvrir une œuvre qui continue de résonner avec les grandes questions de la société algérienne.
Cette démarche est essentielle pour que la mémoire littéraire ne reste pas figée dans les livres d’histoire. Elle doit continuer à circuler, à être lue, commentée et réinterprétée.
En associant le nom d’Assia Djebar aux écrivains d’aujourd’hui, l’ANEP crée précisément ce lien entre patrimoine et création. Le prix apparaît ainsi comme un outil de transmission culturelle, mais également comme un moyen de rappeler que les grandes œuvres du patrimoine national peuvent continuer à nourrir la création contemporaine et à inspirer de nouvelles générations d’auteurs.
Soutenir les écrivains et le livre algérien
Au-delà de la récompense, le Grand Prix constitue également un instrument de promotion du livre et de la lecture. En organisant régulièrement cette manifestation, l’ANEP contribue à donner davantage de visibilité aux auteurs et à mettre en avant la diversité des écritures algériennes.
Le fait de consacrer trois catégories à l’arabe, au tamazight et au français constitue également un signal fort en faveur de la diversité linguistique de la littérature nationale.
Les trois espaces d’expression sont réunis autour d’un même objectif : célébrer le roman algérien dans toute sa richesse. Cette ouverture linguistique permet également de montrer la pluralité des voix qui composent le paysage littéraire national. Elle offre aux auteurs un cadre commun de reconnaissance, tout en préservant les spécificités propres à chaque langue et à chaque tradition littéraire.
Une continuité depuis 2024
La précédente édition, organisée en 2024, avait récompensé Inam Beyoud pour ‘’Houaria’’ dans la catégorie arabe, El Hachemi Kerrache pour ‘’1954, Talalit n ussirem’’ en amazigh et Abdelaziz Otmani pour ‘’La lune en miettes’’ en français. La 8e édition s’inscrit dans cette continuité et confirme la volonté de faire du Grand Prix un rendez-vous durable de la vie culturelle nationale. La régularité de l’événement permet également d’accompagner, dans le temps, l’évolution de la création romanesque algérienne et de constituer progressivement une véritable mémoire du roman contemporain.
Faire vivre une œuvre
pour les générations futures
La cérémonie du 8 octobre sera donc bien plus qu’une simple remise de prix. Elle constituera un moment de célébration de la littérature algérienne, de ses auteurs et de sa diversité.
À travers le Grand Prix Assia-Djebar du Roman, l’ANEP affirme surtout une ambition : accompagner la création contemporaine tout en préservant et en transmettant l’héritage d’une grande figure de la littérature algérienne.
Honorer Assia Djebar, c’est aussi continuer à la faire lire, à faire découvrir son parcours aux nouvelles générations et à rappeler que la littérature demeure l’un des moyens les plus puissants de transmettre la mémoire d’un pays. C’est également reconnaître le rôle du livre dans la construction du dialogue entre les générations et dans la compréhension des transformations de la société.
Ainsi, d’édition en édition, le prix crée un véritable trait d’union entre les écrivains d’hier et ceux d’aujourd’hui, entre mémoire et création, entre héritage et renouvellement. Il contribue de cette manière à inscrire durablement la littérature algérienne dans la continuité de son histoire culturelle, tout en encourageant les nouvelles voix à poursuivre cette œuvre de création et de transmission.
Correspondance particulière
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- 1,302 words · 7 min read
- Published
- October 7, 2026
- Byline
- Rédaction LNR