À l’ONU, Ramful dit « non négociable » — au moment où l’accord vacille
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Devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, ce samedi 26 septembre, le ministre des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful, a passé en revue les grands dossiers de la diplomatie mauricienne. Mais c’est un mot, sur un sujet, qui retiendra l’attention : « non négociable » appliqué à la souveraineté de Maurice sur les Chagos, et prononcé précisément au moment où l’accord censé la concrétiser est remis en question à Londres.
Un tour d’horizon, une priorité
Le ministre a d’abord déroulé l’agenda mauricien : la souveraineté sur les Chagos, la revendication sur Tromelin, la réforme du Conseil de sécurité, la Palestine, le financement climatique, l’intelligence artificielle, et l’accès difficile des petits États insulaires aux financements internationaux. Prenant la parole au nom de Maurice, il s’est interrogé sur la capacité d’une ONU née de l’après-Seconde Guerre mondiale à répondre aux réalités du XXIe siècle, estimant que les pays en développement risquent d’être davantage laissés pour compte face aux avancées technologiques et demeurent sous-représentés dans l’architecture financière mondiale.
Chagos : le mot qui engage
C’est toutefois sur l’archipel des Chagos que le ministre s’est montré le plus catégorique. « J’en viens maintenant à une question qui, pour Maurice, est non négociable. Elle concerne notre souveraineté sur les îles Chagos », a-t-il déclaré. Il a présenté l’accord signé avec le Royaume-Uni en mai 2025 comme la preuve que le multilatéralisme et les juridictions internationales peuvent régler pacifiquement les différends et achever la décolonisation de Maurice. À l’appui, il a rappelé les résolutions de l’Assemblée générale, les conclusions du Tribunal international du droit de la mer et l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, appelant à corriger « sans délai » cette « injustice historique ».
Non négociable
Sur le principe, la position est solide et ancienne : la souveraineté mauricienne s’appuie sur un socle juridique international réel. Mais la fermeté du ton, cette semaine, se heurte à un décalage difficile à ignorer. Car l’accord que le ministre cite en exemple n’est, à ce jour, ni ratifié ni financé. Quelques jours plus tôt, le gouvernement britannique confirmait le réexaminer « parce que les États-Unis ne le soutiennent pas », et gelait les versements prévus à Maurice ; le président américain Donald Trump l’avait qualifié de « terrible » ; et le Premier ministre britannique Andy Burnham ne parlait plus de ratification, mais d’« une voie à suivre ».
Le principe et le texte
Il y a là toute la nuance que le discours ne dissipe pas. Ce qui vacille cette semaine n’est pas la souveraineté comme principe — personne, à Londres ou à Washington, ne la conteste frontalement — mais le traité censé la rendre effective, dont l’une des parties vient de rouvrir la discussion. Déclarer la souveraineté « non négociable » à la tribune de l’ONU réaffirme une ligne juste ; encore faut-il que l’accord qui doit la traduire dans les faits survive à sa renégociation. Entre le principe proclamé à New York et le texte suspendu à Londres se loge, une fois de plus, l’écart entre ce que Maurice tient pour acquis et ce qui l’est réellement.
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- Published
- September 26, 2026
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- IONNEWS