
Firmin BAKABE est le Président de l'Association de Promotion de la Démocratie, le Développement Économique et Social et de la Protection des Droits de l'Homme au Cameroun et en Afrique.
Voici sa tribune libre sur un sujet d'actualité prégnant ces jours au Cameroun.
« La calomnie, c’est le propre des âmes basses », écrivait Molière. Cette sentence du XVIIe siècle trouve en 2026 un écho singulièrement camerounais, à l’heure où les équilibres se recomposent et où chaque nomination devient prétexte à bataille d’influence.
Depuis plusieurs semaines, le nom d’Oswalde BABOKE, Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République, est traîné dans la boue médiatique. On l’accuse, on l’imagine, on le condamne. Mais que dit la réalité ? Rien. Ou plutôt, le contraire.
I. Le Tribunal Criminel Spécial : Le silence des faits contre le bruit des réseaux
Oswalde BABOKE n’a jamais été auditionné au Tribunal Criminel Spécial au sujet d’une quelconque affaire de trafic d’or.
C’est un fait. Pas une opinion. Le TCS, juridiction d’exception, tient des registres, des procès-verbaux, des actes. Le nom de M. BABOKE n’y figure dans aucune procédure relative à l’or.
Pourtant, la rumeur a fait son œuvre. Alexis de Tocqueville l’avait vu : « Dans les temps d’égalité, les hommes se méfient aisément les uns des autres, parce que chacun voyant des choses semblables à soi, croit pénétrer sans effort le secret de tous. » Dans un contexte de repositionnement, on prête à l’un les fautes qu’on cherche à coller à un camp.
On ne peut fonder une République sur le "on dit". Montesquieu le rappelait : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. » Convoquer un homme devant l’opinion sans l’avoir convoqué devant la loi, c’est précisément exercer cette tyrannie.
** II. Le Décret de Nomination : Une paternité usurpée **
Oswalde BABOKE n’est pas l’auteur du fameux décret nommant un Vice-Président de la République.
La signature des actes présidentiels relève d’une compétence, d’un circuit et d’une responsabilité constitutionnelle strictement encadrés. L’imputer à un Directeur Adjoint de Cabinet, c’est ignorer l’architecture de l’État pour mieux désigner un bouc émissaire commode.
Dans les périodes de haute tension institutionnelle, la simplification devient arme. On désigne un technicien pour masquer un affrontement entre courants. Victor Hugo l’avait compris : « La calomnie est une bombe dont le mécréant allume la mèche et jette aux pieds d’un honnête homme. »_ La mèche a été allumée. La bombe médiatique a explosé. Seule manque la preuve.
**III. La Cabale : Quand les luttes d’influence prennent un visage **
Que reste-t-il alors ? Une cabale médiatique orchestrée contre un homme dont la réputation est celle d’un serviteur de l’État, discret et travailleur.
La subtilité de l’attaque dit beaucoup de son objet. Oswalde BABOKE n’est pas visé pour ce qu’il aurait fait, mais pour la place qu’il occupe : au cœur du dispositif, proche des décisions, loyal à l’institution plutôt qu’à une chapelle. Dans le jeu discret que constituent les recompositions actuelles autour de l’avenir du pays, les courants qui s’affrontent pour l’orientation de demain n’aiment pas les profils qui ne doivent rien à leurs réseaux.
On le frappe parce qu’il ne répond pas aux injures, parce qu’il choisit le silence du travail contre le vacarme des plateaux. Parce qu’il incarne une compétence technique et une loyauté institutionnelle qui dérangent ceux qui parient sur la division plutôt que sur la continuité de l’État.
Aristote disait : « L’homme de bien ne se venge pas, il se réforme. » Monsieur BABOKE se réforme dans son labeur. Ceux qui l’attaquent se contentent de se répéter, espérant qu’à force d’écho, la rumeur devienne vérité.
**Conclusion : La République contre la rumeur **
Il est temps de le dire avec force : on ne bâtit pas une nation en assassinant les réputations. On ne prépare pas l’avenir en brûlant les serviteurs de l’État au nom d’intérêts de clan. On ne sert pas la justice en violant la présomption d’innocence sur la place publique.
Oswalde BABOKE n’a pas été auditionné au TCS pour l’or. Il n’est pas l’auteur du décret sur le Vice-Président. Le reste n’est que bruit.
Et contre le bruit, contre les calculs, contre les clans, il n’y a qu’une arme : la vérité.