Seule une dizaine de lanceurs M142 HIMARS promis au Maroc figurent pour l’instant dans les commandes fermes de l’armée américaine pour 2027, alors que Washington en avait autorisé dix-huit en 2023. Cette information provient d’un cahier des charges publié sur la plateforme fédérale américaine des marchés publics, qui organise la prise en charge logistique du ... Lire la suite
Seule une dizaine de lanceurs M142 HIMARS promis au Maroc figurent pour l’instant dans les commandes fermes de l’armée américaine pour 2027, alors que Washington en avait autorisé dix-huit en 2023. Cette information provient d’un cahier des charges publié sur la plateforme fédérale américaine des marchés publics, qui organise la prise en charge logistique du matériel destiné à plusieurs pays alliés.
Le texte fixe, pour l’année budgétaire à venir, les modalités de stockage, d’inspection et d’entretien des lanceurs Himars et M270 avant leur remise aux forces étrangères bénéficiaires. Pour le lot marocain, il prévoit des essais périodiques tous les trente à soixante jours ainsi que l’envoi de deux techniciens américains, chacun mobilisé deux semaines en 2027.
Cette liste des matériels « sous contrat » associe le Maroc à trois autres clients : l’Australie, créditée de vingt-deux unités, Taïwan, avec dix-huit lanceurs, et l’Italie, qui n’en reçoit que sept. Une distinction est faite avec les commandes encore «* pas sous contrat *», dont les échéances restent à définir avec Lockheed Martin, le fabricant.
Le différentiel avec l’autorisation américaine initiale reste entier. En avril 2023, le Département d’État avait donné son feu vert à une vente plafonnée à 524,2 millions de dollars, portant sur dix-huit lanceurs, quarante missiles M57 Atacms et soixante-douze roquettes guidées. Un tel accord fixe un maximum négociable et non une quantité garantie : le nombre réellement acheté peut évoluer à la baisse selon les besoins et les capacités de production. Rien dans le nouveau document ne permet de savoir si les dix lanceurs actuels représentent une première livraison partielle, le volume total finalement retenu, ou un sous-ensemble nécessitant spécifiquement ce type de prestation logistique.
Cette montée en puissance militaire suit une séquence diplomatique amorcée en décembre 2020, lorsque Washington a reconnu la marocanité du Sahara en échange de la normalisation des relations entre Rabat et Israël au titre des accords d’Abraham. Ce basculement a ouvert au royaume un double accès aux technologies militaires américaines et israéliennes : drones Heron et Harop, système antimissile Barak MX réceptionné en 2023, projets d’usines d’armement communes.
Ce triple ancrage diplomatique et militaire — Washington, Tel-Aviv, Rabat — distingue le Maroc de l’Algérie, restée hors des accords d’Abraham et tournée vers un armement essentiellement russe et chinois. Alger a plusieurs fois dénoncé ce qu’elle qualifie d’installation de *« l’entité sioniste *» à ses frontières, tandis que les Forces armées royales combinent désormais artillerie longue portée américaine, défense antiaérienne israélienne et matériel français.
Le volet missiles suit une trajectoire contractuelle distincte : en juillet 2024, l’armée américaine a confié à Lockheed Martin un marché de 226,85 millions de dollars pour des Atacms, partagé entre cinq pays dont le Maroc, sans détail financier par client. L’échéance de ces travaux est fixée à fin décembre 2028.
Les lanceurs seront entreposés près du dépôt militaire de Red River, au Texas, sur plus de 13 500 m² d’espaces couverts. Aucune date d’essai n’est encore arrêtée pour les dix exemplaires marocains ; la programmation 2027 se borne à prévoir les moyens humains nécessaires à ces contrôles.
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