Touba, 28 août 2026 (AIP) – Le préfet de région du Bafing, préfet du département de Touba, Kouakou Yao Dinard, a engagé, jeudi 27 août 2026, les autorités administratives, les élus, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services techniques dans une réflexion concertée sur la lutte contre l’orpaillage illégal dans la [...]
Touba, 28 août 2026 (AIP) – Le préfet de région du Bafing, préfet du département de Touba, Kouakou Yao Dinard, a engagé, jeudi 27 août 2026, les autorités administratives, les élus, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services techniques dans une réflexion concertée sur la lutte contre l’orpaillage illégal dans la région.
Cette séance de travail, tenue à la préfecture de Touba, s’inscrit dans le cadre de la préparation d’un prochain atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, qui devrait être organisé par le Conseil national de sécurité (CNS).
Pour le préfet, l’orpaillage clandestin constitue « un fléau pour notre pays », en raison de ses conséquences environnementales, économiques, sociales et sécuritaires. « Ce phénomène, quoique permettant à certains de s’enrichir, est un fléau pour la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré, dénonçant notamment la pollution des cours d’eau, la destruction de la faune et de la flore aquatiques et l’appauvrissement des terres agricoles.
Il a également relevé le paradoxe économique de cette activité, soulignant que l’État ne bénéficie pas des retombées de l’or extrait clandestinement, alors qu’il doit mobiliser d’importantes ressources pour démanteler les sites, restaurer les espaces dégradés et faire face aux conséquences sanitaires de la pollution.
Le commandant de la compagnie de gendarmerie territoriale de Touba, Affechi Judaël, a notamment signalé plusieurs villages affectés dans la sous-préfecture de Foungbesso. Il a indiqué qu’une phase de sensibilisation avait été engagée et que les opérations de démantèlement se poursuivaient.
Il a dénoncé l’implication présumée de certains acteurs locaux dans l’installation de sites clandestins, notamment des chefs de village, chefs de terre, présidents de jeunes et propriétaires terriens, ainsi que l’existence de circuits d’approvisionnement en équipements et produits, dont les motopompes et le mercure.
Le sous-préfet de Foungbesso, Aka N’djoré, a fait état de 118 déguerpissements et du démantèlement de plusieurs foyers d’orpaillage clandestin, notamment à Fakolo, Gbogbosso, Depanon, Gouela, Mamouesso, Koungo, Wayangoro et Dasso.
À Wayangoro, une opération a permis, selon lui, de découvrir 16 bouteilles de gaz et des concasseurs utilisés dans l’exploitation aurifère clandestine.
Plusieurs intervenants ont plaidé pour une implication accrue des populations. « Les élus locaux seuls ne peuvent pas endiguer ce fléau. Il faut l’implication de toutes les couches, de toutes les entités », a soutenu l’imam Fofana Soualiho.
Le deuxième vice-président du Conseil régional du Bafing, le professeur Kanvaly Fadiga, a proposé la réalisation d’une cartographie des sites d’orpaillage clandestin afin de mieux cibler les actions de sensibilisation et les opérations de répression.
Le directeur départemental des Mines et de la Géologie de Touba, Didi Dibouahi Julbert, a pour sa part cité plusieurs zones touchées depuis 2024, notamment Kasso, Goh, Koungo, Fakoloh, Wayangoro, Mamouesso, Tiegounisso, Depanon, Tiekourasso et Gouela.
(AIP)
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