Gabon/Congrès de l’UN : un événement aux enjeux de renouvellement du bureau
LIBREVILLE, le 23 septembre 2026 (AGP)- L’Union nationale (UN) s’apprête à organiser son congrès ordinaire, marqué par l’enjeu majeur du renouvellement de l’équipe dirigeante. Le secrétaire exécutif de la formation politique dirigée par Paulette Missambo, Dr Minault Maxime Zima Ebeyard, s’est exprimé sur cet événement en répondant aux questions de l’Agence gabonaise de presse. AGP: Le congrès ordinaire de l’Union nationale se prépare. Quelle est la date retenue pour ce rendez-vous et quel est so
LIBREVILLE, le 23 septembre 2026 (AGP)- L’Union nationale (UN) s’apprête à organiser son congrès ordinaire, marqué par l’enjeu majeur du renouvellement de l’équipe dirigeante. Le secrétaire exécutif de la formation politique dirigée par Paulette Missambo, Dr Minault Maxime Zima Ebeyard, s’est exprimé sur cet événement en répondant aux questions de l’Agence gabonaise de presse.
AGP: Le congrès ordinaire de l’Union nationale se prépare. Quelle est la date retenue pour ce rendez-vous et quel est son principal enjeu ?
Dr Minault Maxime Zima Ebeyard : Vous savez que l’organisation d’un congrès pour un parti comme le nôtre est une entreprise lourde et coûteuse. C’est pour cela que nous avons mis en place un comité d’organisation. Ce comité, qui est dirigé par Mme Flavienne Adiahenot, rendra ses conclusions au Bureau national le 30 septembre 2026, et c’est à la suite de ce bilan que le Bureau national fixera la date du congrès. Toutefois, nous souhaitons que ce congrès se tienne avant décembre 2026.
C’est un congrès ordinaire ; son ordre du jour est clair et fixé par nos statuts : élire l’équipe dirigeante du parti. Il nous sera bien évidemment difficile de faire l’impasse sur un regard critique sur notre participation à la Transition et aux élections générales.
Après la Transition et l’installation des nouvelles institutions de la Ve République, quelle est aujourd’hui la ligne politique de l’Union nationale : parti d’opposition, force politique indépendante ou formation susceptible de travailler avec l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ?
L’Union nationale a soutenu la candidature de M. Oligui Nguema Brice Clotaire, qui a été élu président de la République. C’était une résolution de notre congrès extraordinaire de mars 2025. Soutenir le président actuel est pour notre parti une question de cohérence. Il nous serait donc difficile de faire un autre choix que celui d’accompagner sa politique. Nous sommes donc disposés, sans renoncer à ce que nous sommes, à travailler, si nécessaire, avec toutes les forces qui soutiennent la politique du chef de l’État.
Nous sommes une force politique libre et indépendante, qui apporte son soutien au président de la République.
Lors des élections de 2025, l’Union nationale a obtenu quatre sièges à l’Assemblée nationale et deux au Sénat. Comment la direction du parti analyse-t-elle ces résultats : correspondent-ils aux objectifs que vous vous étiez fixés ?
Un parti politique de notre taille va à une élection pour la gagner. Nous vivons cette faible moisson comme un échec, et nous ne chercherons aucune excuse. Mais à l’Union nationale, nous savons faire beaucoup avec peu : nous avons de la qualité. Nous saurons faire entendre notre voix pour soutenir les efforts du président de la République.
Le congrès devrait également poser la question de la gouvernance du parti. Des personnalités nouvelles émergent-elles pour accéder aux responsabilités, notamment à la présidence, ou l’UN entend-elle privilégier la continuité autour de l’équipe dirigeante actuelle ?
À l’Union nationale, le renouvellement ne sera jamais une question biologique ; il reste une question idéologique et d’engagement. Nous devons d’abord nous assurer que nous partageons encore un socle idéologique commun, que nous avons encore la même ambition pour notre pays et que nous partageons toujours les mêmes valeurs. Ensuite seulement, nous choisirons la personne apte à porter notre combat durant les quatre prochaines années. Mais plus qu’un homme ou une femme, notre projet doit être porté par une équipe. Le plus important, c’est que le processus de désignation soit clair et démocratique.
Le ministère de l’Intérieur a lancé un processus de réforme du cadre juridique des partis politiques au Gabon. Pour certains observateurs, cette réforme est un recul démocratique. Partagez-vous cette affirmation ?
À l’Union nationale, nous partageons pleinement cet avis : nous sommes contre tout ce qui tend à restreindre l’espace démocratique ou les libertés publiques. Nous pensons qu’aucune restriction ne doit être faite quant à la création de partis politiques. L’État doit, en revanche, durcir les conditions dans lesquelles il accompagne financièrement les partis politiques. Regardez la France aujourd’hui : les deux forces politiques en tête des sondages pour la présidentielle de 2027 sont le RN et La France insoumise. Elles sont aussi majoritaires au Parlement français. Si M. Mélenchon et M. Le Pen avaient été confrontés à la loi actuelle au Gabon à la création de leurs partis respectifs, ceux-ci n’auraient jamais vu le jour. La création d’un parti politique est une aventure qui vaut par l’incertitude quant à sa capacité à faire prospérer ses idées et à fédérer les citoyens autour de son projet. Un parti naît, grandit et meurt. Quelle que soit la taille d’un parti politique, sa parole ne peut lui être retirée sans que cela n’affecte négativement le débat public.
L’Union nationale salue les choix prioritaires du gouvernement et les efforts qui sont faits dans tous les domaines afin de rendre plus supportable le quotidien de nos concitoyens. Nous saluons surtout la capacité des dirigeants, principalement du président de la République, à veiller personnellement au suivi des travaux afin de s’assurer de leur réalisation effective. C’est une attitude pragmatique qui mérite d’être relevée.
Il nous faut toutefois comprendre la profondeur et la complexité de la situation dans laquelle a été plongé notre pays et à laquelle est confronté le gouvernement actuel. Je comprends aussi l’impatience de nos compatriotes qui, naturellement, demandent que tout soit fait et tout de suite.
Solidaires de l’action du gouvernement, nous disposons de canaux pour dire ce qu’il faut corriger, ce qui peut parfois donner l’impression que l’Union nationale est aphone. Au sortir du congrès, nous ne manquerons pas de transmettre aux autorités le regard de notre parti sur ce qui est fait et notre vision de ce qui peut être fait.
TYM/FE/CBM/AGP
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- September 23, 2026
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