Macron hésite à choisir un héritier !
Réticences Il semble difficile pour un président sortant de jeter son dévolu sur un candidat qui fait tout pour faire oublier sa relation et son implication dans la politique de Macron. Lors de sa dernière intervention médiatique, Emmanuel Macron avait soigneusement évité de se prononcer sur le profil du candidat qu’il va soutenir. Et même […]
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**Réticences **
Il semble difficile pour un président sortant de jeter son dévolu sur un candidat qui fait tout pour faire oublier sa relation et son implication dans la politique de Macron.
Lors de sa dernière intervention médiatique, Emmanuel Macron avait soigneusement évité de se prononcer sur le profil du candidat qu’il va soutenir. Et même si la question était brûlante et dans les esprits, les deux journalistes ont volontairement choisi de ne pas le pousser dans sa réponse. Comme si une entente préalable avait été scellée pour ne pas évoquer cette question cruciale. Qui des multiples candidats qui font la course à la présidentielle Emmanuel Macron va-t-il soutenir?
Ironie de l’histoire, aucun des deux candidats proches de Macron, pour avoir été son Premier ministre, Édouard Phillipe ou Gabriel Attal, tous les deux confrontés au droit d’inventaire, ne semble enthousiaste à endosser son bilan et à le vendre comme un héritage positif.
Edouard Phillipe, le Premier ministre de Macron avait quitté son poste remonté et déçu du président de la République. E. Phillipe était revenu à son bastion Le Havre couver son amertume. Même si publiquement il ne s’est jamais livré à une attaque frontale et destructrice de la gouvernance Macron, il n’a jamais réellement caché ses aigreurs et se préparait tranquillement à succéder à Macron. Quand la presse évoquait le sort d’Edouard Philippe c’était pour tenter de savoir s’il avait réussi à casser l’armure de sa fidélité supposée à Macron.
Gabriel Attal, l’autre Premier ministre de Macron avant Sébastien Lecornu et autre candidat à la présidentielle, est en train de se débattre pour savoir s’il doit afficher une rupture nette avec le bilan Macron ou en défendre quelques réalisations. Son incapacité à s’imposer dans les sondages vient justement de cette zone grise d’où il ne peut sortir. D’autant plus que ses relations personnelles avec Emmanuel Macron ont été quelque peu abîmées à cause de la décision du président de dissoudre l’Assemblée nationale et d’appeler à des Législatives anticipées sans avoir ni consulté ni informé Gabriel Attal.
Ce drame politique avait laissé des traces dans la relation entre les deux hommes. Parce que Attal est la création politique de Macron qui lui a donné sa chance aussi bien en lui confiant le poste de Premier ministre que celui de patron du Parti Renaissance, Gabriel Attal semble bridé dans son expression politique. Ou il procède à une rupture avec l’ère Macron et il apparaît aux yeux du public comme un renégat ingrat. Ou il assume le bilan de Macron et il incarne une continuité en totale incompatibilité avec la soif de changement et d’alternative ressentie par les sondages dans l’opinion des Français.
Ce sont ces réticences à l’égard du bilan de Macron exprimées à la fois par Édouard Phillipe et Gabriel Attal qui expliquent pour quelles raisons Emmanuel Macron n’a pas encore choisi le candidat qu’il va parrainer. Il semble difficile pour un président sortant de jeter son dévolu sur un candidat qui fait tout pour faire oublier sa relation et son implication dans la politique de Macron.
Il est vrai que sur ce point particulier, Édouard Phillipe a un avantage sur Gabriel Attal. Il avait quitté son poste de Premier ministre plus tôt alors que Gabriel Attal était il y a encore quelques mois locataire de Matignon. Et d’ailleurs une question se pose pour ces deux personnalités: ont-elles réellement besoin d’être adoubées par Emmanuel Macron pour espérer s’imposer dans cette course à la présidentielle? Les mauvaises langues pourraient dire que pour tuer l’espoir de l’un deux, le soutien de Macron pourrait ressembler à un baiser de la mort. Mais Emmanuel Macron ne pourra pas rester inactif lorsque approche la date fatidique de la présidentielle. Il ne peut rester neutre dans cette bataille où deux dangereux extrêmes tentent de s’emparer du pouvoir en France. Une inaction de sa part pourrait être perçue comme une validation de ce scénario-catastrophe. Et c’est pour cette raison qu’à un moment donné de cette campagne électorale, Emmanuel Macron doit choisir son candidat pour espérer en faire son successeur.
La photo politique du moment ne laisse pas entrevoir le choix ni d’Edouard Philippe ni de Gabriel Attal. Sans doute Phillipe pourrait renverser cette équation s’il arrive à convaincre des hommes comme Gabriel Attal et Bruno Retailleau de se rallier à sa candidature.
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About this article
- Length
- 724 words · 4 min read
- Published
- October 2, 2026
- Byline
- Mustapha Tossa
- Source
- Aujourd'hui