Sérail : Jeune Afrique revèle pourquoi Oswald Baboke fait partie des favoris au poste de vice-président

Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais, réuni en Congrès, adoptait la révision constitutionnelle réintroduisant la fonction de vice-président de la République. Dix jours plus tard, le 14 avril, Paul Biya promulguait le texte. Cette réforme modifie profondément le mécanisme de succession au sommet de l’État : désormais, en cas de vacance de la présidence, le vice-président est appelé à achever le mandat du chef de l’État.
Mais six mois et onze jours après cette promulgation, le poste demeure vacant. Le chef de l’État, âgé de 93 ans, conserve le pouvoir de nommer et de révoquer son vice-président. La formation d’un nouveau gouvernement, également attendue depuis sa réélection en octobre 2025, n’a toujours pas été annoncée.
Cette attente suscite des interrogations sur la continuité de l’État. Parmi les responsables politiques qui ont pris position figure Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Le député a défendu l’utilité d’une vice-présidence, notamment au regard de l’âge du président de la République et de la nécessité d’assurer la stabilité des institutions.
C’est dans ce contexte qu’Oswald Baboke apparaît parmi les prétendants à la fonction. Selon Jeune Afrique, le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence figure dans le cercle des personnalités susceptibles d’accéder à la vice-présidence. Le magazine panafricain consacre une enquête aux soutiens politiques, familiaux et religieux sur lesquels il s’appuierait.
Entré à la présidence en 2000, Oswald Baboke en est devenu le directeur adjoint du cabinet civil en 2018, avec rang de ministre. Il dirige également le cabinet de la première dame, Chantal Biya. Originaire de Dimako, dans la région de l’Est, ce pasteur évangélique a progressivement constitué un réseau qui dépasse les frontières de l’administration présidentielle.
Sa proximité avec Chantal Biya occupe une place importante dans les analyses des rapports de force à Étoudi. Selon des informations précédemment rapportées par Jeune Afrique, la première dame aurait envisagé de soutenir sa candidature à la vice-présidence. Une perspective qui aurait contribué à exacerber ses rivalités avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, lui-même cité parmi les personnalités intéressées par cette fonction.
L’affaire du trafic d’or présumé
Une affaire fragilise l’image de l’homme d’Etat : celle d’un trafic d’or présumé entre le Cameroun et Dubaï. Les investigations portent notamment sur les écarts considérables relevés entre les exportations officiellement déclarées par le Cameroun et les quantités d’or camerounais signalées sur le marché émirati. Pour l’année 2023, des informations publiées dans la presse évoquent 22 kilogrammes officiellement déclarés à l’exportation, contre près de quinze tonnes enregistrées à Dubaï.
Oswald Baboke aurait été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial concernant ce dossier. Ces deux affaires ont renforcé les soupçons de règlements de comptes entre réseaux concurrents au sommet du pouvoir. D’un côté, les soutiens présumés d’Oswald Baboke ; de l’autre, ceux de Ferdinand Ngoh Ngoh. D’autres noms, notamment celui de Franck Biya, fils aîné du président, circulent également dans les discussions sur la succession. Les alliances prêtées à ces différents camps restent toutefois difficiles à établir avec certitude.
La création de la vice-présidence a ainsi donné une nouvelle dimension aux rivalités du sérail. Il ne s’agit plus seulement d’obtenir un portefeuille ministériel ou de renforcer son influence auprès de Paul Biya. Le futur titulaire de cette fonction pourrait être amené à exercer la magistrature suprême jusqu’au terme du mandat présidentiel en cas de vacance du pouvoir. Les Camerounais attendent toujours l’identité de ce dauphin constitutionnel, tout comme ils attendent un nouveau gouvernement.
Follow the story
About this article
- Length
- 579 words · 3 min read
- Published
- October 25, 2026
- Byline
- LMZ
- Source
- Le Bled Parle