COUD : l’Intersyndicale présente ses revendications et menace d’aller en grève …
L’Intersyndicale du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a fait face à la presse ce vendredi 16 octobre 2026 pour alerter sur l’insuffisance du budget de la structure. Elle réclame une augmentation des ressources financières, des investissements dans les infrastructures universitaires et une meilleure prise en charge du personnel. Les syndicalistes préviennent qu’ils pourraient […]

L’Intersyndicale du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a fait face à la presse ce vendredi 16 octobre 2026 pour alerter sur l’insuffisance du budget de la structure. Elle réclame une augmentation des ressources financières, des investissements dans les infrastructures universitaires et une meilleure prise en charge du personnel. Les syndicalistes préviennent qu’ils pourraient aller en grève si leurs revendications ne sont pas prises en compte.
Selon l’Intersyndicale, le COUD prend aujourd’hui en charge près de 92 000 étudiants avec un budget d’environ 23 milliards de FCFA. Elle affirme que la structure a perdu, depuis 2024, une enveloppe de 10 milliards de FCFA qui venait compléter son budget à chaque rentrée universitaire. Cette situation, déplore-t-elle, fragilise considérablement le fonctionnement de l’institution.
La sortie des syndicalistes intervient dans un contexte marqué par les menaces des repreneurs des restaurants universitaires, qui pourraient suspendre la préparation des repas en raison d’arriérés de paiement. Alors que les campus ont officiellement rouvert et que les étudiants commencent à arriver, l’Intersyndicale met en garde contre les conséquences d’une éventuelle interruption de la restauration. « Sans repas, il n’y aura pas de paix sociale dans l’espace universitaire », avertit-elle.
Pour illustrer l’ampleur des besoins, l’Intersyndicale rappelle qu’en 2025, le COUD a servi 14 319 815 repas et que ses services médicaux accueillent en moyenne 7 302 patients par mois. Elle indique également qu’environ 50 000 étudiants sont pris en charge, dont 35 000 logés au grand campus et 15 000 dans les sites extérieurs.
Rapporté à ces effectifs, le budget de 23 milliards de FCFA représente environ 460 000 FCFA par étudiant et par an, soit près de 1 260 FCFA par jour pour couvrir l’ensemble des services sociaux. Une enveloppe qui doit financer la restauration, l’hébergement, le transport universitaire, les soins de santé, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures, ainsi que les dépenses d’eau, d’électricité, d’hygiène, de sécurité et de nettoyage.
L’Intersyndicale souligne que les infrastructures n’ont pas évolué au même rythme que les effectifs étudiants. Les longues files d’attente dans les restaurants, la promiscuité dans les résidences universitaires, la dégradation des équipements et les tensions récurrentes témoignent, selon elle, d’un sous-financement chronique.
Les syndicalistes attirent également l’attention sur la situation des personnels administratifs, techniques et de service (PATS), qui assurent le fonctionnement quotidien des restaurants, des résidences, des services sociaux, sanitaires et administratifs. L’insuffisance des moyens affecte, selon eux, leurs conditions de travail, leur motivation, leur formation et leur situation sociale.
Face à cette situation, l’Intersyndicale formule six principales revendications : une augmentation substantielle du budget en fonction de l’évolution des effectifs étudiants entre 2000 et 2026 ; la prise en compte des besoins des PATS, notamment en matière de conditions de travail, de recrutement, de formation et de motivation ; un programme d’investissement pour construire, réhabiliter et équiper les infrastructures d’hébergement et de restauration ; un ajustement automatique du budget à chaque rentrée universitaire selon les effectifs ; l’instauration d’un dialogue social régulier et sincère, avec l’implication des syndicats dans l’élaboration et le suivi du budget ; ainsi que le paiement effectif de l’indemnité de logement.
L’Intersyndicale affirme que les PATS sont « à bout de patience » et se disent prêts à paralyser les services. Elle estime qu’une telle mobilisation pourrait affecter la gestion administrative, l’entretien du cadre de vie, la sécurité et l’accompagnement quotidien des étudiants.
Les syndicalistes interpellent ainsi le président du Conseil d’administration du COUD, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Premier ministre et le président de la République. Ils les appellent à prendre des mesures pour renforcer le budget du COUD dans la prochaine loi de finances.
« Investir dans le social universitaire, c’est investir dans la stabilité du système, dans la réussite des étudiants et dans l’avenir du Sénégal », soutient l’Intersyndicale. Elle se dit ouverte au dialogue, tout en prévenant qu’elle ne se contentera pas de promesses et se réserve le droit de prendre toutes les mesures appropriées si ses revendications restent sans réponse.
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About this article
- Length
- 664 words · 3 min read
- Published
- October 16, 2026
- Byline
- Antoine Sarr
- Source
- Senego