Sahara Marocain: le rapport de Guterres met en avant une nouvelle dynamique des négociations autour de l’autonomie
Le rapport du Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres, consacré à la question du Sahara, fait état d’une nouvelle dynamique dans le processus politique, à la faveur notamment de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Le document souligne la reprise de discussions directes entre les parties, avec la participation de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que l’examen de plusieurs mécanismes susceptibles d’accompagner une éventuelle phase de transition.
Selon le rapport transmis aux membres du Conseil de sécurité le 1er octobre 2026, trois cycles de discussions directes ont été organisés au cours du premier trimestre de l’année, une première depuis près de sept ans. Ces rencontres ont été facilitées conjointement par l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara, Staffan de Mistura, et les États-Unis.
Le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie ont été représentés par leurs ministres des Affaires étrangères, tandis que le Polisario a participé à travers son responsable chargé des relations extérieures. Le rapport précise que l’initiative marocaine d’autonomie a constitué la base des discussions, dans le cadre d’une recherche d’une solution politique négociée.
Dans ce contexte, le Maroc a présenté un projet détaillé de « statut d’autonomie », destiné à approfondir l’initiative proposée en 2007. Ce document, communiqué aux participants en janvier 2026, constitue selon le rapport une base de négociation et non un accord définitif.
Les discussions ont également porté sur les propositions avancées par le Polisario, notamment un document consacré aux garanties envisagées après un éventuel référendum. Les différentes positions ont ainsi été mises sur la table dans le cadre du processus politique relancé.
La première rencontre s’est tenue à Washington les 18 et 19 janvier 2026. Le Maroc y a présenté une version développée de son initiative d’autonomie et réaffirmé sa disponibilité à négocier avec le Polisario afin de parvenir à une solution acceptable pour les deux parties et susceptible d’être mise en œuvre conjointement.
La deuxième réunion, organisée à Madrid les 8 et 9 février, a permis d’aborder plusieurs questions liées à une éventuelle période de transition. Parmi les pistes examinées figure la création d’un « conseil de transition », qui pourrait jouer un rôle dans la gestion de cette phase et servir de cadre aux discussions sur les modalités d’une solution politique durable.
Le rapport précise toutefois que cette instance demeure au stade des discussions et qu’aucun accord définitif n’a été conclu sur sa création.
Les négociations de Madrid ont également porté sur les garanties internationales, le rôle des acteurs extérieurs, le partage des ressources, ainsi que sur des questions liées à l’amnistie, à la réconciliation, au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, sans oublier les arrangements sécuritaires et les mécanismes électoraux.
La Mauritanie a, pour sa part, insisté sur la nécessité de mettre en place une commission chargée d’examiner, dans un cadre consensuel, la question de la délimitation définitive des frontières internationales du territoire concerné.
À la demande des participants, des équipes de l’ONU et des États-Unis ont ensuite travaillé sur un premier projet d’accord-cadre relatif à une éventuelle phase de transition. Une troisième série de discussions s’est tenue à Washington les 23 et 24 février, avec un échange approfondi autour de la question du « conseil de transition ».
Le rapport relève également que les questions de l’autodétermination et de la souveraineté demeurent parmi les points les plus sensibles des négociations. Staffan de Mistura a notamment insisté sur la nécessité que toute proposition d’autonomie réponde aux standards internationaux les plus élevés et soit accompagnée de garanties internationales solides.
Après ces trois cycles, l’Envoyé personnel du Secrétaire général a poursuivi ses consultations avec les différentes parties, lesquelles ont réaffirmé leur engagement en faveur du processus politique. Le manque de confiance, particulièrement entre le Maroc et le Polisario, reste toutefois identifié comme l’un des principaux obstacles à la conclusion d’un accord.
Staffan de Mistura a par ailleurs élaboré une version révisée d’un projet d’accord-cadre pouvant servir de base à la négociation d’un modèle détaillé d’autonomie.
Dans ses recommandations, António Guterres appelle les parties à poursuivre des négociations coordonnées et de bonne foi afin d’examiner les possibilités de parvenir à une autonomie réelle, tout en prévoyant une consultation substantielle permettant aux populations sahraouies d’exprimer librement leur choix.
Malgré la persistance d’affrontements de faible intensité et leurs répercussions sur le climat de confiance, le Secrétaire général estime que les perspectives de progrès restent réelles. Il appelle ainsi à saisir la nouvelle dynamique créée par la reprise des négociations et à œuvrer en faveur du rétablissement du cessez-le-feu.
Guterres recommande enfin la prorogation du mandat de la MINURSO pour une année supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2027, en tenant compte de l’évolution du processus politique
La rédaction/Le7tv
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- October 4, 2026
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