Maroc : le dirham dégringole, le déficit commercial atteint 25 milliards €

Déjà en butte à une situation économique et sociale délicate, les choses ne risquent pas de s’arranger de sitôt pour le Maroc qui enregistre une forte dépréciation de sa monnaie par rapport aux principales devises étrangères.
La baisse de la valeur du dirham, conjuguée à la hausse des prix sur les marchés mondiaux, est susceptible d’alourdir la facture des importations et d’aggraver l’inflation.
**Maroc : le dirham dégringole face à l’euro et au dollar **
En un peu plus de deux mois, le dirham a perdu 3,9% de sa valeur. Il est passé de 10,76 dirhams pour un euro le 29 juillet dernier à 11,18 dirhams pour un euro le 6 octobre. C’est le plus haut niveau atteint par la monnaie unique européenne face au dirham marocain depuis mai 2018.
Pendant la même période, la monnaie marocaine s’est encore davantage dépréciée par rapport au dollar, perdant 6,5% (9,38 à 9,99 dirhams pour un dollar entre fin juillet et début octobre). Il faut remonter à février 2025 pour retrouver un tel niveau bas du dirham marocain face au billet vert américain.
La monnaie marocaine subit ainsi les contrecoups d’une situation mondiale tendue qui a fait flamber les prix de l’énergie et de nombreux produits et porté le dollar vers le haut, mais aussi de son propre système de change.
Comme l’explique le journal marocain Médias 24, le dirham “évolue dans une bande de fluctuation de +5% autour d’un cours central fixé sur la base d’un panier composé à 60% de l’euro et à 40% du dollar”.
Comme le dollar pèse 40% dans le panier de référence du dirham, son appréciation se répercute automatiquement sur le cours de la monnaie marocaine par rapport au billet vert américain.
**Maroc : la facture des importations en forte hausse **
La baisse du dirham face à l’euro s’explique, elle, par la forte hausse des importations qui accroît la demande de monnaie européenne pour régler les achats faits en euro.
Si la baisse du dirham peut bénéficier à des secteurs comme le tourisme et certains secteurs exportateurs, elle demeure globalement négative pour une économie qui importe plus qu’elle n’exporte, comme l’explique au même média l’économiste marocain Omar Bakkou.
Maroc : déficit commercial abyssal
La facture des importations du royaume explose déjà. Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), l’indice des valeurs unitaires à l’importation a augmenté de 10% au deuxième trimestre 2026, avec une très forte hausse (+53,1%) des prix des produits énergétiques importés.
Selon l’Office des changes, le déficit commercial du Maroc s’est creusé de 25,4% à fin août 2026 pour atteindre 282,61 milliards de dirhams (25 milliards d’euros), contre 225,28 milliards un an auparavant. Les importations ont bondi de 15,8%, à 617,5 milliards de dirhams, tandis que les exportations n’ont augmenté que de 8,7%, à 334,89 milliards.
Le tissu industriel et les consommateurs marocains se retrouvent ainsi doublement impactés par la conjugaison des effets de la hausse des prix à l’importation et de la baisse de la valeur de la monnaie locale. C’est le cocktail de l’inflation galopante.
Le Maroc était l’un des pays les plus touchés par l’inflation mondiale qui avait suivi la crise sanitaire et le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022.
Alors que le royaume multiplie les dépenses dans la politique de prestige, comme la construction de stades de football pour le Mondial 2030, sa population est écrasée par une crise sociale persistante, illustrée par les tentatives répétées de fuite collective de la jeunesse vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.
L’article Maroc : le dirham dégringole, le déficit commercial atteint 25 milliards € est apparu en premier sur TSA.
Follow the story
About this article
- Length
- 600 words · 3 min read
- Published
- October 7, 2026
- Byline
- Ali Idir
- Source
- TSA